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Parcours d’art contemporain 2014 au Domaine de Chaumont-sur-Loire

Les organisateurs et les artistes lors du discours d'inauguration au Château de Chaumont-sur-Loire
Les organisateurs et les artistes lors du discours d’inauguration au Château de Chaumont-sur-Loire

Le Domaine de Chaumont-sur-Loire présente l’édition 2014 de son parcours d’art contemporain, invitant un nouvel artiste en résidence pour trois ans, le Mexicain Gabriel Orozco. Celui-ci utilise une multiplicité de médiums et de supports différents pour concevoir et réaliser son œuvre, souvent inspirée par la terre, l’eau et le vent.  S’imprégnant des signes, des traces, des empreintes, quels que soient les sites où se pose son regard, désireux de s’imprégner des reflets du réel. À Chaumont-sur-Loire, Gabriel Orozco aa porté toute son attention vers un détail très anodin, les papiers peints mille-fleurs toujours visibles dans un lieu non restauré du château, sous  la soupente du dernier étage du bâtiment. À suivre…

Quelques repères

Il faudra attendre encore un peu avant de découvrir l’œuvre monumentale en cours de réalisation par Chris Drury, Carbon Pool, Remous de carbone, dans le parc du Goualoup.  L’artiste britannique est en train de réaliser une puissante spirale dans un savant  dialogue avec de grands cèdres du temps de la Princesse de Broglie.

Est par contre déjà installée une autre œuvre monumentale, celle de Nikolay Polissky, dans le Parc Historique. Il déploie à l’ombre de grands cèdres plus que centenaires de longues silhouettes végétales construites à partir de plusieurs milliers de ceps de vigne récupérés dans la région qui viennent « posséder » le site et y engendrer  de nouvelles légendes. Les sculptures éphémères de Nikolay Polissky s’inscrivent en effet dans le paysage à partir de matériaux naturels trouvés sur place et perdurent dans l’imaginaire collectif. L’artiste y inscrit des symboles spirituels et ironiques  de la Russie traditionnelle, « pays magnifique, pays statique, gauche et monumental  à la fois. »

Dans la Cour des Écuries, au centre de l’Auvent, en écho à la couronne de la Renaissance conçue par Jean Fouquet, Vincent Barré présente sa propre Couronne accrochée en hauteur, réalisée en bois et cire tressés, fondus en bronze. Il a également installé dans le Parc Historique, sur le bord du coteau VI EN I, une sculpture sobre de six éléments posés au sol, au travers desquels on peut observer le paysage toujours changeant des bords de Loire.

C’est sur l’une des grandes granges de la Cour de la Ferme qu’Henrique Oliveira a jeté son dévolu pour y installer une œuvre hybride, quasi-vivante et semblant littéralement sourdre des murs. Une impressionnante spirale s’enroule aux charpentes et aux escalier de l’édifice, comme un immense serpent ou une racine enfouie depuis des décennies  dans la pierre et qui se mettrait subitement à croître sans contrôle. L’œuvre hésite entre animal et végétal. L’artiste y voit une référence au serpent du Petit Prince  qui engloutit un éléphant. Mais comme chez Gaston Bachelard (in La poétique de l’Espace), le grenier est pour lui le lieu de l’inconscient et des forces obscures et inconnues. Nul ne sait, en effet, où l’œuvre commence et où elle finit et quand ce reptile ou cette racine géante vont cesser de se déployer inexorablement.

Les photographes invités cette année à Chaumont-sur-Loire n’ont encore jamais été montrés en France à un large public. Présentés dans les appartements princiers du château, ce sont d’extraordinaires paysages oniriques qui s’offrent au regard du visiteur : les bois sacrés du grand artiste coréen Bae Bien-U, les sténopés fantasmagoriques de l’allemand Hanna Zischler et les ombres de nuit-ombres de jour de Jocelyne Alloucherie.  C’est de peinture qu’il s’agit dans la galerie du château avec Songe d’une nuit d’été, œuvre de Yan Pei-Ming, plus connu pour ses immenses portraits. Prêtée par le Frac Pays de la Loire, l’oeuvre appartient à la série des grands paysages universels, magnétiques, mentaux, mélancoliques et éternels issus de l’univers de son enfance.

Une autre œuvre picturale, immense, est développée sur trois des murs de la galerie du Fenil par Stéphane Erouane Dumas, Cliffs. S’en dégage l’empreinte du temps des différentes strates des falaises crayeuses de Normandie que l’artiste peint sans relâche depuis des années. Il tisse dans la matière une composition rythmée d’anfractuosités subtilement mises en relief par les jeux de lumière et les variations de tonalités. L’artiste traite son sujet sur la toile avec des pigments, de la poudre de marbre et de la colle de peau, tour à tour grattés effacés pour être recouverts jusqu’à  obtenir les variations de transparence et de matière recherchées.

Le Domaine de Chaumont-sur-Loire innove cette année en présentant également un pionnier de l’art virtuel et du numérique, Miguel Chevalier. Pas moins de trois espaces sont consacrées à trois de ses nouvelles créations. Projetant au niveau du sol Nympheas  Digital dans la salle ronde du Manège des Ecuries, l’artiste étrenne également deux nouvelles salles du Domaine appelées les Galeries de la Cour des Jardiniers avec Sur-Natures 2014 et Fractal Flowers 2014. Son œuvre très singulière, expérimentée depuis 1978, prend ses sources dans l’histoire de l’art dont il reformule, à l’aide de l’outil informatique, les données essentielles. Il exploite des thématiques récurrentes    comme la nature et l’artifice, les villes virtuelles et les arabesques, les flux et réseaux qui tissent nos sociétés contemporaines. Les images qu’il nous livre interrogent  perpétuellement notre relation au monde.

Expositions du 5 avril au 2 novembre 2014. Domaine de Chaumont-sur-Loire – 41150 Chaumont-sur-Loire. Tél. : +33 (0)2 54 20 99 24. Ouverture tous les jours de 10h à 20h (horaires variables selon les saisons, 18h en avril).

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