Sois femme et tais-toi – Dans l’œil de Delphine Seyrig – Éditions Steinkis

Sois femme et tais-toi  – Dans l’œil de Delphine Seyrig, publié aux Éditions Steinkis, retrace la vie de Delphine Seyrig, comédienne de théâtre et actrice incontournable du cinéma français, mais surtout femme engagée.
Lassée d’évoluer dans une industrie cinématographique dominée par les hommes, souvent réduite à une image plus qu’à une personne, elle s’engage ouvertement pour la cause féministe. En 1971, sa signature apparaît au bas du manifeste des 343 « femmes », pour légaliser l’avortement : un geste fort qui ébranle sa famille aristocratique, et surtout sa mère !
Pourtant, en découvrant de vieilles lettres, Delphine apprend que sa propre mère, Hermine de Saussure, fut une aventurière des mers, rêvant de liberté aux côtés d’Ella Maillart.

Une révélation intime qui éclaire autrement son propre combat, et son rapport maternel, à retrouver depuis le 29 Janvier 26 . (+14)

Sois Femme et tais-toi © 2026, Éditions Steinkis

Le décor

Paris, automne 1968…

Lors de l’avant-première de Baisers volés de François Truffaut, Delphine Seyrig assiste à la projection. Sur l’écran, son personnage est décrit ainsi : « Ce n’est pas une femme… c’est une apparition. »
D’abord amusée de se voir à l’écran, cette phrase de trop, la laisse pensive sur la perception des femmes dans l’industrie cinématographique de l’époque . Derrière ce monologue, se cache une réduction. La femme reste une image lisse, une icône, un fantasme. Alors que Delphine veut être perçue telle qu’elle est : une femme pleine, complexe et pensante.
Au cocktail qui suit, les éloges pleuvent. Pourtant, Delphine ressent un malaise diffus. Entre ses parents, son fils Duncan et les conventions sociales, les relations semblent retenues, presque distantes. D’autant qu’elle se souvienne, sa mère, figure froide en apparence, a toujours refusé les élans affectifs.

À travers souvenirs, interviews d’époque et prises de position publiques, le récit entremêle carrière artistique, tensions familiales et engagement féministe. La signature du manifeste agit comme une fracture familiale. Le « scandale public » pour les uns et une affirmation nécessaire pour elle. Peu à peu, en remontant le fil du passé maternel, Delphine découvre que l’audace coule pourtant déjà dans ses veines, depuis l’enfance !!!

Sois Femme et tais-toi © 2026, Éditions Steinkis

Le point sur la BD

Lorsque l’on évoque Delphine Seyrig, beaucoup pensent à la fée de Peau d’Âne, silhouette élégante auréolée de rose et de lumière. Mais Sois femme et tais-toi, aux Éditions Steinkis, dépasse l’icône pour révéler la femme. ! Nina Almberg construit un récit documenté et sensible, nourri d’archives et prolongé par un carnet final riche en sources. La biographie ne se contente pas d’aligner les faits bêtement, elle explore la filiation, le manque d’expression des sentiments maternels. Mais aussi, les transmissions génétiques invisibles entre mère et fille !
Le dessin d’Arianna Melone adopte un trait doux, aux contours arrondis, presque feutrés. Les visages sont expressifs sans être caricaturaux ; les couleurs, souvent pastel, installent une atmosphère intime. Cette délicatesse graphique contraste subtilement avec la force des propos sur la condition des femmes.
On n’est pas dans une biographie académique figée, mais dans une exploration introspective. La mise en scène alterne entre reconstitution, et évolution de la carrière de cette égérie. On privilégie les souvenirs d’une mère presque absente, comme autant de lieux où se joue l’identité féminine. La douceur du trait rend d’autant plus percutantes les paroles engagées, et cette relation mère/fille qui prend tout son sens avec les épreuves ressenties !

Sois Femme et tais-toi © 2026, Éditions Steinkis

Conclusion

Avec Sois femme et tais-toi, les Éditions Steinkis proposent une biographie sensible et profondément actuelle.
Au-delà du portrait d’une actrice, c’est celui d’une femme qui refuse d’être une « apparition » pour devenir sujet de sa propre histoire. En réalisant Sois belle et tais-toi en 1981, Delphine Seyrig passe derrière la caméra pour redonner la parole aux femmes du cinéma.
Cette bande dessinée capte autant les silences que les mots. Elle révèle, derrière l’icône, une femme en quête de sens, de justice et de transmission. Elle rappelle que derrière chaque image idéalisée se cache une voix qui refuse de se taire, et qui se transmet au delà de la génétique, entre compréhension maternelle et révélation identitaire !!!

A propos stef emma

Rat de laboratoire, BDphile, bibliothrope !

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