La vallée des oubliées est un récit complet, de la collection Signé, des éditions Le Lombard, paru en novembre 2025. Une bande dessinée de Pierre Dubois, Alain Henriet et Patricia Tilkin, qui présente un western original, entre vengeance, traques, tueurs, féminisme, communauté, liberté…
Après un massacre perpétré avec son ancien gang, Clark, criminel repenti, choisit de raccrocher les armes et d’errer seul à travers plaines et montagnes. Cette fuite solitaire prend fin lorsqu’un village subit la violence de ses anciens compagnons. Refusant de laisser se reproduire une nouvelle boucherie, Clark se lance à leur poursuite. Rapidement repéré, il devient une cible à abattre. Touché lors d’un échange de tirs, il perd connaissance et est recueilli par une jeune femme au cœur d’une rivière. À son réveil, Clark découvre un lieu inattendu, une forteresse solidement défendue uniquement par des femmes, jeunes ou âgées. Ce refuge protège des femmes meurtries, des prostituées, des orphelines, toutes unies pour vivre à l’abri du monde. Havre de paix fragile, cet endroit attire bientôt la menace, lorsque le gang de Clark entend le retrouver et réduire ce sanctuaire en cendres.
Le récit s’inscrit dans la tradition du western, tout en cherchant à s’en affranchir par une idée centrale forte. Une communauté féminine autonome, retranchée du monde et façonnée par la violence subie, constitue le cœur de l’intrigue. La bande dessinée s’ouvre sur des thèmes de rédemption et d’émancipation. Le récit gagne en intensité avec l’apparition de cette vallée secrète. Ce refuge abrite veuves, femmes battues, anciennes prostituées et orphelines. Cette singularité forge une identité marquée et nourrit des tensions dramatiques efficaces. Les affrontements apparaissent bien rythmés. Les relations humaines se révèlent contrastées. Toutefois, l’écriture se montre parfois trop explicative et excessivement verbeuse. Certaines scènes perdent alors en impact. Les dialogues voient leur force diluée. Sur le plan graphique, le dessin adopte une ligne claire correcte. L’ensemble paraît cependant trop lisse, voire criard, pour un western aussi sombre. La lecture demeure intéressante, portée par une ambition thématique réelle.
La vallée des oubliées est un récit qui reprend les codes du western tout en s’en démarquant grâce à une communauté féminine autonome. Un album, des éditions Le Lombard, qui offre un récit ambitieux, dense et fort, avec des tensions dramatiques assez marquées.