Lorsque leurs parents ont disparu, Kristina et Caleb, encore enfants, ont été propulsés dans deux mondes opposés au sein de la Confédération. L’un a rejoint ses hautes sphères bien rangées. L’autre a dû survivre dans ses failles, ses bas-fonds, ses trafics.
C’est là que Kristina est devenue une « Outlaws », puis l’une des têtes pensantes du Trident, son organisation mafieuse montée avec Zachary et Olmay.
La contrebande d’aérospeed tourne à plein régime, tout semble rouler, mais un détail commence à grincer : Olmay prend trop de place, trop de risques. Et dans l’espace confédéré, un ego mal placé peut faire exploser tout un empire.
Avec ce troisième tome d’Outlaws, publié aux Éditions Dupuis, Runberg boucle sa trilogie nerveuse, intergalactique, et connectée à Orbital, dont elle célèbre les vingt ans.
Une conclusion charnière, autant pour la série que pour son héroïne. (+14)

Le décor
Année 2282, Espace confédéré, planète Zotrop…
Une tempête de neige monstrueuse secoue la surface gelée et rend quasi impossible le retour de l’aérospeed de luxe volé pour le compte du Trident. Le pilote perd le contrôle, l’appareil se crashe, et les deux membres d’équipage rampent hors du cockpit, désorientés. Morod est grièvement blessé, Aleta tente de lui porter secours … mais un grognement monstrueux fend le vent.
Une meute de forlocks surgit. Des créatures bâties pour survivre au froid extrême, agressives, affamées, parfaitement adaptées à cette planète hostile. Les tirs éclatent, la panique monte, Aleta se bat pour maintenir Morod en vie, mais ils ne font pas le poids.
Zachary, Valmia, et Olmay déboulent enfin, armes à la main. Ils éliminent les bêtes, mais Olmay, furieux de voir un vaisseau aussi précieux réduit en miettes, perd tout contrôle. Devant les yeux glacés de ses partenaires, il abat les deux pilotes sans l’ombre d’un remords.
Une décision brutale, surtout quand, dans l’ombre du Trident, certains commencent à murmurer que les chefs ne sont plus si fiables…

Le point sur la BD
Ce dernier volume d’Outlaws, édité aux Éditions Dupuis, est un concentré de tensions, de manipulations et de loyautés qui éclatent sous la pression. Sylvain Runberg tisse un récit qui n’est plus seulement une histoire de contrebande : c’est l’autopsie de ce qui sépare deux êtres formés par la même douleur, mais façonnés par deux mondes radicalement différents.
Kristina, déjà entraperçue dans Orbital, trouve enfin sa pleine dimension : rebelle lucide devant cette confédération qui lui a tout pris. Runberg, tome après tome, lui forge une identité cohérente, dure et tragique à la fois.
Le thème sous-jacent, la place des humains dans une confédération dominée par d’autres espèces intelligentes, donne un écho très contemporain : marginalité, clandestinité, inégalités systémiques, violence institutionnelle. Oui, on pense souvent à notre monde, et c’est voulu.
Graphiquement, Éric Chabbert déroule un festival visuel : créatures glaciales, villes tentaculaires, architecture high-tech labyrinthique. C’est sombre, nerveux et les planches foisonnent de détails.

Conclusion
Ce troisième tome d’Outlaws, aux Éditions Dupuis, est une conclusion tendue, presque amère, qui laisse volontairement une porte entrouverte. Kristina prend enfin la place qu’elle mérite, après une vie de fractures, de trahisons et de survie pure dans l’espace confédéré. Une fin qui définit le personnage de Kristina, et donne envie de relire Orbital sous un nouveau regard !
L'info gratuite en Live Continu 7/7
