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Pedro Alves rend hommage au Portugal

FranceNetInfos a rencontré Pedro Alves, quelques heures avant son nouveau spectacle : Carte Postale du Portugal qui promet dans une atmosphère intimiste et chaleureuse,  un voyage au cœur de Lisbonne, Porto, Coimbra, sur des airs de fado et de chansons populaires portugaises.

Cette carte postale du Portugal est signée par un groupe de 5 musiciens, et portée sur scène par Pedro Alves, la voix portugaise de France tête d’affiche du spectacle musical « Les dix commandements », la jeune fadiste Mara Pedro – la princesse du fado – qui à 20 ans a déjà un Internacional Portuguese MUSIC AWARDS et vient de sortir son 4ème album chez Sony Portugal, et par Linda de Suza, la star aux multiples succès, légende vivante de la communauté portugaise !

3 générations, 3 univers portugais : Le fado, la chanson et la musique populaire ! LA LEGENDE, LA VOIX, LA PRINCESSE

C’est un hommage à l’immigration, aux traditions, aux cultures et tout simplement, un hommage à l’humain.

Pedro Alves se confie sur son état d’esprit avant la première qui lancera sa tournée ce soir à la Salle Poirel de Nancy : « La veille d’un aussi gros projet, on est un peu confus car on sait que les choses sont prêtes mais est-ce qu’elles sont assimilées ? C’est toute la question. Il y a tellement de paramètres, de petits points… Sur le papier tout va bien, les répétitions étaient intensives parce que  je voulais aller absolument surprendre les gens sans les déstabiliser.

On a retravaillé les arrangements de Linda de Suza par exemple, on a revisité le fado qui est un style musical très codé car je sais que les puristes ont toujours tendance à se déstabiliser. »

Qu’est-ce que le fado ? « Le fado ressemble au Portugal, le fado est le miroir du Portugal. Le fado d’Amalia Rodrigues était triste, parce que le Portugal était sous dictature, car l’économie était fragile et l’immigration intense. Aujourd’hui le Portugal est la Floride de l’Europe, les portugais sont plus joyeux, l’économie est florissante donc le fado est le reflet de cet état d’esprit. Je pense que Mara Pedro est l’artiste qui a le plus compris ce qu’était le fado aujourd’hui, c’est-à-dire le reflet de son pays : il est positif et joyeux. Mara Pedro fait un fado positif et joyeux.

« Il y a deux couleurs dans le drapeau portugais: le rouge et le vert ; Linda est le rouge, le rouge du sang coulé… Mara est le vert, c’est la jeunesse, c’est frais. »

Mara Pedro

Mara Pedro, princesse du fado, détentrice d’un Internacional Portuguese MUSIC AWARDS et Linda de Suza, légende vivante de la communauté portugaise partageront la scène avec Pedro Alves.

Un choix d’artistes affirmé : « Je voulais faire un patchwork de tout ce qui se passe aujourd’hui au Portugal. Le Portugal c’est populaire, la reine du populaire c’est Linda de Suza, il n’y a jamais eu au-dessus. Elle a soutenu les portugais durant cette période d’immigration, elle fait partie de cette génération, elle a vécu l ‘immigration de masse et la dictature de Salazar, et elle a transformé cela en triomphe et en légende. C’était impératif ! On ne peut pas représenter le Portugal sans Linda de Suza aujourd’hui.

Il y a deux couleurs dans le drapeau portugais, il y a le rouge et le vert : Linda est le rouge, le rouge du sang coulé, le rouge de toutes ces choses… Mara est le vert, c’est la jeunesse, c’est frais.

Mara est en tournée mondiale depuis qu’elle a 11 ans, elle a 20 ans aujourd’hui. C’est une révélation, dans 10 ans ; elle est intouchable, c’est clair et net. On connait aujourd’hui Ana Moura et Mariza qui sont pour moi des stars de transition du fado entre la vielle génération et celle qui aura lieu. Mara Pedro, c’est réellement la princesse du fado. »

Carte postale du Portugal est un hommage à l’immigration, aux traditions, aux cultures et tout simplement, un hommage à l’humain. « Ce sont des véritables cadeaux, j’ai voulu faire cet hommage à une culture différente en faisant comprendre qu’une culture c’est beau et cela enrichit. » explique l’artiste à la voix puissante.

« Nous sommes riches des cultures qui sont venus nous enrichir et faire de nous ce que nous sommes. Laissons à l’humain le temps de s’installer, ouvrons les bras à l’humain, ouvrons les bras à la culture, c’est beau, c’est que de l’amour et des belles choses qui nous arrivent avec une culture étrangère.

Les gens viendront voir des artistes qu’ils aiment, tout le monde a une belle image de Linda et du fado … c’est joli, ce sont de belles chansons. »

« Le don fait partie de mon équilibre »

La légende, la voix et la princesse enchaineront une dizaine de dates dans plusieurs villes.

Le 14 Mars 2020, le spectacle aura lieu à Nantes. Une partie des bénéfices sera reversé à l’orphelinat Santo Tirso du nord du Portugal. Action relativement ordinaire pour Pedro Alves.

« Le don fait partie de mon équilibre… Dans chaque ville, nous allons reverser une partie des bénéfices à une association, le système s’est mis en place, j’ai trouvé l’idée originale et cela me plaît. De toute manière, il faut garder cette mentalité du partage parce que c’est ce qu’il y a de plus important et cela fait véritablement partie de moi.

Inspiration- expiration : Si on rentre dans un système de dons, on reçoit également…on n’a pas tous la chance d’être chanceux. Je me suis retrouvé plusieurs fois dans la situation où il ne faut pas grand-chose, un petit coup de pouce, un coup d’épaule et cela bascule… Dès que j’ai l’occasion d’être ce coup d’épaule et quand j’ai reçu ce que j’appelle un cadeau de Dieu, je rends un peu la balle de moi -même. On n’a pas besoin de chercher longtemps quand on veut faire une bonne action parce que des gens qui ont besoin d’une bonne action autour de nous, il y en a partout. »

Le spectacle Carte Postale du Portugal promet une excursion au cœur de Lisbonne, Porto, Coimbra, sur des airs de fado et de chansons populaires portugaises.

Une invitation au voyage ponctuée de surprises : « Dans chacun des spectacles ont fait venir des chorales, des groupes folkloriques, des associations. L’association est la seule politique qui m’intéresse finalement. Le milieu associatif est réellement le travail du cœur et le don de soi : ils travaillent le terrain. On travaille beaucoup avec des radios associatives, des associations portugaises, celles qui récoltent des fonds pour le cancer…  Nous avons tissé tout un lien d’associations qui vont venir créer les surprises et enrichir le spectacle à chacune des dates, c’est à chaque fois le savoir-faire local que l’on sollicite pour participer au concert. »

« Il faut mettre en lumière les tripes, il faut mettre en relief la sueur »

     Linda de Suza

Ce spectacle, le producteur Pedro Alves l’a voulu teinté de profondeur avec des jeux de lumières précis pour une atmosphère intimiste et chaleureuse.

« C’est un poste extrêmement lourd que j’ai voulu rationnaliser parce qu’aujourd’hui nous sommes dans une forme de démesure dans le jeu de lumières. On va voir le moindre humoriste qui est tout seul sur scène et qui va avoir 70 appareils automatiques qui clignotent dans tous les sens ; il y a plus de lumières que de bonnes blagues. J’ai toujours dit, attention, ne rentrons pas là-dedans : partons de la simple poursuite, la simple petite bougie et rajoutons le strict nécessaire au fur et à mesure. Le problème c’est que le fur et à mesure, de surenchère en surenchère commence à devenir gros donc c’est un spectacle très construit au niveau des lumières. Nous avons un des meilleurs techniciens que l’on trouve actuellement sur le marché qui va adapter les lumières à chacune des salles. Ce que je voulais c’est que l’on adapte le spectacle à chaque salle, comme le cirque Bormann à Paris, le Zénith à Dijon, la salle Poirel à Nancy…Il y a un véritable jeu de lumières à chacune des villes.

Je voulais mettre en relief la sueur : je vois Edith Piaf, Jacques Brel, Amalia Rodrigues, avec un seul projecteur sur le visage, il y a le monde entier dans leurs expressions. Il faut mettre en lumière les tripes, il faut mettre en relief la sueur et c’est absolument ce que je voulais.

Aujourd’hui on dit waouh, les lumières elles étaient belles ! Mais on n’arrive plus à sortir d’un spectacle en disant : cela fait longtemps que je n’ai pas vu un interprète pareil ! Et moi c’est ce que je veux sur ce spectacle : ramener les lumières à leurs rôles, c’est-à-dire aider à mettre en avant l’artiste et non pas forcément être un palliatif à son talent ou son absence de talent.

Aujourd’hui, on est un petit peu là-dessus : c’est-à-dire que l’on fabrique des artistes en trois secondes, ils font deux demi-émissions de télé et on les propulse dans un Zénith. C’est sûr que dans ces cas-là, on est obligé d’aller dans la démesure coté lumière car on doit apporter le talent qui n’a pas eu le temps de germer.

Quand on a à faire à une Mara Pedro qui est en tournée mondiale depuis 10 ans, à une Linda de Suza qui a 20 ans de carrière, et moi qui a dû avoir environ 2.millions de personnes devant moi avec les spectacles ; notre travail de création n’est pas de combler les manques que l’on pourrait avoir, il est de mettre en lumière notre savoir-faire. Tout le monde doit œuvrer à mettre en valeur la matière première et c’est le plus important. Nous avons travaillé cela vraiment comme des gastronomes, comme de la cuisine gastronomique : c’est le produit qui est mis en avant mais on le garde tel qu’il est. Il y aura des lumières automatiques, cela permet de faire des effets intéressants mais ils seront là au service du spectacle et au service de l’artiste, ils ne sont pas là pour combler des trous.

Pedro Alves : la voix portugaise de France

Pedro Alves

Qu’est-ce que la Dolce Vita pour vous ?

C’est le week-end avec mes enfants ou le soir quand ils rentrent de l’école. On travaille beaucoup… je commence tôt, j’ai des horaires très compliqués mais à 18h00 je rentre chez moi, je passe récupérer mes enfants à l’école et la Dolce Vita c’est jusqu’à ce qu’ils se couchent. C’est le moment de tendresse où on leur apprend l’essentiel… moi comme eux avons travaillé toute la journée mais on apprend aussi à partager et à se donner des choses.

Le week-end, je réponds rarement au téléphone, c’est pour mes enfants. Le temps passe vite donc on en profite … Le but n’est pas de faire plein de choses farfelues… On va faire des gâteaux, on va profiter…

En fait la Dolce Vita c’est se donner des choses, ce n’est pas passer deux heures à raconter ce que l’on a « ramassé ». C’est donner, offrir.

Dijon ou Lisbonne ?

Dijon, je suis né à Dijon. C’est très bizarre mais j’ai l’impression que notre âme marque l’endroit où l’on nait. On peut naître n’importe où et à partir du moment où l’on y retourne, il y a quelque chose, il y a un équilibre, il y a les étoiles qui se réalignent, nous sommes nés là, on le sait, on le sent…. Notre âme le sait.   Est-ce une impression du magnétisme ambiant ? Que vous soyez né à Tourcoing, Los Angeles, Dijon, où que ce soit… à partir du moment où l’on retourne à l’endroit où nous sommes nés, on le sait.

On a imprimé quelque chose au plus profond de nous, on a imprimé un moment dont on ne se remémore pas précisément, puisque nous n’avons pas le souvenir de notre naissance …mais c’est comme quand il y a un parfum qui nous arrête : le parfum de notre enfance… nos premiers instants avec notre maman, nos premières secondes sur terre…On a marqué l’endroit et pour moi l’endroit que j’ai marqué c’est Dijon.

Fado ou chanson Française ?

Chanson française. Le fado est presque monoculturel …La chanson française est riche. Qu’est-ce que la chanson française ? C’est Jacques Brel le belge, Charles Aznavour l’arménien, Maurane la belge, Céline Dion la québécoise… c’est cela ! La chanson française c’est le cœur du monde qui bat. Le fado ce sont des portugais qui chantent du portugais avec des histoires de portugais.

Votre livre « Des sanglots dans la voie » est sorti en 2016.  A choisir, serait-ce écrire ou chanter ?

Ecrire, parce que j’ai le temps de développer. Dans 40 ans, quand mes enfants liront ce que j’ai écrit, ils vont trouver des réponses, ils vont sourire, ils vont rire.

En écoutant la musique, j’ai peur qu’’il y ait moins d’émotions positives mais plus de tristesse. Donc les écrits, c’est important.

Les écrits restent, ils devraient être un peu plus lu … Ils ne restent pas pour qu’on les contemple dans une bibliothèque… Il faut éviter de refaire les erreurs de l’histoire. Et pour cela l’écriture et la lecture sont importants.

Si vous étiez une chanson portugaise ; vous seriez laquelle ?

L’hymne portugais car c’est une histoire de combattants marins qui traversent des tempêtes et qui ne se permettent pas de baisser la tête… parce que l’on n’a pas le temps de baisser la tête. Les hymnes ont cela d’intéressant : ce sont les chansons qui imposent le silence.

C’est important de respecter les hymnes nationaux, non pas que le discours qu’ls propagent soient le plus pertinent du monde mais ils imposent un certain respect et Dieu que ça manque ! C’est le manque de respect qui est en train de défoncer deux, trois trucs… Ne pas respecter la planète ce n’est pas un gros souci, ne pas respecter nos semblables c’est un gros souci, ne pas respecter les étrangers c’est un gros souci.

Je pense que le mot respect est le seul mot que nous sommes en train d’oublier et le seul mot qui est la solution à tout. Les hymnes nationaux ont encore ce truc ; d’ailleurs ce qui fédère le plus c’est le match de foot, cela commence par les hymnes et les gens sont d’accord à ce moment-là. Il y a un symbole de respect dans les hymnes nationaux …Gardons ces mots : respect et culture. Si on prend conscience de ce que cela veut dire en général, normalement on va régler tous les soucis…

C’est que je vais changer le monde avec tout cela, mais c’est formidable ! (rires)

 Si vous étiez une chanson française ; vous seriez laquelle ?

L’Hymne à l’amour. Parce que l’amour est la seule chose que je ne sais pas faire et la seule chose que je sais faire. Aimer c’est la seule chose qui m’intéresse. Même si je n’aurai pas la vie entière pour apprendre à le faire correctement car nous sommes toujours un peu plus cons à un certain moment mais il y la solution à tout. L’empathie, l’amour… c’est la seule chose qui me donne envie de prendre des risques.

Si vous saviez les risques que je prends pour ce spectacle. Pourquoi ? Il y a deux trucs dans la balance : pour donner à mes enfants ce dont ils ont besoin, gâter ma femme et les gens que j’aime et pour pouvoir défendre et me battre pour la culture, des gens que je ne connais même pas, qui sont des migrants et peut-être que je ne connaitrais peut-être jamais.

Je fais des choses insensées par amour et j’ai l’impression que c’est la plus belle des erreurs à faire : aimer… Parce que finalement tous les gens qui nous blessent sont des gens que l’on a aimé… Donc l’hymne à l’amour !

A propos Nuncia Dumorné

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