Quelques battements d’ailes est un récit complet, de la collection Mirages des éditions Delcourt, paru fin mars 2025. Un roman graphique original, troublant, d’Anaële Hermans et Tiffanie Vande Ghinste. Il présente les insectes qui servent de métaphore au vécu intime d’une jeune femme qui va dévoiler ses relations toxiques, ses rêves et ses désillusions.
Lundi 27 mai, une jeune femme regarde des insectes dans des bocaux. Devant elle, il y a une planche, avec des épingles. Elle semble attendre, patienter. Ophélie pense qu’elle n’y arrivera jamais, que c’est trop dégoûtant. Elle sort de la pièce, pour aller voir une autre femme, elle lui explique qu’elle n’y arrivera pas… Ophélie lui explique que ça la dégoûte. Nida affirme qu’elle n’est pas la première à être mal à l’aise au début. Elle pense qu’elle s’y habituera vite. Du coup, Ophélie demande s’il y a autre chose à faire. Après réflexion, Nida va voir avec leur bénévole s’il est disponible et s’ils peuvent construire des cadres. Par contre, Nida explique que ce sera juste pour aujourd’hui. Rudy ne vient que dans l’après-midi, Nida propose donc à Ophélie de découper les plaques de frigolite, en attendant. Toute la matinée se passe ainsi, Ophélie découpe des cadres toute seule…
Le récit est curieux, porté par une atmosphère douce malgré la gravité du sujet. Une jeune fille de 19 ans, condamnée à des travaux d’intérêt général, rejoint un laboratoire d’entomologie. Le cadre surprend, les insectes intriguent, les souvenirs oppressent. Les mouches épinglées, les cadres patiemment assemblés, les conversations silencieuses façonnent une ambiance feutrée et étrange. Les insectes dévoilent des comportements fascinants, presque humains. La comparaison se glisse naturellement, soulignant la toxicité de certaines relations. Les rencontres au musée bousculent les certitudes, réveillent une réflexion profonde sur l’amitié, l’emprise et la liberté. Les illustrations, aux teintes pastel, renforcent cette sensation de légèreté, masquant habilement la tension sous-jacente. La métaphore prend racine, s’épanouit, éclaire les pensées, guide vers un apaisement. L’évolution s’esquisse lentement, sans violence, avec tendresse, dans cette bande dessinée qui amène à la réflexion.
Quelques battements d’ailes est un récit complet curieux, des éditions Delcourt. Un album qui offre un regard subtil sur la reconstruction intérieure et la nécessité de s’éloigner du superflu pour enfin respirer. Une histoire d’insectes également, intéressante et étrange.