Festival de Cannes J10 : Valeur sentimentale de Joachim Trier, Connemara d’Alex Lutz et la venue de l’avenir de Cédric Klapisch

Alex Lutz avait fait la clôture d’Un Certain Regard en 2023 avec son film « Une nuit ». De retour à Cannes pour cette 78e édition, il venait présenter « Connemara », adapté du roman de Nicolas mathieu. Le romancier était d’ailleurs présent dans la salle Debussy pour assister à la projection du film, aux côtés de Mélanie Thierry et Bastien Bouillon. Fidèle au roman, le film évoque le retour dans l’Est de la France d’Hélène, partie à Paris vingt ans plus tôt. Elle a bien réussi sa vie professionnelle et personnelle (elle est mariée et mère d’une adolescente) mais, à la quarantaine, elle est proche du burn out. Avec sa famille, elle rentre donc dans les Vosges et retrouve sa mère (Clémentine Célarié). Son couple commence à battre de l’aile et elle retombe dans les bras de son amour de jeunesse (Bastien Bouillon), lui aussi marié et père d’un enfant. Contrairement à elle, il n’a jamais quitté la ville et il continue à faire du hockey sur glace à un haut niveau, comme lorsqu’il était adolescent. Le film évoque un peu les mêmes thèmes que « Partir un jour » qui a fait l’ouverture : l’arrivée de la quarantaine, le retour dans la région natale, les différences de classes sociales. En plus, il se trouve que Bastien Bouillon, toujours excellent, joue dans les deux films. Si « Partir un jour » avait un côté lumineux, « Connemara » est plus sombre et effleure davantage le sujet. C’est dans la scène finale, lors d’un mariage, que le film prend tout son sens. Hélène prend alors conscience de son échec et de l’immense fossé qu’elle a creusé avec son passé.

Les films de Joachim Trier sont toujours attendus avec beaucoup d’impatience au Festival de Cannes. Le cinéaste norvégien avait permis à son actrice fétiche Renate Reinsve de remporter le Prix d’interprétation féminine dans « Julie en douze chapitres ». Il la retrouve dans « Valeur sentimentale », son nouveau film qui aborde des thèmes chers à Bergman : la famille, la filiation, les histoires familiales. Deux sœurs voient revenir leur père (Stellan Skarsgard)un cinéaste réputé, à la mort de leur mère. Il avait quitté la maison familiale quand elles étaient adolescentes et les avait un peu négligées au profit de sa carrière. Cette maison, la sienne, là où s’est produit une tragédie quelques années auparavant, est presque un personnage à part entière. C’est là que son ex-femme a vécu jusqu’à sa mort. L’une de ses filles (Renate Reinsve) est devenue une comédienne mais elle doute beaucoup d’elle-même. Quand son père lui propose de tenir le rôle principal de son nouveau film, cela va raviver des blessures et des rancoeurs. Face à son refus, il va alors proposer le rôle à une star américaine interprétée par Elle Fanning. Par petites touches, Joachim Trier fait naître l’émotion et offre à ses actrices et à son acteur de très belles magnifiques. Le film devrait trouver sa place au palmarès.

La journée s’est achevée avec la première sélection cannoise de Cédric Klapisch. C’est à se demander comment le réalisateur à la carrière foisonnante a pu ne jamais être sélectionné au Festival. Avec « La venue de l’avenir », présenté hors compétition, il nous a offert l’un des films les plus réjouissants de cette édition. Porté par un beau casting (Suzanne Lindon, Sara Giraudeau, Vincent Macaigne, Cécile de France, Julia Piaton, Paul Kircher, Zinedine Soualem et bien d’autres), il se déroule sur deux époques, celle des Impressionnistes et la nôtre. Le point de départ : la rencontre de plusieurs cousins réunis un peu par hasard, convoqués pour la succession d’une parente éloignée née au XIXe siècle. Le film, plus profond qu’il n’y paraît, tisse des liens entre les deux époques et évoque l’importance de l’art dans notre vie. Il plonge une galerie de personnages (et embarque son spectateur) dans le Paris de la fin du XIXe siècle et questionne sur l’évolution du monde et le temps qui passe. « La venue de l’avenir » est sortie en salles le même jour que la présentation du film au Festival.

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