“14 jours pour aller mieux” au cinéma : rencontre avec Maxime Gasteuil et Edouard Pluvieux

Rares sont ceux qui ne connaissent pas l’humoriste Maxime Gasteuil. Partout où il passe, les représentations de son dernier spectacle, “Retour aux sources” affichent complet. Le 6 mars, il sera à l’affiche de “14 jours pour aller mieux”, son premier rôle au cinéma. Une comédie réjouissante, inspirée de faits réels. Ce n’est sans doute pas pour rien que le personnage qu’interprète l’humoriste s’appelle Maxime. Cadre ambitieux, il ne pense qu’à sa carrière et à son futur mariage avec Nadège, la fille de son patron. Proche du burn-out, il se voit contraint de participer avec son futur beau-frère à un stage de bien-être, encadré par Clara et Luc (formidables Zabou Breitman et Lionel Abelanski), un couple de “clairvoyants”. Il va devoir rester à la campagne pendant quatorze jours, entouré de stagiaires plus lunaires les uns que les autres….

Il y a quelques jours, la (longue) tournée d’avant-première du film a fait étape sur la Côte d’Azur. Nous avons rencontré Maxime Gasteuil, le réalisateur Edouard Pluvieux et le producteur du film, Maxime Demay, à Nice, peu avant qu’ils n’aillent présenter le film au public au Pathé Gare du Sud. Les trois hommes, qui se connaissent depuis longtemps, affichaient une belle complicité. C’est en effet Edouard Pluvieux qui assure la mise en scène des spectacles de Maxime Gasteuil et Benjamin Demay qui les produit. En toute décontraction, ils nous ont parlé de “14 jours pour aller mieux”.

Maxime Gasteuil, Benjamin Demay, Edouard Pluvieux

France Net Infos : Vous êtes actuellement en pleine tournée d’avant-premières pour le film. C’est important pour vous de venir à la rencontre du public ?

Maxime Gasteuil : Pour les humoristes, c’est important d’aller voir les gens ; on fait des tournées de spectacles. C’est notre métier. Donc venir présenter le film en avant-première, ça ne diffère pas de ce que je fais d’habitude. Je suis trop heureux de voir les retours des gens. Et puis, je m’amuse avec eux dans les salles. Je fais un peu du one man show ! On passe un super moment dans chaque salle. C’est épuisant parce qu’on rigole beaucoup !

France Net Infos :  Comment le public accueille-t-il le film ?

Maxime Gasteuil : Au début, des spectateurs nous disaient “C’est pas 14 jours mais 95 minutes pour aller mieux” et maintenant on entend : “C’est 14 minutes pour aller mieux !”. Les gens adorent le film. On est très fiers ! On a vraiment fait le film dont on rêvait. Avec Edouard, on travaille ensemble depuis dix ans. On a mis dans le film nos doutes, nos peurs, notre sincérité, notre implication. Je crois que c’est vraiment le reflet de tout ce qu’on a mis. Les gens le reçoivent de cette façon et sont touchés.

France Net Infos : Ce qui touche aussi le public, c’est peut-être aussi parce qu’il est inspiré de faits réels…

Benjamin Demay : Il y a dix ans, les spectacles de Maxime ne rencontraient pas le même succès qu’aujourd’hui. A un moment, il a eu envie d’arrêter et un ami m’a parlé d’un stage de développement personnel. J’ai proposé à Maxime d’aller dans la Drôme provençale pour suivre ce stage. On a vu des gens qui allaient mal et qui avaient d’abord essayé la psychanalyse et les médicaments. On a beaucoup ri. Au bout de trois jours, Maxime m’a dit “C’est un sketch” puis, le quatrième, il a ajouté “Non, c’est un film !”. On a donc commencé à écrire sur les profils qu’on croisait. Trois ou quatre ans après, on a embarqué Edouard Pluvieux et on est allés dans un autre stage animé par ce même conférencier. Il y avait aussi sa femme. On a croisé d’autres profils. Sur ce stage, on a compris qui on était un peu plus profondément. On peut donc vraiment dire que c’est une histoire vraie, qu’on a transposée en comédie.

Maxime Gasteuil : On n’a pas du tout voulu faire une parodie. Au contraire, on a voulu qu’il soit au plus près de la vérité pour que tout le monde puisse se retrouver. Je crois que ce film est touchant parce que tout le monde y trouve son compte à travers des personnages ou à travers certains moments de l’histoire. Le film parle aussi du mensonge, de l’identité sociale, à la parentalité. En arrivant dans le stage, mon personnage a l’impression de dominer tout le monde, en étant sûr de là où il va alors que tous les autres sont dans le moment présent. En fait, il ne sait rien du tout et c’est lui qui est le plus perdu.

Edouard Pluvieux : Quand on retourné en stage pour écrire le film, on y était en observateurs mais on a rencontré des gens qui souffraient vraiment. On s’est dit qu’on ne pouvait pas se moquer d’eux et être irrespectueux à leur égard. Toute notre volonté était donc de faire rire mais de ne jamais être dans la parodie.

France Net Infos : Dans le public des avant-premières où vous avez pu aller jusqu’à présent, y-a-t’il des gens qui ont suivi des stages de bien-être ?

Edouard Pluvieux : Oui, récemment, une dame qui anime ce genre de stages est venue nous voir et elle a dit qu’elle allait conseiller à ses “patients” de voir le film. Le meilleur moyen d’aller mieux, c’est de rigoler ! On ne se moque pas des gens qui font ces stages. On rit avec eux !

France Net Infos : Dans le film, il est aussi question des rapports que l’on peut avoir avec ses parents…

Maxime Gasteuil : On a mis un peu de nous trois dans le film. Je suis un enfant d’artisan et je viens de la campagne. C’est  vrai qu’il y a eu des moments dans ma vie où je gravitais dans des milieux qui n’étaient pas les miens et où je me demandais pourquoi mon père travaillait plus que les autres en n’ayant pas tout ça. Il y a aussi eu des moments où je me suis inventé une vie. C’est là où on se trouve très con. Le bonheur est souvent sous notre nez et on va le chercher ailleurs, dans quelque chose qui n’existe pas. Je suis tellement fier d’avoir des parents qui s’aiment encore et qui pensent à leurs enfants avant eux, quand ils se lèvent. Beaucoup de gens nous parlent de leurs relations avec leurs parents quand ils voient le film. C’est touchant. La source, c’est la famille ! Quand on a un bobo, on va chez les parents. D’où le titre de mon spectacle !

France Net Infos : C’est votre premier rôle au cinéma. Aimeriez-vous aller vers un registre plus dramatique ?

Maxime Gasteuil : Je fais rire les gens et j’espère que ça va durer le plus longtemps possible ! Par chance, Edouard Pluvieux a plein de scénarios sous le coude. On espère donc faire de jolis films ensemble. Sinon, à contre-emploi, j’adorerais tourner avec Olivier Marchal. Si un jour il me propose quelque chose, je serais ravie.

Edouard Pluvieux : La première fois que j’ai vu Maxime sur scène, j’ai été convaincu qu’il allait faire du cinéma. Il a cette dimension d’acteur. En tant que réalisateur et ami, je ne voulais pas rater son premier long métrage dans le premier rôle. Je suis sûr que d’autres réalisateurs vont lui proposer plein de rôles différents !

France Net Infos : Alors, quel est votre prochain film ensemble ?

Maxime Gasteuil : On va tourner en juin-juillet une comédie familiale, dans la nature. Maxime va former un duo avec Ragnar Le Breton.

“14 jours pour aller mieux” d’Edouard Pluvieux avec Maxime Gasteuil, Zabou Breitman, Lionel Abelanski, Chanyal Lauby, Michel Boujenah, Romain Lancry, Bernard Farcy…

Maxime Gasteuil sera à Monaco avec son spectacle “Retour aux sources”, le 13 avril à l’Espace Léo Ferré.

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