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Réouverture du musée de Senlis agrandi et enrichi de nouvelles collections

Le 24 novembre 2012, date de son inauguration, le musée de Senlis rouvre officiellement ses portes au public, entièrement rénové, agrandi et enrichi de nouvelles collections .France Info Net a été convié à visiter de musée d’Art et d’Archéologie de Senlis, avant sa réouverture au public.Situé dans l’ancien Palais épiscopal de la ville, en compagnie de la conservatrice du musée, Marie-Bénédicte Astier-Dumarteau , départ pour la visite.

 

Après une importante campagne de travaux, le musée, entièrement rénové, agrandi par l’annexion d’espaces en déshérence et enrichi de nouvelles collections, sera inauguré le 24 novembre prochain, en présence de Madame Pascale Loiseleur, maire de Senlis. Actuellement, il est possible de visiter partiellement le musée. Cependant,  ce n’est qu’après la réouverture officielle des ses portes que la galerie de la Renaissance et la Chambre des Anges, encore en chantier, seront accessibles au public.

Mardi  23 octobre 2012. Nous avions rendez-vous à 12h30 à la gare du Nord. Temps matinal déplorable. On aurait presque préféré rester au chaud dans notre lit, ou filer à la Saint-Lazard, tout droit vers le sud de la France, où l’on se réjouit déjà de l’été indien. 12h49, embarquement dans le TER à destination de « Augustomagus, la ville des Sulbanectes », d’après le billet de train composté que l’on nous remet.

« Augustomagus » ? Qu’est-ce à dire ? Est-ce une blague de la SNCF, ou bien Guillaume Delcaf, l’attaché de presse d’Alembert Communication ? En vérité, à mon grand soulagement, il est bien écrit Senlis sur le billet, mais j’apprends que « Augustomagus » est le nom antique de cette ville, dont les fondations datent de l’époque gallo-romaine. En effet, la vieille ville de Senlis, ceinte de remparts gallo-romains, abrite la plus ancienne arène gallo-romaine de France.

Arrivée à la gare de Chantilly-Gouvieux. Un autocar fait la navette jusqu’à Senlis. En ce début d’après-midi, les nuages ont fait place au soleil, dont l’éclat rayonnant enlumine les maisons de la région, traditionnellement construites avec des pierres de calcaire blanc. L’autocar emprunte une route forestière qui passe à proximité du château de Chantilly, magnifique édifice perdu au milieu de la nature verdoyante, qui se teinte, en ce début d’automne, de couleurs jaunes, rouges, oranges.

Arrêt de l’autocar qui nous dépose à Senlis, au croisement des rues du Chat Haret et Villevert. Nous nous acheminons jusqu’au musée d’Art et d’Archéologie, en traversant des ruelles pavées qui mettent en péril les pieds entalonnés. Découverte du musée situé sur la place de la cathédrale Notre-Dame, d’architecture gothique, dont la flèche flamboyante s’élance droit vers le ciel.

Depuis 1981, le musée d’Art et d’Archéologie est installé dans l’ancien Palais épiscopal, bâtiment classé monument historique en 1964 et qui en lui-même d’un intérêt majeur pour la visite. Au XVIIe siècle, le Palais épiscopale est édifié sur les fondations antiques et adossé à la courtine du rempart gallo-romain. Comme l’explique la conservatrice du musée, Madame Astier-Dumarteau, le Palais a eu « plusieurs vies » avant de devenir le musée actuel : résidence de l’Evêque, siège du tribunal d’instance, atelier de Thomas Couture, un peintre natif de Senlis, qui réalisa d’ailleurs des dessins assez ironiques de la vie juridique se déroulant dans les pièces avoisinant son atelier.

14h, début de la visite. La conservatrice du musée nous accueille avec le sourire aux lèvres. Elle n’hésite pas à répondre à nos questions et nous invite ensuite à la suivre, en nous guidant selon un parcours qui se veut le plus cohérent possible et qui présente les collections par ordre chronologique. Pause café, pause toilette, petits gâteaux, et c’est parti !

Descente au sous-sol du musée, qui débouche sur une belle cave voûtée d’ogives, à partir de laquelle on accédait, au  XIVe siècle, à un réseau de galeries souterraines d’où l’on extrayait des blocs de calcaire. Pour des raisons de sécurité, ces galeries sont actuellement fermées au public. Dans la cave, fraîcheur et humidité. Elle est à la fois sombre et lumineuse, grâce à un jeu de lumières conçu par le scénographe Pierre Millville. Ce contraste d’ombres permet de mettre en valeur le rempart gallo-romain apparaissant dans la cave, ainsi que le présentoir où sont exposés 200 des 300 exvotos qui ont été mis à jour dans le temps de guérison de la forêt d’Halatte.

Dans l’Antiquité, un ex-voto est un objet intime placé dans un lieu sacré à la suite d’un vœu ou en remerciement d’une grâce obtenue. Certains représentent des individus qui dévoilent leur anatomie malade, d’autres des femmes qui souhaitent la maternité, etc. Les ex votos représentant des animaux peuvent placés en substitut d’un sacrifice animal.

Une journaliste assistant à la visite remarque en particulier un ex-voto : « Celui-ci ne représente-t-il pas un homme dont les testicules sont atrophiés ? N’est-il pas le signe d’une impuissance ? » Tandis que tout le monde éclate de rire, la conversation répond avec sérieux que « oui, effectivement, le pauvre homme était souffrant ». L’ambiance est conviviale.

Après la cave, découverte des vestiges d’une « domus », d’une maison gallo-romain, dont les vestiges, datant du I et II après J-C, ont été mis à jour dans la seconde partie du sous-sol du musée. Celle-ci se présente comme une visite de site : perchés sur une passerelle surélevée, nous avons le champ libre pour observer la maison et son « atrium », sa cour dallée, son portique… Cette scénographie réussie donne au visiteur l’impression d’être lui-même un archéologue qui se rend sur place, qui entre dans l’Histoire par la porte de cette domus.

Remontée au rez-de-chaussée, au milieu duquel s’impose par sa taille et sa stature un socle en bronze, ayant supporté par la passé un buste de l’empereur romain Claude, depuis longtemps déchu de son piédestal. Si les archéologues ont pu reconstituer le socle à partir des quelques 800 fragments débusqués près du Château Royal dans Senlis intra-muros, il n’en va pas de même pour le buste de l’empereur Claude, dont il ne reste que des éclats, de draperies, de tête, de chevelure.

Le voisin de musée du Claude « esoclé » n’est personne d’autre que l’illustre empereur Vespanien, dont le buste a pu cette fois être reconstitué. En toute objectivité, l’homme était plutôt bel homme. Exposé autour du socle, le mobilier archéologique se compose d’outils, de bijoux, de céramiques, provenant des arènes de Senlis, ainsi que du mobilier funéraire, issu en partie de la nécropole de Montataire, comme des sarcophages d’enfants datant du V-VIIe siècle après J-C.

La seconde partie du rez-de-chaussée, consacrée à la sculpture médiévale, regroupe des éléments issus du lapidaire de la cathédrale de Senlis et des églises environnantes. Plusieurs gargouilles, disposées au sol, ricanent aux quatre coins de la pièce. C’est prendre une belle revanche que d’avoir sous nos yeux celles-ci qui d’habitude, hors de portée au-dessus de nos têtes, se moquent ouvertement de nous, en toute impunité.

L’escalier des « Deux Gloires », c’est par lui qu’on accède aux pièces qui hébergent les œuvres des artistes qui font la gloire de Senlis, à gauche, Thomas Couture, à droite, Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis. A mesure que l’on monte les marches de ce bel escalier du XVIIIe siècle, on respire l’odeur qui parquet lustré, on découvre des tableaux naturalistes datant du XIXe siècle, qui s’épanouissent sur les murs dans leur nouvel accrochage plus spacieux, comme « L’abandon » de Louis Gelhay.

Premier étage. L’œuvre de Thomas Couture occupe la chapelle du Chancelier Guérin, nouvellement intégrée au musée. Réaménagée de façon à ce que les vitraux soient conservés et que l’espace d’affichage s’agrandisse, les tableaux, accrochés sur de grands panneaux, ne souffrent du contact avec la lumière. Après une carrière à Paris, Thomas Couture revenu dans la ville natale, Senlis, installer son atelier. On peut supposer que Manet, dont il fut le maître, à séjourner à Senlis, pour lui rendre visite. Thomas Couture a produit un important travail sur les portait dont le plus notable est celui d’un jeune garçon, datant de 1846, dont l’identité méconnue et le regard mélancolique rendent ce tableau mystérieux.

A droite de l’escalier, vers la salle Séraphine, passage obligé par la salle des peintures consacrées aux Beaux-Arts. L’accrochage thématique propose un fond de peintures varié surquel émergent quelques grands noms, comme Philipe de Champagne (« La fuite en Egypte », 1865), Lucas Giordano (« Philosophe » 1660), Victor Bernard, qui a réalisé un buste de Carpeaux malade, en 1874. Des célèbres familles parisiennes, qui aimaient séjourner à Senlis où l’air frais de la campagne et la nature les revigoraient, ont laissé des tableaux au musée, comme « La Guérison miraculeuse de Saint Roch » (1760), œuvre de Charles Amédée, le frère du célèbre Karl Van Hoo.

Dans le prolongement de la salle des peintures, la galerie de la Renaissance donne accès à la Chambre des Anges, qui s’intègre à l’une des tours du rempart gallo-roman. Ces deux salles rendent hommage à l’Evêque qui a occupé les lieux. Par les fenêtres lumineuses, s’offre à nos yeux le panorama de l’église Saint-Pierre. Encore en chantier lors de notre passage, les artisans s’activent consciencieusement dans cette partie du musée ; les niches attendent de recevoir les 25 sculptures bois appartenant à un maître anversois, et un panneau, le Baptême du Christ. Sur l’autel de l’ancien évêché prendra bientôt place « la Vierge de la Victoire », sculpture  en marbre précieux.

La visite du musée se termine par deux salles consacrées à la donation de Anne-Marie Udhe et au dépôt du musée d’art moderne. Elles sont vouées aux œuvres de Séraphine de Senlis, la gloire locale depuis que le film de Martin Provost est sorti dans les salles en 2008. Autour du thème floral, Séraphine associe dans sa peinture la  mystique d’une inspiration religieuse et une foisonnante nature. On trouve également des œuvres du courant dit de la peinture « primitive moderne » auquel appartenait Séraphine.

Le musée d’Art est d’archéologie est au final un très beau musée qui est le résultat d’un travail ambitieux et bien mené à son terme. Il peut être la conclusion d’un voyage dans la ville, Senlis qui offre par ailleurs un cadre de vie très pittoresque, avec sa campagne forestière très belle et un patrimoine architectural exceptionnel.

 

Infos complémentaires :

 

Horaires

Lundi-jeudi-vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h

Mercredi de 14h à 18h

Samedi-dimanche-jours fériés de 11h à 13h et de 14h à 18h

Tarifs

Billet unique donnant accès aux trois musées de Senlis
(musée d’Art et d’Archéologie, musée de la Vénerie, musée des Spahis)

Plein tarif : 4 € – Tarif réduit (groupes, 18-25 ans, Seniors etc.) : 2 €

Entrée 1 musée : 3 €

Gratuité sous conditions

Nouveautés

Visite gratuite le premier dimanche du mois

Abonnement annuel donnant accès aux collections, aux animations et aux expositions dans les

musées : Plein tarif : 6 € – Tarif réduit : 4 €

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