
Vous avez été coureur dans les années 90. Grand espoir, je me souviens de votre victoire sur une étape de Paris Nice, votre victoire au championnat de France en 1996 avec la même année le port du Maillot jaune pendant 3 étapes sur le Tour, alors que vous n’aviez que 25 ans. Quel regard portez-vous sur ces années ? Cela reste une première partie de vie où j’ai fait de ma passion, mon métier. J’ai toujours été passionné par mon sport mais beaucoup moins par le milieu dans lequel j’ai vécu. Cependant, je ne regrette pas mes choix, j’ai toujours choisi ma route et je suis heureux d’avoir accompli mes rêves.
Je rappelle aussi que vous avez côtoyé le plus grand de l’époque en étant équipier de Miguel Indurain. Quels souvenirs en gardez-vous ? Peu de coureurs ont marqué mon esprit par leur exemplarité et leur comportement. Je n’en retiens que 2 : Charly Mottet que j’ai côtoyé chez RMO ma première année professionnelle et Miguel Indurain, mes 3 ans chez Banesto. Charly le méticuleux, le pointu, la vraie classe discrète et Miguel, la force tranquille, l’imperturbable. Ce sont pour moi de vrais champions car ils le sont restés après leur carrière…ce qui ne l’est pas pour tout le monde.

Quelle est votre activité aujourd’hui ? Suite à la fin de la structure professionnelle « Sojasun », j’ai entamé une formation à HEC Paris afin d’acquérir les outils nécessaires pour accompagner des leaders, des dirigeants d’entreprise, des cadres commerciaux, des managers, des équipes commerciales… Je suis coach d’entreprise diplômé, riche de mon parcours de vie et des expériences qui ont fait l’homme que je suis aujourd’hui. C’est épanouissant et très nourrissant de permettre à mes clients d’aller chercher en eux les réponses à leur questionnement selon leur posture. Je voyage entre Lille, Paris, Rennes, Nantes et Bruxelles pour répondre aux différentes sollicitations.
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Pratiquez-vous toujours le vélo, juste pour le plaisir ? Non jamais, je cours beaucoup par contre. Pédaler est encore trop synonyme de souffrance pour moi et ce chapitre là est définitivement clos.
Suivez vous toujours avec la même passion les résultats des courses cyclistes et plus particulièrement le Tour de France ? Je regarde, je m’intéresse aux stratégies (quand elles existent…) mais ce n’est évidemment plus avec le même oeil que par le passé.
Le Tour vient de débuter. Sur la deuxième étape, Froome et Contador ont pris les devants face à Nibali et Quintana. On risque donc d’avoir une belle bataille dans la montagne. Quel est votre favori ? Je suis souvent bluffé par le sens tactique de Contador et sa capacité à rendre les courses folles. Il ne baisse jamais les bras, exploite toutes les opportunités, il est plein de surprises et ça j’adore. Il reste mon favori de coeur mais je mets une pièce sur Nairo Quintana même s’il a perdu du temps à Zélande et qu’il risque d’en reperdre encore sur les pavés.
Parmi les français, beaucoup ont été piégé sur la deuxième étape, Pinot, Bardet et Péraud principalement. Barguil et Gallopin étaient les 2 seuls français à l’avant. L’an dernier il y avait eu le même genre d’étape avec Nibali à l’avant. Contador et Froome s’inscrivent donc comme les 2 grands favoris. Qu’en pensez-vous ? Le Tour est long, piègeux, rien n’est perdu pour ceux qui se sont retrouvés à 1’30 hier mais le Tour est parti sur des bases exceptionnelles d’un point de vue du suspense.
Quel français voyez-vous le mieux classé à l’arrivée le 26 juillet prochain ? Je vois bien une révélation Barguil. Je ne crois ni à la chance ni au hasard et hier, il a bien géré son étape, même si ce n’était pas son terrain favori. De plus il est breton même si je vis aujourd’hui en Belgique, mon esprit « régional » joue encore mais je crois en lui.
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