Entrez dans le monde de Céphéide, chez Glénat

Retour sur la BD “Céphéide” de Clotilde Bruneau et Mélissa Morin aux éditions Glénat. Parue en 2019, Céphéide oscille entre récit initiatique et histoire fantastique, et fut pour moi la réconciliation avec les bandes dessinées !

Céphéide Glénat_Clotilde_Bruneau_Mélissa-Morin

Résumé

Cléo se réveille, amnésique, dans un monde désolé qu’elle ne connait pas. Quel est cet endroit et comment est-elle arrivée ici ? Elle n’en a aucune idée. Alors qu’elle explore les lieux, elle tombe sur une route, une infinie ligne droite sur laquelle transhume une caravane de jeunes gens de son âge. Comme elle, ils ne se souviennent de rien. Ils savent juste que ce monde porte le nom de Céphéide, et qu’il est peuplé de « monstres » qui sortent la nuit pour capturer certains d’entre eux… Alors que Cléo s’adapte peu à peu à ce nouvel environnement, elle est désignée assistante de Moonsun, la chasseuse du groupe, aussi peu commode que redoutable. Leur but : protéger la communauté des monstres pour l’aider à éventuellement trouver la sortie, quelque part au bout du chemin.

Mon avis

Cela faisait bien une éternité que je ne m’étais pas plongée dans une bande dessinée, préférant généralement un bon roman. Plus long, plus développé, appelant à sa propre imagination, j’avais totalement délaissé les romans graphiques. Quelle belle erreur ! Mon avis était mitigé à la sortie de ma lecture, mais avec du recul, je pense que j’ai beaucoup aimé. D’abord, j’ai tout simplement apprécié la thématique. On peut la retrouver dans certaines dystopies : arriver dans un endroit inconnu, sans souvenirs, un monde détruit, peut-être une nouvelle planète ? L’histoire m’a rapidement intriguée.

L’histoire de Céphéide, c’est surtout l’histoire de Cléo, jeune fille qui débarque, complètement amnésique, dans un endroit inconnu. Elle rencontre très vite un groupe de jeunes semblant considérer son arrivée comme une habitude. Ce groupe est dirigé par Brindille, une jeune fille semblant être la seule à détenir le secret pour sortir d’ici. Seule et désorientée, elle va devoir se faire sa place au sein du groupe malgré de grands mystères. Comment est-elle arrivée là ? Combien de temps va-t-elle rester ? Pourquoi n’a-t-elle plus aucun souvenir ? Et surtout, comment sortir d’ici ? La route à suivre semble bien trop droite et interminable pour mener quelque part…

Chacun a un rôle dans cette communauté et Cléo se voit assignée à Moonsun, la chasseuse de monstres. Peu aimable et pas franchement bavarde, Cléo aurait préféré se retrouver avec quelqu’un d’autre, jusqu’à se rendre compte qu’elle est peut-être la seule à pouvoir l’aider. Se tisse alors un lien étrange entre les deux, qu’il est à nous de définir.

Une histoire à construire

Les cases remplies de couleurs contrastées contiennent finalement assez peu de texte ou de dialogues. Les images nous invitent dans un nouveau monde étrange et c’est à nous de le construire avec Cléo. Cette jeune fille est assez attachante et on découvre en même temps qu’elle sa mission, si tant est qu’elle en a une. On apprend aussi à connaître Moonsun, jeune fille aux abords renfermée qui semble pourtant très loyale. Je l’ai personnellement rapidement adorée et le duo qui s’est formé m’a beaucoup plu ! Ensemble, elles essaient de comprendre les dessous de la communauté et tentent d’en déjouer les travers. Elles apprennent aussi à cohabiter, à communiquer et à s’ouvrir l’une à l’autre.

Au travers de héros féminins aux caractères forts et malins, on aborde les notions de relations sociales, de construction de l’amitié, voire plus si affinité. Car c’est aussi ça tout l’art de cette histoire : de nombreux éléments restent à notre propre appréciation. Céphéide se trouve-t-elle sur Terre ou sur une autre planète ? Les monstres sont-ils réellement des monstres ? Et le lien entre Cléo et Moonsun est-il seulement un lien d’amitié ? Pour moi non, c’est clairement plus que ça, mais pour d’autres peut-être pas. Les dessins et le scénario laissent cours à la libre interprétation de ce récit fantastique, sans jamais rien imposer.

La fin m’a laissé quand même un petit goût de regret. Je ne sais pas si une suite est prévue, mais si ce n’est pas le cas, je pense que je suis passée à côté des significations possibles. C’était comme si un livre se terminait sur une phrase incomplète. J’espère donc voir un nouveau tome sortir bientôt pour assouvir ma soif de compréhension !

A propos Victoria MARION

Rédactrice littérature, gastronomie, mode, high tech, jeux de société et tourisme/voyage.

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