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3 questions à … Pascal Houmard, auteur des Enquêtes de Crystal

Nous vous avions présenté il y a peu le premier tome des Enquêtes de Crystal : La Surnommeuse de Pascal Houmard aux éditions Mon Village. Le second tome : L’affaire Saint-Roch est sorti il y a un an pile, c’était l’occasion d’en connaitre un peu plus sur cet auteur bourré de talent.

Pascal Houmard a donc accepté avec enthousiasme de se répondre à nos 3 questions à … :

Pascal Houmard

FranceNetInfos : Bonjour Pascal, avec la culture que tu détiens, comment se fait-il que tu aies choisi comme genre littéraire le polar pour t’exprimer plutôt que l’essai ou le roman historique ?

Pascal Houmard : Tout est parti de ma nostalgie de Lausanne, ville qui m’a vu naître et parvenir à l’âge adulte, avant que je la quitte pour m’établir à l’autre bout du canton de Vaud. Convoquer cette cité dans un projet d’écriture, en en faisant le décor principal des Enquêtes de Crystal, presque un personnage, était ma façon de réduire la distance avec Lausanne.

Concernant le genre littéraire, celui du roman policier s’est vite imposé car j’avais envie de mettre en avant une police dont on parle peu, qu’on méconnaît même, alors qu’elle exerce un rôle essentiel : la police municipale. Son commandant d’alors, à la retraite depuis janvier 2019, avait été mon capitaine à l’armée ; j’avais trouvé là une occasion de reprendre contact, après bien des années, avec un homme qui a compté, sans doute plus qu’il ne l’imagine.

En écrivant une trilogie policière littéraire émaillée de références et d’intertextes culturels, d’une forme peut-être inattendue et difficilement classable, mélange de réalisme policier et de roman d’amour, je devinais confusément que je partais dans une littérature de niche. C’était peut-être le prix à payer pour ne pas m’ennuyer et même bien m’éclater !

La Surnommeuse

FNI : Justement, j’ai beaucoup apprécié tous les jeux de mots qui parsèment tes deux livres, en quoi est-ce si important pour ton style de jouer avec les sonorités et les sens cachés des mots ?

PH : Derrière la plupart de ces jeux de mots se dissimule une recherche de sens, qui passe souvent par l’étymologie, donc, pour la langue française, par le latin et le grec : or ce cheminement linguistique vers la source d’un mot nous fait évoluer à contre-courant. C’est plus difficile que de se laisser porter, c’est sûr, mais, pour moi en tout cas, tellement plus intéressant !

Naviguer à contre-courant, c’est aussi ce que fait l’héroïne de notre « thrillogie » : sa « surnommite » la conduit à déformer des noms, mais aussi à « former des non », c’est-à-dire à ne pas se conformer aux codes sociaux et professionnels voire à les réformer. Cela permet aussi à Antigona d’adopter une distance mentale qui lui fait mieux appréhender l’autre dans ce qu’il a de différent et qui l’aide à l’apprivoiser. Si nommer revient à détenir un pouvoir sur ce qu’on nomme, alors surnommer devient une sorte de super pouvoir…

FNI : En effet, tu détiens le super pouvoir de nous divertir ! A la lecture de tes deux polars des Enquêtes de la Commissaire Crystal, j’ai ressenti un fort attachement autant aux personnages qu’à la trame narrative, j’aimerais beaucoup savoir comment tu construis tes histoires, comment tu les développes ?

L’affaire St Roch

PH : Même si chaque texte a sa propre genèse, leur rédaction suit un processus commun : je fixe le synopsis dans ses grandes lignes, des lignes assez grandes pour laisser un espace de liberté aux personnages ; ils ont d’ailleurs tôt fait de m’échapper, mais c’est une échappée bizarre car ils reviennent sans cesse, amenant l’instauration d’un dialogue mental entre eux et moi. Pour vous donner un exemple : dans le texte que je suis en passe d’achever, un roman historique basé sur des faits réels survenus il y a deux mille ans, un personnage, totalement fictif et que je destinais à un rôle tout à fait secondaire au départ, a obtenu, à force de réclamations, de jouer les premiers rôles, ou peu s’en faut !

Si je reviens à Antigona Krestaj, elle m’a été inspirée par plusieurs archétypes, notamment la mythique Antigone, cette fille d’Oedipe sans complexe, et le personnage de Silvia Conti, une juge anti-mafia apparaissant dans la série télé « La Piovra » et incarnée par la sublime Patricia Millardet. Très vite, Antigona, en bonne « Surnommeuse », a pris ses distances avec ses modèles de départ, même si elle conserve des traits distinctifs pour qui les connaît, comme il en va des enfants dans ce qu’on appelle la vraie vie…

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Un commentaire

  1. Tout d’abord, MERCI pour cette interview.
    Ensuite, mon éditeur et moi-même boycottant amazon, nous invitons les lectrices et lecteurs à recourir aux autres vendeurs, votre librairie préférée, notamment. 😊

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