Pour sa huitième édition, le festival Canneseries n’avait programmé qu’une seule série française en compétition. Mais quelle série ! « Malditos », réalisée par Jean-Charles Hue à qui l’on doit notamment le film Mange tes morts, est diffusée sur Max depuis le 2 mai. Nous avons pu voir les deux premiers épisodes à Cannes et nous avons été très agréablement surpris. « Malditos » a été notre coup de cœur de cette édition 2025 !
Tournée en décors réels, en Camargue et dans le Var, notamment à Gassin, cette série de sept épisodes, nous plonge au cœur d’une famille gitane dirigée par Sara (Céline Sallette), devenue cheffe du clan Torrès depuis la disparition de son mari et père de ses deux fils, Tony et Joe. Dès que les autorités lui annoncent que sa famille va être expulsée du terrain qu’elle occupe avec sa communauté à cause de la montée des eaux, elle n’a pas d’autre choix que de mettre tout en œuvre pour trouver une solution. Il est hors de question d’aller vivre en HLM, quitte à négocier avec Juan (Damien Bonnard), le chef des Amayas, des gitans andalous. Entre eux, les rapports sont conflictuels depuis longtemps et le mariage annoncé entre la fille Amaya, Léti (Darren Muselet) et le fils Torrès (Darren Muselet) semble bien compromis…
A Cannes, sur une terrasse du Majestic, nous avons rencontré les deux amoureux, tiraillés entre l’honneur et les valeurs familiales à respecter et leur amour qu’ils veulent vivre au grand jour. Raïka Hazanavicius et Darren Muselet nous ont parlé de leurs personnages, Léti et Tony.
France Net Infos : Raïka, vous interprétez le personnage de Léti. C’est une jeune fille quelque peu tiraillée entre son clan et son amour pour Tony…
Raïka Hazanavicius : Leti, c’est une jeune femme pour qui on a un peu toujours tout décidé. Et puis, elle finit par se retrouver un peu prisonnière de tous ces choix qu’on a faits pour elle. C’est son père qui a toujours décidé. C’est une communauté patriarcale. Mais finalement, Léti trouve quand même sa liberté là-dedans. Sa vie était déjà toute tracée. Elle devait se marier avec Tony, un homme qu’elle avait choisi. Puis, toutes les cartes vont être un peu rebattues. Elle va se retrouver victime d’aucune décision qu’elle peut prendre.
France Net Infos : Léti et Tony appartiennent à deux communautés différentes…
Darren Muselet : Oui, mais ils ont des cultures, des principes et des valeurs qui sont les mêmes. Ils ont le même état d’esprit, la même mentalité. Ce ne sont pas vraiment deux communautés opposées.
France Net Infos : Ils appartiennent à deux familles rivales, les Amaya et les Torrès. On pense forcément à Roméo et Juliette…
Raïka Hazanavicius : Leur histoire fait forcément écho à celle de Romeo et Juliette, parce qu’ils ne peuvent pas vivre leur amour comme ils le veulent. Mais en même temps, ils sont aussi poursuivis par des secrets qui les rendent, je trouve, un peu plus puissants en eux-mêmes que Romeo et Juliette. Ce ne sont pas des amoureux transis.
France Net Infos : Chez les Amaya, c’est le père (Damien Bonnard) qui dirige tandis que chez les Torrès, c’est la mère (Céline Sallette). C’est difficile pour Tony et Léti de se défaire de ce poids familial….
Raïka Hazanavicius : Chez les Amaya, on est dans une famille très traditionaliste, patriarcale. C’est le chef qui décide : les femmes ne doivent pas faire de bruit. Elles doivent savoir rester discrètes. Chez les Torrès, c’est la mère qui prend la place de chef de clan puisque le père n’est plus là. C’est une famille beaucoup plus libre. Ce sont de bons vivants qui font du bruit. Les femmes ont le pouvoir. Et d’ailleurs, mon personnage aime beaucoup la famille Torres. C’est quelque chose que je m’étais raconté. Léti est habillée plus comme les Torres que comme les Amaya, parce qu’elle a grandi avec eux. Le personnage de la mère de Tony et Joe, Céline Salette, est un peu son exemple. La position des femmes est un sujet qui est très abordé dans la série. Il est question de l’éveil des femmes et de leur place. Le personnage de Céline Sallette inspire beaucoup Léti.
France Net Infos : Darren, votre personnage a un frère bien différent de lui. Il parle peu, est mystérieux tandis que Tony est toujours très en colère et s’exprime beaucoup. Comment avez-vous construit cette relation avec Pablo Cobo ?
Darren Muselet : J’ai tourné mon tout premier film avec Pablo, Jeunesse sauvage de Frédéric Carpentier. On était les deux rôles principaux et on s’est retrouvés là six ans plus tard. Je lui ai envoyé un message sur Instagram. Je lui ai dit : « mec, Jean-Charles, vient de te valider ; il m’a dit que c’était toi ! ». Il ne le savait pas. On avait déjà créé un lien sur notre premier projet. Là, c’était donc facile. Le tournage s’est très bien passé, c’était cool !
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