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Rencontre avec Kad Mérad de Mr Papa

C’est avec plein d’entrain et d’humour que Kad Mérad est venu présenter sa première réalisation, Mr Papa, en avant première au cinéma Gaumont à Bordeaux jeudi dernier.

 

 

Après Daniel Auteuil, c’est autour de Kad Mérad de se lancer dans ce nouveau métier qu’est la réalisation. Avec cette comédie tendre et sans prétention, Kad Mérad nous raconte l’histoire d’une maman, jouée par Michèle Laroque, prête à tout pour répondre à la profonde envie de son fils de rencontrer son père. Et c’est en cherchant un homme près à jouer ce rôle de papa, que l’histoire de cette fausse famille va prendre forme. Se présentant comme « un jeune réalisateur », l’acteur à répondu aux questions des journalistes, avec l’humour qu’on lui connait, dans la ravissante salle du restaurant « Dubern ».

 

 

FranceNetInfos : En lisant le dossier de presse on a plus l’impression que c’est le sujet qui vous est tombé dessus plus qu’une réelle envie de passer derrière la caméra?

Kad Mérad : Oui, comme quoi il n’y a pas que des bêtises dans les dossiers de presse ! Si je devais monter à la genèse du projet, c’est plus compliqué que çà mais c’est vrai que c’est l’histoire qui m’a intéressé. Je n’ai jamais voulu être réalisateur, maintenant oui. Avant quand les journalistes me posaient la question si je voulais faire comme Olivier, de la réalisation, j’ai toujours dit non, c’est trop de travail, je préfère jouer, j’aime bien la position d’acteur. J’avais l’impression que j’aimais trop jouer pour réaliser. Comme quoi, il y a que les cons qui ne changent pas d’avis !

On m’a présenté ce film là, pour jouer dedans, il y avait pas de metteur en scène, le scénario était à peine terminé, il fallait beaucoup de travail dessus. A partir du moment où ce travail a été fait par mon épouse, Emmanuelle, qui est l’auteur du scénario, c’est vrai que je me suis senti tout d’un coup possédé. J’avais une idée du film, je le voyais dans ma tête, et j’avais peur, si quelqu’un d’autre le réalise, que çà ne rende pas comme moi je le voyais. J’en avais vraiment envie, et je me suis dit est ce que j’en suis capable ? il a fallu que je réfléchisse bien et puis j’ai été voir les producteurs, j’ai du les persuader comme un jeune réalisateur.

 

FranceNetInfos : Est-ce que le fait que vous soyez dans le film était une condition des producteurs?

Kad Mérad : Non. Pas du tout. Puisqu’au départ j’avais accepté de jouer dans le film sans le réaliser. A partir du moment où j’ai réalisé, je m’étais intégré dans le casting, ya pas de problème ! Je me suis dit je vais diriger Kad Mérad, de toute façon il a été imposé ! (rires)

 

FranceNetInfos : Qu’est ce que cela vous a apprit de passer de l’autre côté de la caméra? Sur le jeu d’acteur par exemple ?

Kad Mérad : Oh, mais je savais beaucoup de chose déjà sur le jeu d’acteur ! Çà m’a apprit que je suis assez capable de mettre en scène d’autres acteurs. J’ai pas fait çà n’importe comment, pas seulement à l’instinct mais je me suis beaucoup investit, j’ai beaucoup travaillé avec Michèle Laroque, Vincent Perez, ils peuvent vous le dire, je n’ai pas arrêté de travailler avec eux, de chercher avec eux…çà m’a vraiment appris sur moi-même. Je me suis trouvé plutôt bien, je ne pensais pas que j’allais autant m’investir dans le projet, depuis la préparation jusqu’à la mise en scène. Parce que réaliser un film c’est quand même beaucoup de travail. Mais finalement tout s’est bien passé. Je me suis découvert cette nouvelle fonction.

 

FranceNetInfos : Quelle a été la plus grosse difficulté pour vous ?

Kad Mérad : C’est maintenant ! C’est le film qui sort, montrer le film aux journalistes qui sont là pour le juger, qui ne le voient pas comme n’importe qui, et au public. Est ce que les gens vont êtres touchés, comprendre, est ce qu’ils vont se lever ou pas se lever, est ce qu’ils vont venir ? Je trouve que çà c’est le plus difficile ! Parce que finalement dès que j’ai décidé de réaliser, tout à été très vite, je me suis laissé embarquer par un tourbillon. J’aime le travail, donc ce n’était pas un problème d’arriver le premier, de partir le dernier, de réunir les équipes, de créer, de fabriquer les décors. Et puis tout cela m’a passionné ! Il n’y avait aucunes difficultés a part peut être au milieu du tournage ou il y a eu des moments de doutes…mais sinon le plus dur, c’est maintenant ! Vraiment !

 

FranceNetInfos : Justement qu’est ce qui vous a fait douter au moment du tournage? Car le scénario vous en étiez sûr ?

Kad Mérad : Tout à fait, mais je n’étais pas forcément sûr des choix que je prenais, des options que je prenais, du jeu de mise en scène. J’ai tendance à prendre mon temps dans le film, afin de laisser au spectateur le temps de se faire une idée sur les personnages. J’aime faire çà de manière posé pour avoir un peu de recul sur l’histoire et sur les personnages. J’avais envie de çà, après je sais pas si je me suis trompé ou pas. On doute forcément à un moment donné. On a un bon scénario, çà s’est une chose mais après il y a encore plein de façon de le tourner, de le monter. Mais j’avais un très bon monteur qui s’appel, Christophe Pinel, qui m’a été présenté par le réalisateur Richard Grand Pierre. Comme il est là, je suis obligé de parler de lui ! (rires)

 

FranceNetInfos : Comment se sont fait vos choix de réalisateur ? Dans le choix des acteurs, par exemple ?

Kad Mérad : J’ai découvert une chose, faire un film c’est savoir bien s’entourer ! Et le plus bel exemple pour moi c’est le casting. La première fois que j’ai vu le petit Gaspard Meier-Chaurand, qui joue le rôle de Marius dans le film, je l’ai de suite éliminé. Agathe qui s’occupait du casting m’a demandé pourquoi je l’avais éliminé. Je lui ai répondu parce qu’il n’est pas bien ! Elle m’a rétorqué il faut que tu le revois ! Et c’est là que je me suis dit c’est rassurant, je ne décide pas tout. En vérité je pense que j’ai su m’entourer de plein de gens, depuis le choix de Daran pour la musique, qui était mon premier choix jusqu’au choix de l’affiche. Donc j’ai foncé ! Je suis bélier, ce n’est pas pour rien !

FranceNetInfos : Et concernant le scénario, quels ont été les décisions importantes ?

Kad Mérad : Le choix de dire très vite que le petit est au courant que Robert, le personnage que je joue, n’est pas père. C’est une idée qui est venue très vite dans l’écriture du scénario même si il y a des discussions. Effectivement c’est plus du tout la même chose à partir du moment où le spectateur est au courant de cela. Et çà m’intéressait que le spectateur puisse avoir un peu d’avance sur les deux personnages adultes du film, qui sont totalement dépassés. Je trouvais çà intéressant scénaristiquement parlant, çà ajoutait un autre niveau au scénario parce qu’elle n’est pas si simple cette histoire quelque part.

Quelque chose qui m’importait aussi, c’est de laisser aux spectateurs l’occasion de s’imaginer la vie des personnages sans trop leur dessiner. Moi, je passe mon temps quand je prends le train ou en voiture, a regarde les immeubles, à  m’imaginer tout ce qui peut y avoir derrière. Et c’est ce que j’ai voulu faire dans le film, que les personnages ne soient qu’une façade, que çà soit pour Myriam Boyer ou les autres. J’espère qu’on s’imagine leur vie, l’intérieur de chez eux.. Parce qu’on ne voit jamais l’intérieur de leurs appartements ! Je ne sais pas trop ce que j’ai fait mas j’ai fait comme je voulais ! (rires)

 

FranceNetInfos : Il y a des jolies choses dans le film qui évitent des écueils qu’on aurait pu voir arriver, par exemple pour la fin…

Kad Mérad : Oui, il y a pleins de choses qu’on a du éviter. Si j’avais fini avec une sorte de fin hollywoodienne, je pense que les gens auraient été déçus. La fin finalement elle est très ouverte. Il va quand même naitre une famille de cette histoire. C’est une famille comme il en existe pleins dans le monde, c’est une famille pas tout à fait normale. Elle n’est pas liée par les liens du sang. Et j’espère qu’on peut imaginer pleins de choses, car elle est très ouverte et émouvante la fin.

 

FranceNetInfos : Et à aucun moment vous avez eu envie d’étoffer le rôle de Myriam Boyer justement ?

Kad Mérad : La dernière fois on m’a dit, pourquoi vous n’avez pas développé quand le petit il dit « j’en profite ». Pourquoi il n’y a pas une scène après pour expliquer pourquoi il en profite ? Non ! Pour moi à partir du moment où on dit j’en profite, çà me laisse place à mon imagination. Myriam Boyer son personnage, il a pour moi une présence suffisante. Surtout qu’aucune scène n’a été coupée, aucun des personnages n’a été coupé dans le film, et çà j’en suis assez fier. Parce que c’est la difficulté quand on a autant de personnages autour d’une histoire principale. Après je vais sans doute avoir des critiques à ce niveau là. J’ai entendu des gens me dire qu’il y avait  trop de personnages dans cette histoire. Je suis pas du tout d’accord, je ne pouvais pas rester sur les trois personnages principaux. J’aime les histoires qui sont un peu satellites.

 

FranceNetInfos : Il y a aussi pas mal de clin d’œil dans le film, on voit notamment Clovis Cornillac..

Kad Mérad : Oui ! Vous avez reconnu Olivier ? Il y a Corinne la bassiste de Téléphone, vous l’avez remarqué ? Clovis je l’ai appelé par pure amitié. Il y a sa maman bien sûre qui a un vrai rôle. Il y a mon fils aussi qu’on voit pendant une seconde !

 

FranceNetInfos : A propos d’Olivier, il a pris un petit peu d’avance sur vous en matière de réalisation, est ce que vous lui avez téléphoné pour lui demander de l’aide ?

Kad Mérad : Non. A la fois avec Olivier on est extrêmement proche et en même temps je pense qu’on a une indépendance forte. C’est un peu comme avec ma femme finalement ! (rires) .On se téléphone régulièrement en ce moment avec Olivier, car on est en train de préparer la suite de « Paméla Rose », il n’y a pas une journée sans qu’on ne s’appelle pas, çà fait 20 ans que çà dure ! Je ne sais pas s’il aurait eu la même vision que moi sur le film. Je préférais faire le film et lui montrer ensuite, et qu’il le prenne dans la gueule ! (rires).

 

FranceNetInfos : Il l’a bien prit ?

Kad Mérad : Oui, oui. Je pense qu’il a été agréablement surprit. Je l’ai senti un peu troublé lors de la projection, je pense qu’il ne pensait pas que j’étais capable de faire cela en gros ! C’est pour cela que le deuxième film va être plus difficile, çà c’est sur. Parce que maintenant je sais toutes les étapes pour réaliser un film. C’est comme la première fois qu’on saute en parachute, on sait pas ou on va, c’est le grand vide mais on se jette et on découvre à quel point c’est agréable, puis on a envie de resauter…ou pas ! (rires)

 

FranceNetInfos : Vous irez jusqu’à faire que de la réalisation ?

Kad Mérad : Pourquoi pas ! J’ai prit goût ! Même si j’espère qu’on aura encore envie de moi comme acteur, car j’adore çà aussi ! C’est à la moitié du tournage que je me suis dit, que maintenant je pouvais ne faire que çà. Pour recommencer j’ai besoin seulement d’avoir le bon sujet car çà m’intéresse vraiment. C’est le prolongement du métier.

 

FranceNetInfos : Vous avez évoqué le retour de Pamela Rose, on imagine le côté humoristique à venir de ce film là, alors que dans Mr  Papa, on est dans une sorte de comédie « tendre ». Est-ce que dans vos projets solos vous iriez plus vers ce ton là ?

Kad Mérad : Je n’ai pas de réponse. Comme c’est le film qui est venu à moi et pas l’inverse, je ne peux pas vraiment vous dire si je préfère ce registre là. Maintenant ce que j’espère un jour, c’est écrire mon scénario. C’est la prochaine étape, et je ne sais pas si çà sera très drôle en fait !

 

FranceNetInfos : Vos projets futurs de réalisateur dépendent-ils du succès du film Mr Papa ?

Kad Mérad : Ce n’est pas qu’une question de rentabilité, c’est aussi une question de retour du public. Il faut aussi qu’il y ait un frémissement autour du film, qu’on me dise oui effectivement tu as un univers, tu vas en dehors des sentiers battus, et peut être qu’on a envie que tu nous propose autre chose.

Mais quand je vois les avant premières que je fais avec le public, leurs réactions me rassurent. Je vois des gens, des familles, qui sortent émus, ils me disent merci, je pense qu’ils ont compris la sincérité du projet.

Et puis je suis ravi, car il y a pleins de choses que les gens voient dans le film, des significations cachées, que moi-même je n’avais pas remarqué. C’est ce qui me plait en ce moment, voir comment les gens ont perçu le film.

 

FranceNetInfos : Qu’est ce que vous aimez dans les comédies tel que celle de Mr Papa ?

Kad Mérad : J’aime les comédies qui vont vers un peu de fantaisie. Et je pense qu’il y a un peu de çà dans Mr Papa. J’aime aussi quand c’est esthétique. Faut dire qu’aujourd’hui on a les moyens de faire de très belles choses. J’ai aussi essayé de faire çà.

Je me prends pas pour un cinéaste franchement, je me prends pour un raconteur d’histoires, bien entouré, bientôt je pourrais commencer à parler techniques et tout ce qui tourne autour. J’ai appris la batterie en jouant de la batterie, j’ai appris la musique en jouant de la musique, j’ai appris à jouer la comédie en jouant la comédie, donc je me dis je peux apprendre la réalisation en réalisant !

 

FranceNetInfos : Aviez-vous un gros budget pour réaliser ce film ?

Kad Mérad : Le budget du film est de neuf millions d’euros ! Mais qu’est ce que j’ai fait de tout cet argent moi ! Voilà j’ai la pression maintenant ! (rires) On a était en Afrique du Sud quand même. Au départ j’avais pensé à l’ile de la réunion. Car je voulais un endroit qui dépayse, un endroit ou ils font des routes, mais la réunion c’était galère car il n’y avait pas d’équipe de tournage sur place. Et comme je venais de tourner Safari avec Olivier pendant trois mois dans ce pays de rêve qu’est l’Afrique du Sud, c’était finalement l’endroit idéal pour la scène de fin, qui a été tournée en un jour. Mais ce n’est pas çà qui a fait que le budget soit de cette envergure. Ce n’est pas très compliqué d’aller en Afrique du sud…je pilote un A745 donc ce n’est pas un problème !

 

M.S

 

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