Quand j’ai ouvert If You Could See the Sun, je m’attendais à un énième roman young adult. Deux ados en rivalité, un campus d’élite, rien de nouveau à l’horizon. Et pourtant — quelle surprise ! Ann Liang tisse un récit audacieux, sincère et étonnamment mature, centré sur Alice et Henry. Découvrez ces deux camarades d’un lycée de Beijing, dont l’une découvre qu’elle peut littéralement devenir invisible.
Résumé
Et vous, que feriez-vous si vous aviez le don d’invisibilité ?
Élève boursière dans une prestigieuse école, Alice, 17 ans, se sent exclue parmi des camarades trop riches, trop beaux, trop parfaits. Jusqu’au jour où elle se découvre un don surprenant : Alice est capable de devenir invisible. Avec l’aide de son rival académique Henry, elle décide de monétiser cette fabuleuse capacité pour finir de payer ses frais de scolarité, que sa bourse ne couvre qu’à moitié. Ensemble, ils créent l’application » Beijing Ghost », et proposent des services de plus en plus douteux moralement, et d’autant plus risqués qu’Alice n’a en fait aucun contrôle sur son étrange pouvoir. Alors qu’elle songe à arrêter, les tarifs de l’école augmentent et, malgré les réticences d’Henry dont elle est devenue plus proche, Alice doit se résoudre à faire un dernier coup, franchement illégal et plus dangereux que tout ce qu’elle a pu faire auparavant.
Combien de temps peut-on jouer avec les limites de la loi sans se compromettre pour de bon ?
Romance sur fond d’enjeux sociaux à Beijing
If you could see the sun est un des premiers romans d’Ann Liang. Pourtant, il n’a été traduit que cette année chez PKJ. Il aborde l’histoire d’Alice, une des rares boursières de Airington, prestigieux lycée de Beijing. Elle y côtoie des enfants de mannequins, PDG et élites richissimes. Autant dire un univers de pression académique et sociale, renforcé par des écarts de classe cinglants.
L’invisibilité surgit pour elle non seulement comme un pouvoir surnaturel, mais aussi comme un révélateur du statut que lui impose l’institution. Elle décide alors de créer, avec Henry, l’application “Beijing Ghost” : elle profite de son invisibilité pour rendre service à ses camarades en les espionnant et monnayant leurs secrets.
Un des points forts du roman réside dans l’ambiguïté morale qu’incarne l’invisibilité : d’abord un atout, puis un piège. L’évolution d’Alice — de l’innocence à la manipulation — soulève des questions pertinentes : jusqu’où sacrifier l’éthique pour financer une éducation ? Ann Liang maîtrise à la perfection la réflexion sur le bien, le gain et les compromis.
Alice et Henry : complicité et nuances
Ann Liang reprend le trope “rivals to lovers” et le rend subtilement graduel et brillamment exécuté. Bien tempéré, il garde sincérité et pudeur : Henry et Alice sont touchants, réalistes et justes dans leurs réactions. Leurs dialogues sont piquants et teintés de charge émotionnelle, rendant leurs échanges captivants.
If you could see the sun est raconté à la première personne, du point de vue d’Alice, rendant la narration immersive, sincère et spontanée. L’intensité émotionnelle est parfaitement dosée, et on a du mal à lâcher le roman tant qu’on ne l’a pas terminé.
Un Young Adult qui prend la réelle mesure de la jeunesse
Le Young Adult me déçoit souvent : les intrigues paraissent lisses, les émotions deviennent chaotiques et convenues, et les résolutions tombent trop souvent du chapeau. Pourtant, ici, Henry et Alice font certes des mauvais choix, comme tout·e ado, mais on ne tombe pas dans le cliché. Leurs actions ont des conséquences auxquelles les personnages font face, avec les émotions qui vont avec. Avec pudeur et sincérité, on traverse la honte d’Alice, sa révolte contre un système injuste, mais aussi la sensation de pouvoir que peut accompagner l’argent, et puis bien-sûr l’incompréhension face à ses sentiments. Henry incarne une personnalité mesurée, juste et touchante, ce qui le rend particulièrement attachant.
Au-delà des personnages, le roman possède une vraie profondeur, tant dans les thèmes (classes sociales, identité sino-américaine, pression scolaire) que dans la romance, jamais superficielle. Malgré mes craintes, j’ai été happée par If you could see the sun, incapable de lâcher ma lecture. Alice et Henry m’ont touchée, leur douceur contre les enjeux brutaux du lycée élitiste à Beijing était fascinante. Le mélange de fantastique discret et de critique sociale m’a vraiment plu.
Conclusion
Ann Liang instille dans If You Could See the Sun une fraîcheur essentielle, une maturité bienvenue et une sincérité qui font mouche dans le rayon du Young Adult. Entre fantastique discret, critique sociale, romance subtile et questionnement moral, ce roman s’érige en petit bijou contemporain. En résumé : inattendu, prenant, touchant — un vrai rayon de lumière.
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