Hommage à Yves Montand à la Cinémathèque de Nice : rencontre avec Carole Amiel

La cinémathèque de Nice vient de rendre hommage à Yves Montand, qui aurait fêté ses cent ans le 13 octobre dernier. A cette occasion, trois films ont été projetés, présentés par le journaliste et auteur Henry-Jean Servat : Le Hasard et la violence de Philippe Labro, tourné à Nice, La solitude du chanteur de fond de Chris Marker et Le Diable par la queue de Philippe de Broca. Carole Amiel, la compagne d’Yves Montand, était présente à la cinémathèque pour assister à cet hommage. Nous avons eu la chance de la rencontrer, peu avant la projection du documentaire de Chris Marker. Elle nous a parlé de Montand et de ses films mais aussi de ses attaches à Nice et à la région.

Saint-Paul de Vence, chère au cœur de Carole Amiel et d’Yves Montand

Carole Amiel n’a pas caché son plaisir d’être à la cinémathèque de Nice, d’autant plus que Montand était très attaché à notre région. « Mes parents ont habité pendant plusieurs années, à Nice, sur le boulevard Victor Hugo, et puis, on a toujours la maison à Saint-Paul, que Montand avait fait construire dans les années 80. Avant, il était toujours à la Colombre d’Or, c’était sa deuxième famille. Valentin a passé tous ses étés et ses vacances scolaires à Saint-Paul. On y était entre quatre à cinq mois par an. J’y retourne toujours mais un peu moins depuis qu’il a créé une école de jeu vidéo 3D à Montpellier. Je vais donc plus à Montpellier qu’à Saint-Paul. Je vais voir mon fils, sa compagne et ma petite-fille, Margaux. Le jeu vidéo, c’est un peu le cousin germain du cinéma. Son père serait fier de lui car c’est une jolie école et il prend vraiment soin de ses étudiants ! ».

Yves Montand, La force du destin, éditions de la Martinière

Carole Amiel vient de publier Yves Montand, la force du destin, aux éditions de La Martinière. Après Nice, elle s’est ainsi rendue à la Fête du livre de Roquebrune-Cap-Martin, à la rencontre des lecteurs. Là, comme dans tous les salons du livre où elle est invitée, elle est toujours accueillie avec beaucoup de bienveillance. « Les gens me disent « Merci » car ils se souviennent du parcours de Montand. Il était très pauvre. Il a mis un certain temps à réussir même si, déjà, très jeune, il avait une certaine renommée en tant que chanteur, à Marseille. Puis il est monté à Paris, et dès qu’il a été en haut de l’affiche, il ne l’a plus quittée pendant cinquante ans. C’est le parcours extraordinaire d’un immigré devenu français puisque sa famille a été naturalisée quand il avait huit ans. Il a travaillé toute sa vie et il a adoré son métier. Il a réussi aussi bien en tant que chanteur qu’en tant qu’acteur. A partir de la fin des années 60, il s’est consacré uniquement au cinéma et il a fait alors les plus grands films de sa carrière. »

Montand, chanteur et acteur

Il y a plusieurs années, la cinémathèque de Nice avait invité Claude Sautet à l’occasion d’une rétrospective et d’une leçon de cinéma. Il a tourné trois films avec Montand : Garçon !, Vincent, François, Paul…et les autres, et bien sûr, César et Rosalie. « Claude Sautet a réussi à révéler un autre Montand, que l’on ne connaissait pas. Lorsqu’on me demande quel est le film de Montand que je préfère, je réponds César et Rosalie : c’est le personnage qui le colle le plus à la peau et il était comme cela dans la vie. »

D’autres réalisateurs ont beaucoup compté dans la carrière d’Yves Montand : Alain Corneau, Costa-Gavras mais aussi Jean-Paul Rappeneau. « A Paris, l’hiver, quand il fait bien froid et qu’il pleut, on aime bien regarder Le Sauvage ! ».

Carole Amiel et la cinémathèque de Nice avaient à cœur de rendre hommage à la fois au chanteur et à l’acteur. A été ainsi projeté le documentaire de Chris Marker qui montre la préparation du récital qu’il avait donné pour les réfugiés chiliens en 1974. « Il n’avait que dix jours pour se préparer et quand on est connaît Yves Montand et son perfectionnisme, c’était une gageure incroyable! Je pense que tous les jeunes qui souhaitent être acteurs ou chanteurs dans leur vie, devraient voir ce film. Pour donner l’illusion que tout est facile sur scène, quelle préparation ! »

Un artiste engagé et généreux

Le film de Chris Marker montre à quel point Montand était un artiste engagé. « Sa rencontre avec Costa-Gavras et avec Jorge Semprun a été formidable. Dans Z, on ne le voit que dix minutes mais on ne pense qu’à lui. L’aveu est une sorte d’exorcisme personnel contre toutes les croyances qu’il avait pu avoir dans le communisme. » Montand était généreux et aidait beaucoup de gens et d’associations, sans le faire savoir. «  Quand on a connu la pauvreté, qu’on a réussi et qu’on a beaucoup d’argent, la moindre des choses, c’est d’aider ceux qui ont besoin de réussir, dans quelque domaine que ce soit. C’était ce que pensait Montand ! »

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