Une autrice taïwanaise à succès se retrouve confrontée à une créature étrange, qui lui annonce qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre ! Elle serait une « Inexistents », l’un de ces êtres que l’univers aurait créés par erreur.
Problème : elle n’a pas du tout envie de disparaître, et la créature, fan de son titre phare Demon Smile, refuse de l’emporter tant qu’elle n’a pas achevé son œuvre !
À retrouver le 21 mai 2025 aux Éditions Glénat Manga.(+14)

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Le décor :
« L’univers aussi commet des erreurs »
Une jeune femme est assise devant ses écrans dans son appartement. Elle parle à une amie d’un problème relationnel. Quand, tout à coup, au moment d’ouvrir sa canette de bière, elle ressent une force l’entraîner. Son amie pense qu’elle s’est blessée avec la ferraille de la canette, mais il n’en est rien.
Liling commence à se déliter, couche après couche, en commençant par ses doigts, puis sa main, et d’horribles « démons » lui apparaissent.
La jeune femme se précipite chez son voisin, M. Chen, et tente de comprendre ce qui se passe. Ses cris sont emplis de terreur et son vieux voisin n’y comprend rien. Elle a à peine le temps d’arriver jusqu’à lui qu’elle est transformée en « fumée » et disparaît.
Avant de partir, les créatures qui la pourchassaient effacent les mémoires.
Le vieil homme reprend ce qu’il était en train de faire avant l’incident, comme si de rien n’était. Un petit garçon ferme la porte de son appartement, restée ouverte lors de cet étrange événement. Plus personne ne se souvient de Liling… Elle a été littéralement effacée…
Un peu plus loin, c’est au tour de Tsugumi, une autrice à succès publiant sous le pseudonyme de « Pomme rouge », de subir le même sort…

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Le point sur le manga :
Après Double Me, un thriller fantastique plein de suspense, Miki Makasu revient avec un scénario, sur l‘immortalité, à la fois réflexif et spectaculaire, sublimé par les crayons de Takeliongawa !
Loin des sentiers battus, Inexistents aborde un sujet presque déique, avec des créatures issues de la création même de l’univers. Le manga, publié chez Glénat, propose une réflexion sur l’œuvre de sa protagoniste principale, sur la peur de disparaître, et sur le lien entre lecteurs et créateurs.
Personne n’est immortel, certes, mais chacun de nous tisse un lien invisible avec les autres, ce qui permet, même après la mort, de perdurer dans les souvenirs. Ici, la protagoniste tente de laisser une trace d’elle-même, à travers ses relations mais aussi par son œuvre artistique. Mais l’univers en a décidé autrement !
Le fait qu’elle risque de tomber dans l’oubli, alors que ses fans ne la connaissent que sous son pseudonyme, la pousse à se battre, aux côtés d’une créature étrange, un fan qui lutte non pas pour elle, mais pour l’œuvre elle-même !
Le sujet est particulièrement fascinant, et la mise en images de Takeliongawa est, comme mentionné plus haut, spectaculaire !

Lien de lecture vers les premières pages
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Conclusion :
Inexistents, publié chez Glénat Manga, pose plusieurs dilemmes singuliers à ses lecteurs : en tant qu’humain ou en tant que créateur, notre existence ne réside-t-elle que dans ce que nous laissons derrière nous ? Sommes-nous réduits à notre œuvre ? Ou à la relation que nous entretenons avec les fans ?
Une situation démentielle pour l’autrice, qui va devoir « vivre » aux côtés d’un « monstre » venu pour l’effacer. Mais qui vont finalement s’allier pour trouver un moyen de la faire survivre ! Lecture fascinante et réflexive, servie par des graphismes incroyablement puissants !
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