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Lettre sans mots de Bénédicte Fichten

Pour son premier roman, Bénédicte Fichten s’attaque à un sujet difficile l’adultère. Vous me direz encore et je vous répondrai que cette fois-ci le thème est abordé du point de vue de l’amante. Souvent les romans nous apportent la vision de la femme trompée qui découvre l’affront ou la vision de l’homme empêtré dans ses mensonges.

 


Aujourd’hui, le lecteur se trouve confronté à la réalité de cette femme amoureuse d’un homme marié. La narratrice n’ignore pas le fait que cet homme est uni à une autre femme, mais son attirance est démesurée. Elle souffre de ses absences, elle est consciente qu’il ne quittera jamais sa famille. Elle puise des ressources inimaginables pour posséder cet homme. Bénédicte Fichten dépeint à la fois une femme qui souffre et une femme heureuse. La narratrice fuit sa relation à travers d’autres hommes. Mais cette fuite ne fait que ressasser des souvenirs de l’être tant aimé.

De cette relation fugace et intense naîtra Ulysse (nom emprunt d’histoire Pénélope attendant l’amour de sa vie) dont Serge ignorera son existence. La narratrice contemple avec émerveillement l’évolution du plus beau de ses secrets.

Ce roman est écrit sous la forme de la rêverie, la narratrice transcrit sa passion dévorante par le biais de mots salvateurs que Serge ne recevra jamais.

Si les mots sont salutaires, la nudité et l’appropriation du corps (du sien et celui de l’autre) sont une résurrection. Bénédicte Fichten décrit la découverte du naturisme comme une jouissance de l’homme retrouvé.

Son histoire rêvée est illustrée par Karl Lakolak, artiste qui a su capter la souffrance et la passion de cette union.

Ce premier roman est prometteur et annonciateur d’une nouvelle romancière à succès.

 

Voici quelques citations tirées du roman:

 

 » Et, sur mes draps, il y a quelques mois maintenant, tu as enfin posé ta chevelure et bercé nos corps de caresses. Carpe Diem. »

 » J’ai l’écriture salvatrice : vous m’avez ouvert votre maison, je m’accrocherai à vous comme Sakuntala à son époux. »

 » Souriante, je m’étais assise. J’avais chaud. Et savais. Que ton épouse t’avait repris. »

 » Sensation de liberté ! Mon corps tout entier entre dans l’eau sans entraves. Sans maillot. »

 » Le vingt-et-unième siècle, obnubilé par le culte du corps, cache derrière son image un peu trop parfaite les tourments de millions de gens qui s’empressent aux cours de gymnastique et autres musculations du Moi. »

 » Je ferme les yeux…Est-il possible que tu sois encore présent, Serge, dans ces moments, que je te vois allongé à mes côtés sur ces draps, où repose un autre corps d’homme ? »

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Un commentaire

  1. J’ai eu l’occasion de lire se livre récemment et cette romancière à un véritable talent ! surtout sur un thème comme l’adultère ou elle se débrouille à merveille !

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