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Bande de Filles – Sortie le 22 octobre

Alors qu’il sort demain dans les salles de cinéma, France Net Infos livre ses premières impressions sur le troisième long-métrage de Céline Sciamma, Bande de Filles. Intense, rythmé et poignant, ce film-apothéose vient clore une trilogie sur la jeunesse, dont Naissance des Pieuvres et Tomboy furent les deux premiers volets.

Synopsis : Marieme vit ses 16 ans comme une succession d’interdits. La censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Sa rencontre avec trois filles affranchies change tout. Elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. Marieme devient Vic et entre dans la bande, pour vivre sa jeunesse.

« Faut que tu fasses ce que tu veux ». Tout part de là, de cette simple formule de Lady adressée à Marieme, jusqu’alors bien sage, discrète et soumise à l’autorité du grand frère. Alors qu’elle n’est qu’une adolescente de 16 ans, Marieme s’occupe du foyer et assume déjà le rôle d’une mère de famille. Elle rate ses études et sa jeunesse lui file entre les doigts, pendant que son grand frère joue les caïds dans la cité. Tout bascule ce fameux jour où elle rencontre Lady, Adiatou et Fily, trois jeunes filles libres, rebelles et insouciantes qui la prennent sous leur aile. Peu à peu, Marieme s’abandonne et devient Vic, « Vic comme Victoire », laissant derrière elle la petite fille bien comme il faut, pour devenir la jeune fille libre, qui rit, qui chante, qui danse et qui s’amuse.

Récit initiatique, parcours de vie d’une femme « en construction », Bande de Filles s’attache au destin de cette fille de la cité qui cherche à échapper à sa condition et à vivre sa féminité loin du schéma patriarcal qui sévit dans son milieu. Malgré le sujet et le contexte du film, on est pourtant loin des films de banlieue, tout en action et en violence. On a affaire à un film qui prend le temps de vivre, dans lequel la lenteur trouve sa place et qui distille l’émotion avec intelligence. La caméra s’attarde sur les détails – tels que les corps en action et l’expressivité des visages – et les nombreux travellings servent la tension dramatique. Une tension palpable et prégnante, qui est soulignée par une magnifique bande son signée Para One, dont les notes électro signalent définitivement que la banlieue ne tient lieu que de décor. On notera d’ailleurs que la musique occupe une place primordiale dans ce film – avant tout par le biais d’un thème qui revient sans cesse – puisqu’elle trouve sa place au sein même du récit, notamment lors d’une séquence clé qui traduit parfaitement l’état d’esprit de cette bande de filles : celle où les jeunes filles chantent Diamonds de Rihanna. Impossible n’est pas Céline Sciamma, qui a réussi à obtenir l’accord de la chanteuse pour diffuser son titre dans son intégralité.

© Pyramide Distribution
© Pyramide Distribution

Si l’on pourrait voir dans ce long-métrage une œuvre engagée, destinée à défendre la cause des femmes – plusieurs scènes dévoilent l’homme sous un mauvais jour – il semble que ce n’est pourtant pas le parti pris de la réalisatrice, qui s’attache davantage à montrer un parcours intérieur et à offrir une vision d’une jeunesse parmi d’autres : celle de ces jeunes filles qu’elle a si souvent croisées dans le métro parisien. Le projet du film découle de la fascination de Céline Sciamma envers ces filles-là, leurs attitudes et leur style de vie, une fascination qui l’a poussée à orienter sa caméra vers elles, dans une démarche sincère et originale. En effet, s’écartant des sentiers battus, Bande de Filles joue de ses propres codes en proposant quelque chose de différent. Pour ne donner qu’un exemple, le film est exclusivement interprété par des acteurs noirs et se soucie bien peu de la question de la diversité. Même les étapes de l’apprentissage de l’héroïne ne collent pas aux stéréotypes ; l’étape cruciale de la découverte de l’amour n’est pas surexploitée mais présentée tout en sobriété. Chaque évolution est soulignée par des procédés de mise en scène, tels que le changement de style vestimentaire de Marieme/Vic, d’abord enfant, puis femme qui assume sa féminité, et enfin virile et rejetant son statut de femme. Quant au choix des actrices, il résulte d’un casting sauvage de quatre mois, au cours desquels plus de trois cent filles ont été auditionnées et sélectionnées après des exercices d’improvisation.

Finalement, on pourrait n’avoir rien à reprocher à cette jolie surprise cinématographique, que l’on ne saurait trop vous conseiller. Pourtant, on se permettra d’émettre quelques réserves concernant la dernière partie de ce film construit par épisodes, qui semble presque facultative. On aurait préféré qu’il s’achève en même temps que la bande de filles éclate. La suite, on aurait voulu l’imaginer, que l’histoire reste en suspens…cela dit, ceux qui aiment que tout soit montré et explicité apprécieront la démarche.

En ce qui concerne la réalisatrice, elle avoue avoir définitivement achevé sa trilogie du récit initiatique et vouloir passer à quelque chose de plus classique, avec de vrais acteurs professionnels etc. Dommage pour les amateurs du genre !

Sortie le 22 octobre 2014.

Réalisé par Céline Sciamma.

Avec Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh, Marietou Touré, Idrissa Diabate, Simina Soumare, Cyril Mendy et Djibril Gueye.

Durée : 1h52mn.

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