L’année dernière, le Festival de Cannes découvrait Sayyid El Alami et tombait sous son charme. Dans La Pampa, le premier long-métrage d’Antoine Chevrollier présenté à la Semaine de la Critique, il interprétait un jeune homme sensible et un peu perdu. En un an, le comédien s’est fait une belle place dans le cinéma français. Il a été à l’affiche de Leurs enfants après eux de Ludovic et Zoran Boukherma et s’apprête à tourner pour Artus qu’il a côtoyé dans La pampa, et de nouveau pour Antoine Chevrollier. Nous l’avons rencontré au dernier Festival de Cannes sur la terrasse Unifrance qui l’avait invité dans le cadre de l’opération « 10 to watch », qui a pour but de contribuer à l’émergence de nouveaux artistes du cinéma français à l’international. Et s’il y a un acteur qu’on a très envie de suivre dans les prochains mois et les prochaines années, c’est bien Sayyid El Alami !
France Net Infos : L’année dernière, vous étiez au Festival de Cannes pour La pampa, présenté à la Semaine de la Critique. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?
Sayyid El Alami : C’était trop bien, parce que c’était l’accomplissement d’un petit rêve. Je rêvais trop de faire un film qui raconte mon époque, la jeunesse, qui soit à la fois beau, violent et dur. J’ai eu la chance de vivre cette aventure avec Antoine Chevrollier et avec plein de gens que j’admire, qui sont incroyables. Le fait que le film soit présenté à la Semaine de la critique, c’était top génial ! J’ai rencontré tellement de gens incroyables là-bas. Le comité d’organisation nous a très bien accueillis. C’était fou ! Après sa présentation à Cannes, le film a été sélectionné dans d’autres festivals auxquels j’ai aussi participé, ce qui m’a permis de rencontrer beaucoup de gens, dont Fanny Liatard et Jérémy Trouilh avec qui je vais tourner.
France Net Infos : Ils ont réalisé Gagarine qui avait reçu un bel accueil. Quel est le sujet de leur prochain film ?
Sayyid El Alami : C’est sur le syndrome de résignation, qui touche les réfugiés, des enfants et des ados, qui voient leurs demandes d’asile refusées et qui tombent dans le coma. Ils n’ont pourtant aucun symptôme physique ou psychique mais c’est comme si leur corps disait adieu, parce qu’il ne se sent plus en sécurité. Je suis trop content de faire ce film et de raconter cette histoire. Je vais interpréter un réfugié irakien.
France Net Infos : Après La pampa, on vous a vu dans Leurs enfants après eux, où vous interprétez un jeune homme au caractère dur, qui a en lui une colère qui ne demande qu’à exploser…
Sayyid El Alami : Certaines personnes m’ont dit qu’elles étaient contentes de voir Leurs enfants après eux parce que dans ce film, on ne me voit pas sourire ! Au contraire on me voit énervé. Leurs enfants après eux m’a permis d’aller dans un registre où on ne m’avait jamais vu avant.
France Net Infos : Justement, qu’est-ce qui vous fait aller vers La pampa, Leurs enfants après eux ou le film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh ?
Sayyid El Alami : Je ne suis pas au stade de choisir. Je vais juste avec joie quand il y a un projet intéressant. Et il y en a de plus en plus ! J’ai fait des films qui racontent l’ennui, la ruralité, les endroits et les gens un peu délaissés, le déterminisme social. Ce sont des thèmes qui m’intéressent.
France Net Infos : Un an après La Pampa, vous êtes de retour à Cannes, dans le cadre des « 10 to watch », une opération organisée par Unifrance. Qu’en attendez-vous ?
Sayyid El Alami : Je dirais que je n’en attends rien dans le sens où je ne veux pas projeter. Je préfère vivre l’instant. Dans ce métier, j’ai assez projeté de choses. Donc là, maintenant, je préfère vivre ce qu’il y a à vivre, sans être dans une forme d’attente. J’ai profité de ce séjour au Festival pour voir des films : Classe moyenne d’Anthony Cordier, Alpha de Julia Ducournau et Un poète de Simon mesa Soto que j’ai beaucoup aimé. J’ai aussi vu des courts-métrages.
France Net Infos : Vous allez avoir un emploi du temps bien chargé dans les prochains mois. plusieurs tournages sont annoncés…
Sayyid El Alami : Oui, il va y avoir le film d’Artus en 2026 et un long-métrage de Thomas Vernay, qui est l’adaptation d’un roman de David Lopez qui avait eu le prix France Inter en 2018. Il y a d’autres long-métrages aussi. Je vais repartir avec Antoine Chevrollier. Je sais que le film va se tourner encore chez lui, dans le Maine-et-Loire, comme La Pampa et que mon personnage va s’appeler Armand. C’est tout ce que je sais !
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