Une jeune actrice pense faire ses débuts au cinéma lorsque la MGM la convoque pour un événement. Seule contre Hollywood, elle se retrouve avec toutes ses camarades embarquées dans une soirée masculine, où elles ne sont là que pour satisfaire l’ego de ses messieurs de la machine hollywoodienne.
Une histoire vraie, mise en images par Halim, pour pointer du doigt un mouvement patriarcal bien rodé, mais surtout donner un hommage à la première actrice à avoir dénoncé le système en 1937.
À retrouver le 20 février 25 aux Éditions Steinkis.(+14)

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Le décor :
William Brennan, Juge à la Cour Suprême des États-Unis, 1973
« Notre nation a une longue et malheureuse tradition de discrimination sur le sexe, légitimée par une attitude de « paternalisme romantique », qui a pour effet de placer les femmes, non pas sur un piédestal, mais dans une cage. «
Mont Lee, Los Angeles, 1932…
Une jeune femme escalade la lettre H, de la fameuse enseigne surplombant la ville. Dans un moment de déprime intense sur sa vie, elle s’élance dans le vide…
Los Angeles, 1937…
La mère de Patricia n’en revient pas. Patricia, sa fille, est castée avec 120 jeunes autres filles par le plus grand studio de cinéma de l’époque : la Metro Goldwin Meyer (MGM). Elle est si fière, même si Patricia ne le voit pas du même œil. Celle-ci s’étonne des costumes qu’on leur demande de porter. Des « déguisements » de cow-girl, un peu trop sexy à son goût.
Pourtant, devant l’insistance de sa mère, persuadée que c’est le début de la gloire, c’est à contre cœur qu’elle accepte le contrat.
Le jour de la convention annuelle de la MGM arrive. Patricia passe sa matinée plus excitée à l’idée de sa journée, qu’angoissée. Avec un nombre incroyable d’autres jeunes filles qui ont la vingtaine, elles embarquent dans un bus qui passe les chercher pour les emmener au studio afin d’être maquillées.
Pendant le trajet, chacune se félicite de gagner 7 dollars 50 pour la soirée. Et, ou elles pourront profiter d’un repas chaud !!!
Après la séance de maquillage, et avoir enfilé leur accoutrement, on les fait asseoir à des tables dans une immense salle.
De l’autre côté, dans les studios de la production, on commence à fêter les 14 millions de dollars de bénéfices du studio. Et c’est plus de 100 hommes, qui y ont été invités….
Patricia avait pressenti la soirée… Elles sont données en pâture comme « hôtesse » aux acteurs de la machine du studio…

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Le point sur la BD :
Halim retrace pas à pas les débuts tragiques et historiques du patriarcat… L’argent, la masculinité et la sécurité contre la vérité, les drames immondes et la vie de centaines de femmes. On suit le récit de la première « actrice » ayant dénoncé le système : Patricia Douglas. Une jeune femme âgée à peine de 20 ans. Soutenue par un avocat qui fait passer son intérêt pour son histoire de viol, pour une affaire personnelle. Ce qui ne dure pas longtemps devant les intimidations nombreuses. Les arrangements financiers. Et les « coups bas » de la grande machine du cinéma.
Une dénonciation nécessaire pour comprendre le déroulement de ce qui donne jusqu’à nos jours, du pouvoir à « l’homme ». Pourtant, l’auteur nous rappelle, preuve à l’appui, que les grandes idées, comme beaucoup dans l’art. Le milieu scientifique ou médical, commencent la plupart du temps avec un cerveau féminin !!! Seule contre Hollywood, pourrait également se nommer, seule contre le patriarcat installé depuis des décennies dans nos sociétés.
Un rappel, plus que d’actualité, que les Éditions Steinkis nous proposent de suivre, comme un polar à l’ancienne avec des illustrations en sépia. Les graphismes réalistes et les reconstitutions architecturales sont incroyables !

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La conclusion :
Au premier coup d’œil, lorsqu’on voit cette œuvre, intitulée « Seule contre Hollywood », on pense que tout ça, n’est qu’une énième histoire racontée. Que c’est du « cinéma ». Une sorte de polar noir écrit et composé par Halim. Et puis lorsqu’on découvre que c’est une histoire vraie, on prend conscience que toute cette machine patriarcale débute bien avant toutes les manifestations actuelles à propos du respect des femmes. Et que l’on a certainement encore du chemin à parcourir sur le sujet, mais surtout que le combat est journalier. Une superbe et dramatique reconstitution des faits à découvrir grâce aux Éditions Steinkis.
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