Samedi, pour le troisième jour de la compétition du festival de Cannes , deux films aux styles bien différents étaient projetés dans le Grand théâtre Lumière : « Mademoiselle » de Park Chan-Wook et « Toni Erdmann » de Maren Ade.

Dans un autre style, la réalisatrice allemande Maren Ade a fait une belle impression cet après-midi lors de la projection officielle. L’équipe, présente dans la salle, a reçu une ovation. Elle fait le portrait d’Ines, une femme d’une trentaine d’années, une working girl à la vie réglée. Psychorigide, sûre d’elle, froide, sévère, autoritaire et dominatrice, rien ne semble l’atteindre hormis son travail dans lequel elle s’est investie au détriment de sa vie personnelle. Tout pourrait continuer ainsi jusqu’à ce que son père, qui arrive à l’improviste, un peu encombrant, lui demande « es-tu heureuse ? ». Elle semblait ne s’être jamais posé cette question. Il va alors la suivre à Bucarest dans sa vie professionnelle, lui faisant parfois honte. Pour tenter de l’aider à retrouver un sens à sa vie, il crée un personnage un peu farfelu, Toni Erdmann. Il va la suivre au milieu de ses collègues de travail, va parler à son directeur. On rit beaucoup dans ce film un peu déroutant. Derrière cette apparente froideur, apparaît par petites touches très discrètes, une certaine fragilité. Inès, dans deux scènes à mourir de rire, s’ouvre, casse cette armure. Lorsqu’elle se met à chanter du Whitney Houston avec son père au piano, chez des gens qui le prennent pour l’ambassadeur d’Allemagne, toute la salle s’est mise à applaudir. Quant à la scène du brunch d’anniversaire, elle est hilarante. Inès se met « à poil » au propre comme au figuré. Peut-être est-elle prête a voir ces instants de bonheur entrer dans sa vie. Le film qui aurait mérité d’être un peu raccourci est inclassable. Portrait d’une presque quarantenaire sans enfant, rapports père-fille, réflexions sur le sens de la vie, scènes comiques complètement inattendues : ce film est bien plus profond qu’il n’y paraît. C’est ce qui fait son charme.
Enfin, hors compétition, c’était le retour du grand Steven Spielberg avec « Le bon gros géant », adapté du roman de Roald Dahl. Mark Rylance (Oscar du meilleur second rôle cette année pour » Le pont des espions » de Spielberg), Rebecca Hall et tout le casting étaient sur les marches. Les spectateurs ont passé un moment agréable devant cette incroyable histoire d’une petite fille et du géant qui lui fera découvrir les merveilles et les dangers du Pays des géants.
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