Phénomène mondial affichant complet chaque soir depuis plus de 35 ans, Bugs Bunny à l’Orchestre symphonique s’installe les 8 et 9 mai 2026 au Le Grand Rex. Un ciné-concert aussi jubilatoire que virtuose, où l’âge d’or de l’animation américaine rencontre la noblesse du répertoire symphonique.

Il y a des rendez-vous qui sentent bon l’enfance. Des madeleines visuelles et sonores qui conjuguent mémoire collective avec exigence artistique et traversent les décennies sans prendre une ride.
Dans l’écrin Art déco du plus grand cinéma d’Europe, les irrévérences de Bugs Bunny et de la galaxie Looney Tunes se déploient avec une ampleur nouvelle, portées par la puissance d’un orchestre en direct.
Quand on pense à Bugs Bunny et aux Looney Tunes, la musique est rarement la première chose qui nous vient à l’esprit. Le générique, peut-être, mais le plus souvent la bande originale qui accompagne les dessins animés ayant bercé l’enfance de nombreuses générations. Pourtant, dès que l’on y prête attention, la musique classique y occupe une place centrale.. C’est précisément le sujet de ce concert, Bugs Bunny à l’Orchestre symphonique. . Non seulement ces films d’animations convoquent des extraits d’opéras, de ballets et de grandes pages symphoniques, mais leurs partitions originales les réinventent avec finesse, les adaptant à l’image sans jamais en trahir l’essence.
Ce ciné-concert repose sur un concept simple et redoutablement efficace : une soirée de projection de dessins animés des studios Warner Bros., accompagnés en direct par un orchestre symphonique. Cette nouvelle version propose 16 courts métrages emblématiques — de Quoi de neuf, Doc ? à Rhapsodie à quatre mains, en passant par Le Lapin de Séville ou Bunny chef d’orchestre — enrichis de cinq créations inédites.
À l’écran, Daffy Duck, Elmer Fudd, Wile E. Coyote et Road Runner poursuivent leurs éternelles querelles et rivalisent de gags, tandis que la fosse vibre au rythme des musiciens qui restituent avec une précision d’orfèvre chaque accent musical.

Car l’humour des Looney Tunes, fondé sur le gag visuel, l’absurde et le jeu de mots, conserve une efficacité intacte. Mais c’est dans la rencontre avec la musique que le spectacle trouve sa pleine mesure. Les partitions, interprétées en direct, confèrent à chaque scène une profondeur nouvelle. Des œuvres aussi célèbres que Le Beau Danube bleu de Johann Strauss II ou La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner s’entrelacent avec les images, créant une alchimie rare, sublimant ainsi chaque poursuite et chaque chute. L’espace d’une soirée, le spectateur retrouve la fraîcheur de son regard d’enfant.
Conçu par George Daugherty et David Ka Lik Wong, tous deux récompensés par un Emmy Award, ce spectacle s’affirme comme un ciné-concert unique en son genre. Il rend hommage aux partitions de Carl Stalling et Milt Franklyn, dont l’écriture, nourrie des influences de Gioachino Rossini, Franz Liszt ou encore Wagner et Strauss et constitue un véritable pont entre culture populaire et tradition savante. Sous les archets et les cuivres du Yellow Socks Orchestra, ces partitions retrouvent leur pleine dimension.
Véritable passerelle entre les générations, le spectacle touche par son universalité. « En regardant les Looney Tunes, nous recevions sans le savoir une formidable leçon de musique classique », rappelle George Daugherty. Les adultes y retrouvent les plaisirs de l’enfance, tandis que les plus jeunes découvrent la richesse d’un patrimoine musical souvent insoupçonné.
Sur scène, le chef américain mène la danse avec précision et humour. Il ponctue la soirée d’anecdotes savoureuses et lève le voile sur la technique du click track, système de synchronisation entre image et musique inventé par Carl Stalling il y a plus de 70 ans. Une mécanique d’orfèvre, aujourd’hui utilisée dans toute l’industrie du cinéma qui impressionne là où chaque geste musical épouse parfaitement l’action à l’écran. L’exactitude de l’interprétation dans les séquences les plus rapide relève d’une véritable prouesse.
Pour cette escale parisienne, c’est le Yellow Socks Orchestra qui assure la partition. Spécialiste du ciné-concert, l’ensemble s’est illustré notamment en décembre dernier à la Salle Pleyel avec Broadway Symphonic. Sa précision, son dynamisme et son sens du spectacle en font un interprète idéal pour cette fresque musicale aussi exigeante que ludique.
Entre éclats de rire, virtuosité musicale et nostalgie assumée, Bugs Bunny à l’Orchestre symphonique s’annonce comme une expérience à part. Cette aventure symphonique où l’excellence musicale épouse l’humour intemporel traverse les générations sans rien perdre de sa vitalité. Les 08 et 09 Mai prochain ce show devrait séduire un public large, des amateurs éclairés aux spectateurs les plus jeunes.
Th-th-th-that’s all folks !
Jean-Christophe Mary
Le Grand Rex. 1-5, boulevard Poissonnière, 2e. A 20h30. De 35 à 79 €. www.legrandrex.com
Réservations : https://www.u-play.fr/bugsbunny
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