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Nouvelle Collection Ocora : Focus sur les musiques traditionnelles à Radio France !

Radio France présente une collection de disques spécialisée dans ces musiques que l’on nomme « traditionnelles. Ces archives sonores sont le fruit  d’expressions musicales authentiques collectées sur le terrain, d’enregistrements de concerts, ou en studio de musiciens ressuscitant d’anciennes traditions musicales. Chaque année, les 33 tours édités par OCORA depuis les années 60 sont repris et à ce jour, plus de deux cents disques ont été édités alliant l’intérêt scientifique ethnologique contenu dans les livrets trilingues d’une trentaine de pages très documentées et la beauté artistique de la musique. Ils sont toujours réalisés sous la direction d’ethnomusicologues retenus pour leur spécialisation dans la culture présentée et parfois en collaboration avec le réseau des radios européennes. Suivez le guide.

 

Corée - Ile De Jindo (Chants funéraires et chamaniques - Funeral and Shamanic Chants)

Corée. Ile de Jindo. Chants funéraires et chamaniques

 

L’île de Jindo se présente comme un véritable conservatoire d’une culture originale. Dans ce CD, de grands maîtres de la tradition présentent rituels chamaniques et funéraires qui, au-delà de toute tristesse, sont marqués par les réjouissances de la communauté.

Jindo est la troisième plus grande île située dans le sud-ouest de la péninsule coréenne. Elle a toujours préservé une culture traditionnelle originale jusqu’à ce qu’un pont, construit en 1984, la relie au continent. L’île, également réputée pour ses créations artistiques, possède neuf biens culturels intangibles dont trois sont inscrits auprès de l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité : le ganggangsullae (danse et chants traditionnels) ; le nongak (ensembles de musique, danse et rituels communautaires) ; le chant arirang. Une partie de ces biens immatériels est présentée dans ce disque : le ssitgim-gut, le sangyeo-sori et le namdo-japga.

Les rites funéraires de l’île de Jindo, dont le ssitgim-gut, témoignent de la survivance de pratiques chamaniques datant de l’Antiquité. Le rite ssitgim-gut, composé de cérémonies spécifiques accompagnées de musiques surprenantes, constitue un patrimoine d’une grande importance pour la culture collective des funérailles villageoises ; ces dernières se déroulent dans une ambiance de fête et nécessitent généralement la maîtrise des instruments suivants : le tambour en forme de sablier janggu, le hautbois piri, la cithare à archet ajaeng et le gong jing.

Le ssitgim-gut a également permis de développer le sinawi, musique d’ensemble improvisée dont l’interprétation exige de la part des musiciens deux qualités indispensables : musicalité exceptionnelle et technique instrumentale irréprochable.

 

Centrafrique. Musique Gbáyá – Chants à penser

Des chants d’intimité accompagnés à la sanza (« piano à pouces ») et aux hochets,d’un important peuple centrafricain. Le répertoire de la musique des Gbáyá est constitué pour l’essentiel de chants liés à toutes sortes d’activités : chants d’amour, d’amusement, berceuses, chants de conte, de deuil, de chasse etc. ; nous présentons ici les chants à penser.

Les chants à penser, répertoire privilégié des hommes, nécessitent une instrumentation : celle-ci fait appel en premier lieu à la sanza, instrument composé d’une petite caisse en bois sur laquelle sont fixées des lames métalliques. Ces dernières proviennent (pour la région qui nous occupe ici, notamment le village de Ndongué) de matériaux de récupération : baleines de parapluie, et surtout rayons de roues de bicyclettes, travaillés à la forge. Ceci explique une certaine fragilité de la qualité de résonance de ces lames : elles ont, en effet, tendance à se ramollir à force d’être percutées, et il faut aller périodiquement à la forge pour les travailler à nouveau.

Pour accroître l’efficacité de l’instrument, les musiciens emploient diverses techniques : les lames sont entourées de petits anneaux métalliques (un ou deux) dont la vibration prolonge le temps de résonance. De plus l’instrument est placé à l’intérieur d’une calebasse (ou d’une caisse en bois) pour augmenter le volume sonore. Enfin pour une exécution en groupe, les musiciens ajoutent une seconde sanza beaucoup plus grosse et plus grave que la première. Un hochet (ou une paire de hochets) et des bâtons entrechoqués complètent l’instrumentation.

 

Baloutchistan (La tradition instrumentale / The Instrumental Tradition) [Archive Series]

Baloutchistan. La Tradition instrumentale

Sorud – benju – doneli

Les instruments essentiels de la musique baloutche figurent sur ce CD ­– le plus éminent (la vièle sorud), le plus ancien (la double flûte doneli) et le plus récent et plus brillant (la cithare benju) – qui présente l’art d’un peuple nomade épris de liberté, vivant au jour le jour et toujours en déplacement.

C’est à partir du XVIIIe siècle que se forma l’entité nationale baloutche à laquelle se rallièrent des tribus diverses (à travers le Pakistan, le sud-est de l’Iran, l’Afghanistan et les Émirats du golfe Persique), la condition essentielle étant l’adoption de la langue. C’est probablement à cette époque que se développa une poésie épique qui servit à rassembler tous les groupes et sous-groupes qui sont considérés comme baloutches. Si la langue est le facteur essentiel d’une cohésion culturelle, que l’on considère comme remarquable compte tenu de l’hétérogénéité de la société, la musique, qui met en valeur la poésie, est elle aussi un élément important du sentiment d’unité nationale.

La musique baloutche doit son développement extraordinaire en grande partie à une caste ou ethnie appelée ostâ, terme qui signifie « maître » au sens d’artisan ou d’artiste. Dans presque tous les cas, les musiciens appartiennent à cette catégorie sociale qui regroupe notamment les forgerons, les orfèvres et les menuisiers. S’ils occupent une position sociale modeste, ils peuvent se targuer de lignées prestigieuses ; cette ascendance est exprimée par la formule consacrée que beaucoup de musiciens avancent avec fierté : haft posht, « sept antécédents », c’est-à-dire sept générations de musiciens derrière eux.

 

Jean-Christophe Mary

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