C’est souvent à la fin du Festival que les bonnes surprises arrivent. On dirait bien qu’il en est encore ainsi cette année. Mercredi, nous avons vu deux films présentés en compétition, « Romeria » et « The History of sound » et un autre sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard, « Love me tender ».
Avec « The History of Sound », son sixième long métrage, le réalisateur sud-africain Oliver Hermanus fait son entrée dans la compétition cannoise. Il réunit un magnifique duo d’acteurs : Paul Mescal et Josh O’Connor dans une histoire d’amour, à l’aube de la première guerre mondiale. Paul Mescal incarne Lionel, un jeune chanteur talentueux, sensibilisé aux sons par son père. Natif de la campagne, il intègre le Conservatoire de Boston où il rencontre David, un brillant étudiant en composition. Les deux hommes vont s’aimer mais David doit partir, mobilisé à la fin de la guerre. Ils vont être réunis une dernière fois, durant l’hiver 1920, où ils vont sillonner les forêts du Maine pour collecter les chants folkloriques des habitants. Une expérience qui marquera à jamais Lionel. Avec « The History of sound », Oliver Hermanus a réussi un film pudique et classique dans le bon sens du terme. Il est touchant sans jamais tomber dans le pathos. Construit en plusieurs parties (l’histoire d’amour, la collecte des sons, et la mélancolie du seul et unique amour qui marque à jamais), il se déploie dans le temps et distille l’émotion jusqu’à la scène finale.
La réalisatrice espagnole Carla Simon faisait également ses premiers pas en compétition. Dans « Romeria », elle revient sur son histoire personnelle, en mettant en scène la quête d’une jeune fille qui part en Galice sur les traces de ses parents biologiques, morts du Sida dans les années 80. Munie du journal intime de sa mère, Marina fait la connaissance de ses oncles et tantes, de ses cousins et de ses grands-parents. Elle revient sur lieux où ses parents ont vécu leur histoire d’amour. Elle imagine alors leur vie, leur bonheur. Le film sobre et délicat, oscille entre deux époques, les années 80 et 2004 et parvient, en prenant ce parti pris de l’enquête, à nous toucher.
Pour son deuxième long métrage, Anna Cazenave Cambet s’est emparée du livre de Constance Debré « Love me tender ». Son héroïne, Clémence (excellente Vicky Krieps) est une avocate qui se consacre désormais à l’écriture. Divorcée, elle partage la garde de son fils avec son ex-mari (Antoine Reinartz). Tous les deux s’entendent bien jusqu’à ce qu’elle lui apprenne qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes. Dès lors, il va tout mettre en œuvre pour lui retirer la garde, monter son fils contre elle et la faire passer pour une mauvaise mère. Le film raconte son combat mais aussi sa vie de femme, qui cherche à être libre. Vicky Krieps, qui est également productrice du film, est d’une grande justesse. Toute en retenue, elle incarne cette femme, qui lutte mais qui s’efforce toujours de pas s’écrouler. Elle tient bon pour elle et pour son fils. Le livre comme le film interrogent sur la notion d’amour maternel mais la réalisatrice a apporté plus de tendresse et de douceur à l’héroïne qu’il n’y en avait dans le livre.
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