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Interview Yvan Attal pour Do not disturb

Fraîchement débarqué de Paris, le réalisateur Yvan Attal présentait son nouveau film Do not disturb aux journalistes de Bordeaux dans le très luxueux hôtel Régent. S’attelant à son premier remake de film américain, l’acteur-réalisateur explique ses choix de réalisation.

Le titre du film Do not disturb (ne pas déranger) nous annonce déjà qu’il y a quelque chose a ne pas déranger, qu’est ce ?

Yvan Attal : On démarre déjà avec une scène intime que l’on dérange entant que spectateur. Un couple au lit en pleine action qui est lui aussi dérangé par Jeff (François Cluzet) l’ami de Ben (Yvan Attal) revenu d’un voyage au Mexique. C’est un très bon ami qui va chambouler les choix, remettre en questions la vie de son ami jusqu’à son identité sexuelle.

Dans le film ces deux amis se lancent un défi qui est de réaliser un film porno, est ce qu’entant réalisateur il y avait dans ce film un défi de réalisation ?

Yvan Attal : Le défi s’était de réaliser un film que je n’ai pas écrit. Ce qu’il y a de difficile dans la comédie c’est de ne pas dépasser certaines limites, c’est important de ne pas devenir embarrassant, crue. Je trouve qu’il s’agit d’un film de genre plus qu’une comédie. Une comédie parfois pour un metteur en scène çà peut très vite devenir un travail ingrat car çà impose des règles, du rythme en terme de narration, une certaine lumière..c’est aussi une frustration pour le réalisateur qui aime la photographie, qui aime s’attarder sur les personnages. Les meilleurs comédies se sont celles qui nous interroges, nous touches.

Vous réaliser ici un remake d’un film américain comment avez-vous abordé ce film ?

On m’a proposé de faire ce remake. L’idée même de faire un remake j’ai trouvé que c’était une belle expérience. Autrefois je trouvais que c’était un sacrilège de faire une adaptation d’un film. Aujourd’hui je trouve cela flatteur. Paradoxalement je me suis rarement senti autant réalisateur que pour ce film. Je trouvais intéressant de réaliser un film qui n’est pas de moi. Du coup les questions que je me posais était vraiment pertinentes.

Qu’est ce qui vous a séduit dans le scénario ?

Dans le sujet il y avait des thèmes qui m’intéressaient et qui s’inscrivaient réellement dans ma filmographie. J’ai vu deux rôles de comédie a jouer, rare, et je me suis dit que j’allais interpréter l’un de ces rôle. C’était une bonne partition tout en étant aussi une belle possibilité de travailler avec un acteur que j’aime.

Dans cette adaptation d’un film américain y a-t-il une french touch ?

Sur l’écriture il y a une adaptation, je me suis pas posé la question de si il y avait une french touch. On a supprimé une scène ou les personnages jouaient au basket. Aux USA cette scène avait un sens mais en France elle n’en avait pas. C’est des choix qui ont été un peu inconscient.

Les Américains ont une réputation d’être assez prude, ils s’offusquent de choses que l’on s’autorise plus facilement en France ?

Je ne sais pas, je trouve pas. J’ai vraiment l’impression qu’ils sont très libérés. Mais la réalisatrice du film américain, quand elle a vu le remake Français, elle m’a dit qu’il y avait des choses qui ne seraient pas possible aux états unis. Peut être les scènes d’amour..Ils font peut être des films d’avantages violent mais j’ai pas l’impression qu’ils soient plus prude que nous.

Dans votre film les personnages disent vouloir faire une œuvre d’art au travers de ce film porno, est ce vraiment de l’art ?

On peut se poser la question de qu’est ce qu’est une œuvre d’art. Est-ce que faire un film c’est faire une œuvre d’art. C’est aussi une ironie autour de cette soit disant œuvre d’art car au fond c’est plus un défi qu’autre chose. Quand on remet en question sa sexualité on remet en question sa vie. C’est çà qui était intéressant, dépasser ses limites qu’on s’est fixées inconsciemment.

Comment vous est venu le choix de François Cluzet ?

C’est un acteur que j’aime beaucoup, je voulais pas un acteur déjà classé dans le genre comédie. Faire le casting d’un film c’est toujours délicat car un acteur dans un film çà imprime tout de suite. Quoi qu’il arrive l’acteur marque le film de sa personnalité, son vécue. Je suis pas quelqu’un qui mise sur la direction d’acteurs, je crois plus au casting et au bon choix fait durant le casting.

Comment s’est passé la scène de la chambre d’hôtel ?

Je suis entièrement hétéro mais je peux vous dire que l’idée d’embrasser François m’angoissait un peu. Aborder une scène dans une chambre d’hôtel entre quatre murs c’est un challenge pour le réalisateur et le metteur en scène. C’est angoissant pour l’acteur que j’étais et pour le metteur en scène que j’étais aussi. C’est une scène vers laquelle on se dirige tout le long du film. On savait qu’il y avait des choses qui fonctionnaient, on le voyait à la réaction de l’équipe de tournage qui rigolaient souvent, ce qui était rassurant d’un autre coté.

Avez-vous travaillé la mise en scène à l’avance ou s’est-elle mise en place au fur et à mesure ?

Je suis plus du genre a tourné ce qui est écrit et monté ce qui est tourné. Il y a tout un autre travail qui se fait au montage. Concernant la scène de confidence de Laeticia Casta, l’idée de faire une sorte de décalage entre le son et l’image m’est venue au montage, je voulais que çà accentue l’idée qu’il la regarder comme si il ne la connaissait pas. J’y avais pensé avant mais j’ignorais si cela aller fonctionner. On explorait pas mal de choses au montage.

Il y a une scène assez surprenante dans le film avec Joey Star..

Oui c’était pas une scène qu’il y avait dans le film original, mais j’aime quand on se déconnecte de la réalité. Quand tout d’un coup çà devient plus poétique. J’avais vraiment besoin d’une séquence comme une sorte de parenthèse, une respiration. C’était assez drôle car dans cette scène Joey Star interprète une chanson de Dalida qu’il ne connaissait pas. Il a du l’apprendre. Je pense que faire un film c’est aussi s’autoriser des surprises.

M.S

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