La maison du canal est une adaptation du roman de Georges Seminon, par José-Louis Bocquet et Édith, parue aux éditions Dargaud, fin septembre 2025. Un album oppressant et sombre, qui propose de suivre Edmée, jeune femme qui arrive chez ses cousins, dans la campagne flamande glacée.
Dans le froid d’un matin d’hiver, Edmée voyage seule à travers la Belgique, de Bruxelles au cœur de la campagne flamande. Le trajet, ponctué d’attentes interminables et de correspondances, se déroule sous une pluie glacée et de lumières éteintes. Les gares défilent dans une atmosphère grise et silencieuse, rythmée par la fatigue et le froid. À son arrivée, la ville semble indifférente à sa présence. Un homme, Jef, l’attend pour l’emmener vers les irrigations. Ensemble, ils empruntent un chemin de terre aux ornières profondes, loin de toute agitation. Le silence du paysage et la lenteur du voyage accentuent la sensation d’éloignement et de lassitude. Chaque pas des chevaux, chaque cahot renforce l’impression d’un temps suspendu. Le froid s’infiltre jusque dans les os, rendant la route presque irréelle. Le déplacement devient une épreuve, un passage vers un inconnu encore plus rude que la journée passée dans les trains.
Adaptation remarquable d’un roman dur de Georges Simenon, le récit plonge dans une Flandre grise, humide et silencieuse. L’histoire débute avec l’arrivée d’Edmée, jeune citadine orpheline, recueillie dans une ferme isolée au domaine des Irrigations. La mort brutale de l’oncle et la ruine annoncée de la famille installent une tension sourde. Le climat, pesant et brumeux, reflète la dureté des existences rurales et la lente dégradation morale des personnages. Les liens entre Edmée et ses cousins oscillent entre désir, rejet et manipulation. Le dessin d’Édith, aux teintes froides et aux contours vaporeux, restitue à merveille cette atmosphère oppressante. Le scénario de Bocquet reste fidèle à la noirceur du texte original, où chaque geste semble guidé par la fatalité. La bande dessinée déploie une intensité émotionnelle rare, offrant une immersion totale dans l’univers sombre, mélancolique et profondément humain de Simenon.
La maison du canal est une adaptation en bande dessinée du roman dur de Georges Simenon, parue aux éditions Dargaud. Un album qui restitue avec force la tension, la pesanteur et les passions étouffées du roman initial. Entre fatalité, désirs contrariés et secrets de famille, le récit au dessin brumeux plonge dans les profondeurs sombres de l’âme humaine.
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