Ce cinquième jour du Festival a été marqué par la venue de plusieurs stars américaines. Pour sa première sélection en compétition, le cinéaste américain Ari Aster est venu accompagné de son prestigieux casting : Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Austin Butler et Emma Stone. Avec « Eddington », il dresse un état des lieux de l’Amérique. Alors que se répand une pandémie obligeant les habitants à porter des masques, la ville d’Eddington fait face à un regain de violence. Le shérif (Joaquin Phoenix) a l’intention de se présenter comme maire. Si on peut reprocher au film d’être un peu trop long et bavard (il dure près de 2h30), il a le mérite de faire une satire de l’Amérique d’aujourd’hui, peu reluisante.
Si Robert Pattinson est déjà venu à Cannes en compétition, c’était la première fois pour l’actrice américaine Jennifer Lawrence. Tous deux forment un couple dans le dernier film de la réalisatrice écossaise Lynne Ramsay, grande habituée du Festival. Inspiré du roman riche en monologues intérieurs de l’écrivaine argentine Ariana Harwicz, « Die, my love » fait le portrait d’un couple qui vacille à l’arrivée d’un enfant. Jennifer Lawrence incarne Grace, une mère qui se consume de l’intérieur, qui voudrait retrouver sa vie de couple d’avant. En proie à ses démons, elle ne parvient pas à survivre dans la maison de campagne où ils ont emménagé, d’autant plus que c’est là que s’est suicidé l’oncle de son compagnon. Ce dernier a du mal à comprendre que Grace étouffe. Seule, sa mère (Sissy Spacek) perçoit en elle ce mal-être. Une telle histoire aurait été traitée de plein de façons différentes par d’autres réalisateurs. Lorsque Lynne Ramsay s’en empare, elle en fait un film rock’n roll,voire punk, sublimé par une bande-son géniale.
Dans l’après-midi, le Festival a accueilli pour la première fois en compétition la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa. Avec « Renoir », dont le titre fait bien sûr référence au célèbre peintre, elle fait le portrait d’une adolescente dont le père est en train de mourir d’un cancer. Elle vit seule avec sa mère. Les deux femmes se débrouillent comme elles peuvent avec ce deuil imminent. Si la mère tombe amoureuse d’un autre homme la gamine, elle, se laisse emporter par son imaginaire et cherche auprès d’autres adultes une forme de réconfort. Toutes les deux ne font pas forcément les bons choix mais elles s’efforcent de survivre et de surmonter leur peine. Un film touchant et humain, mais qui est loin de la délicatesse de Kore-Eda, grand habitué du Festival.
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