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Adrian Bléni : Entre métissage culturel et musical

Rendez-vous pris de bon matin à la paisible Brasserie Saint-Epvre en Vielle Ville, Adrian Bléni m’explique l’attachement qui le lie à ce lieu : « C’est le lieu de ma jeunesse, de mes débuts musicaux avec mon groupe  Pitipa Pitipa. C’était très festif, très musical, nous avons fait de supers soirées dans le caveau de la Brasserie, cela m’a aussi donné de l’assurance. C’est un groupe qui m’a formé aux percussions de l’Afrique de l’Ouest » m’explique t –il.

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De ses débuts à aujourd’hui, (Groupe « Lucrèce » en 1995  et « Nissa »en 2004)  les notes musicales  ne l’ont pas quitté. Percussions, flûtes, guitares, sons de bouches, effets vocaux, et instruments musicaux tout aussi atypiques les uns que les autres : hand pan, pédales de sample… il offre à son public une cuisine musicale ethno-urbaine tout à fait surprenante.

Et pourtant Adrian est clair: il ne pensait pas du tout être destiné à être musicien, c’était pour lui un rêve inaccessible. « Mon père est saxophoniste, j’ai été baigné dans pleins de sons depuis tout petit : chanson française, jazz, musique classique, j’ai de la chance que mon père m’ait formé l’oreille. J’ai eu ce métissage sonore je pense dès tout bébé, dans le ventre de ma mère, Ce n’est que vers 13- 14 ans que j’ai commencé à faire de la guitare et des percussions,  cela a commencé à  me faire du bien, mais être musicien professionnel ne m’a jamais traversé l’esprit. Moi je voulais être pilote d’avion de chasse » me confie t –il. J’ai commencé  quelques années plus tard  à faire de la musique pour des personnes en situation de handicap, et  tout s’est enchainé naturellement … ».

Avec une musique métissée comme il aime à le dire, cet autodidacte, artiste-musicien-compositeur, puise son inspiration de ses nombreux voyages : «  Je suis  vraiment un amoureux des voyages : l’ile Maurice, le Mali, le Brésil, le Sénégal, le Maroc… ».

adrian-bleni-5Les cultures sont également son point d’ancrage : « Les autres cultures m’ont toujours attiré  mais c’est vrai que la culture africaine me parle beaucoup. Les percussions et  le djembé m’attirait beaucoup quand j’ai commencé la musique, donc je suis allé me former à la source. Ce qui m’a marqué au Mali et à l’île Maurice  c’est que plus on est pauvre de biens matériels, plus on est riche de l’intérieur, c’est vraiment incroyable, les gens m’ont accueillis, ils partageaient toujours. Là bas, la danse est beaucoup plus présente, quand il y a de la musique,  un djembé qui joue, ça va danser, ça va chanter, il y aura des joies spontanés. Ils m’ont appris à trouver ma joie, ma folie aussi. Les personnes en situation de handicap, les personnes trisomiques me l’ont aussi appris, ils sont tellement à l’aise dans leur corps… ».

Et de rajouter : « J’aime les gens et  la musique permet à ce que tout le monde soit au même niveau, Moi j’ai appris la musique comme cela, par la transmission orale, sans pour autant passer par le conservatoire. La musique est comme une langue parlé qui permet de communiquer à travers le monde, cela me passionne fortement. On peut ne pas discuter la même langue mais si je vais n’importe où dans le monde et que ça joue, je pourrai à priori me faire une petite place,  et avoir une communication avec du son et c’est ce que je trouve passionnant, se dire que l’on peut parler avec du son même si on ne parle pas la langue».

Atelier musical Africarel Photo ASNL
Atelier musical Africarel
Photo ASNL

Adrian Bléni,  Adrien Beaucaillou de son vrai nom est un artiste qui fait de la musique un outil créateur de liens. Il n’est donc pas étonnant de le voir allier santé, social et musique. Son diplôme de musicien intervenant, lui permet de ramener de l’humanité dans les structures, (écoles, maisons de retraite) « Africarel » groupe de jeunes en situation de handicap  avec qui  albums, concerts et voyages sont régulièrement organisés en est également le fruit.

«  Ce diplôme a réellement changé mon regard, je veux finalement mettre le partage en première ligne, c’est important pour moi plus que tout. Ma devise est celle-ci : la musique n’a de sens que si elle est partagée »me dit-il très souriant.

Le partage, l’interaction, la surprise, la sincérité et l’authenticité  sont les belles notes qui font d’Adrian un homme heureux sur scène « Je joue pour toutes les oreilles, pour un public intergénérationnel … J’aime bien surprendre, notamment dans la découverte de mon univers, j’ai vraiment envie que mon public sente que je ne triche pas, je ne fais pas semblant ».

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Adrian Bléni nous permet de découvrir  ou redécouvrir son univers par la sortie de son EP « Trop plein » le 04 Novembre. « Le Trop plein est le reflet d’une mutation dans ma vie personnelle et j’ai eu besoin de l’extérioriser en musique … L’album fait également complètement écho à la société en ce moment, un trop plein d’informations, des médias qui sont constamment dans des images très dures, par rapport aux derniers évènements… on nous rabâche des choses très difficiles, finalement il y a des gens qui véhicule des idées antisémites et racistes et qui ont tout à y gagner en montant les uns contre les autres, « Trop plein » fait écho à une société française qui  s’asphyxie  un peu, où il y a un net repli des valeurs, de liberté, d’ouverture, de tolérance,  le trop plein est en rapport avec une société qui  manque cruellement d’humanité » m’explique t’il.

L’artiste me précise : « C’est un projet autour du looper (machine qui permet de boucler une phrase musicale), du beat box, du métissage sonore, chants diphoniques, djembé, guitare, sanza… En fait « Trop plein » est le besoin d’extérioriser quelque chose, besoin de respirer, voyager ».

Adrian promet un lien, une évolution et une logique dans les  10 morceaux de son EP, le premier titre « Salamalek » est un message de bienvenue à tous les cœurs. Mais chutt ! On ne vous dit pas tout !

Celui qui se réfère entre autre aux artistes tel que Keziah Jones, Gilberto Gil,  Paco de Lucia, Jethro Tull, Bob Marley, Ben Harper…qui possède une guitare unique spécialement fabriquée pour lui : « la Beaucaillou box » et qui finalement choisi son nom d’artiste sous influence d’anecdote de voyages et de rencontres (appelé Adrian par des roumains de son ancien quartier près de la pépinière. ,  Bléni , au Mali signifiant rouge en « bambara » en lien à sa peau rouge sous les coups de chaleurs) ; se révèle être un original et surprenant artiste !

Adrian Bléni fait de la musique un exutoire et un point d’équilibre de sa vie.

Culture, artistique et humanité… la voilà la recette de sa cuisine musicale !

Vous aurez l’occasion de le confirmer  le 04 Novembre à la MJC Pichon, de 20h15 à 23h15 lors de son concert ! En attendant celui-ci , regardez ce qui sans aucun doute vous attend :

 

 

 

 

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