Youn Sun Nah en concert le 8 août à Saint-Jazz-Cap-Ferrat : interview

La chanteuse coréenne Youn Sun Nah ouvrira la 12e édition du festival Saint-Jazz-Cap-Ferrat le 8 août. Elle vit une grande partie de l’année en France et connaît bien la Côte d’Azur. Elle s’est déjà produite plusieurs fois à Jazz à Juan, Nice Jazz Festival et même à Saint-Jazz-Cap-Ferrat. A chacun de ses concerts, Youn Sun Nah enchante le public, comme envoûté par sa voix unique, tantôt douce, tantôt puissante. Sa tournée estivale s’achèvera en France à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans le cadre magnifique du Jardin de la Paix, face à la mer. Accompagnée de Benjamin Moussay au piano, elle interprètera les chansons de l’album Elles, paru en janvier dernier. Un titre court mais qui en dit long sur le contenu de ce dernier album qui revisite des chansons célèbres, interprétées par des artistes féminines. Dans ce florilège, se côtoient ainsi Grace Jones, Bjork, Roberta Flack ou encore Edith Piaf.

Alors qu’elle venait d’arriver en Espagne, à San Sebastian, pour un concert, Youn Sun Nah a eu la gentillesse de nous accorder une interview par téléphone. Sa voix est douce et il n’est pas difficile de deviner qu’elle sourit en nous parlant. C’est avec enthousiasme qu’elle a évoqué pour nous cette tournée et cet album réunissant ces chansons et ces femmes qu’elle admire tant, comme des amies qui l’accompagnent depuis longtemps.

France Net Infos : Au cours de cette tournée, vous interprétez des titres de votre album Elles, où vous rendez hommage à des chanteuses que vous admirez. Comment est né ce projet ?

Youn Sun Nah : Au départ, je voulais enregistrer un album de standards du jazz. Ca ne s’est pas fait mais en sélectionnant des morceaux, je me suis aperçue que même les chansons contemporaines étaient comme des standards pour moi. J’ai alors décidé de ne pas limiter l’époque et j’ai choisi des morceaux que j’aime, de chanteuses que j’admire depuis très longtemps. Au début, j’avais sélectionné une cinquantaine de titres. J’ai dû faire un tri et ça n’a pas été facile !

France Net Infos : Parmi toutes ces chansons, vous avez choisi « La foule » d’Edith Piaf. Pourquoi ?

Youn Sun Nah : J’aime beaucoup les chansons françaises. Je connaissais Edith Piaf avant de venir étudier en France. J’adore les paroles de « La foule » : elles racontent une histoire courte mais intense. Pour moi, cette chanson résume un peu la vie. Je la chante comme une ballade très triste. J’adore les chansons tristes !

France Net Infos : Les chanteuses dont vous reprenez certains titres et auxquelles vous rendez hommage sont des artistes et des femmes qui ont eu un parcours parfois difficile. Elles vous ont inspirée ? Sont-elles comme des modèles pour vous ?

Youn Sun Nah : Pour moi, ces chanteuses ont vraiment pris des risques. Elles m’impressionnent. Nina Simone est une chamane musicale. Lorsqu’elle interprétait un titre, peu importe lequel, elle le faisait comme si c’était sa propre composition. Quant à Bjork, on a l’impression qu’elle est timide mais elle devient comme une lionne sur scène. Elle peut faire peur mais c’est tellement puissant ! Je la considère comme un génie de l’auto-réinvention. Elle est très créative. Grace Jones est tout ce que je ne suis pas ! Maria Joao, une chanteuse portugaise, m’a montré qu’il n’y a pas de limites dans le jazz. Elle peut tout faire avec la voix. Quand je suis arrivée en France et que j’ai commencé à écouter des chanteuses de jazz, j’étais désespérée parce que ma voix n’était pas comme celles de Billie Holiday ou Ella Fitzgerald par exemple. En les écoutant, je me suis dit que je pouvais quand même chanter le jazz avec ma voix. Elles m’ont vraiment encouragée !

France Net Infos : Avez-vous déjà eu l’occasion de voir sur scène ou de rencontrer certaines des chanteuses qui figurent sur votre album ?

Youn Sun Nah : Bjork a chanté en concert une fois en Corée. Je suis allée la voir et j’ai été vraiment impressionnée. Pendant tout le concert, elle n’a pas prononcer un seul mot à part « thank you ». Elle est incroyable !J’ai aussi vu Roberta Flack, à Vienne, en France. Elle chantait toute seule avec son piano. C’était un moment inoubliable. J’ai rencontré Maria Joao. Elle m’a embrassée. J’était tellement émue ; je pleurais !

France Net Infos : Parmi toutes ces chanteuses, vous citiez Bjork qui est plutôt timide et qui s’exprime avec beaucoup de force sur scène. Dans une certaine mesure, vous avez des points communs avec elle : la timidité, la créativité, l’audace…

Youn Sun Nah : Je suis quelqu’un de très timide. Je ne sais pas pourquoi, j’arrive à trouver du courage sur scène. Je me sens très libre quand je suis en concert. Je n’arrive pas à l’expliquer. Je sens l’amour que me porte le public. C’est tellement fort que j’arrive à le sentir, à le toucher. C’est très physique.

France Net Infos : Le public français vous apprécie beaucoup. Vous avez été faite chevalier des Arts et des Lettres. Que représente cette distinction à vos yeux ?

Youn Sun Nah : Au départ, je pensais que c’était une erreur ! Je n’ai rien fait pour l’avoir. C’était un moment exceptionnel. Mes parents étaient très émus. Dix ans après, j’ai été promue au rang d’Officier des Arts et des Lettres. J’ai été encore plus émue. C’était comme si on avait toujours pensé à moi. J’ai vraiment envie de donner le plus possible au public français.

France Net Infos : Avez-vous déjà en tête un autre album ?

Youn Sun Nah : Je suis en train d’y réfléchir. Je ne sais pas encore quand ni quoi enregistrer mais je commence à y travailler psychologiquement ! Ce sera peut-être pour le début de l’année prochaine…

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