Dans Un si grand soleil, les relations entre le commissaire Becker et le médecin légiste Hugo Touré sont très souvent tendues. Forcément, quand on est un père protecteur et possessif, on surveille de très près les relations sentimentales de sa fille, même si elle a plus de quarante ans. Dans la vie, leurs interprètes, Yvon Back et Bibi Tanga, s’entendent très bien. Au Festival de Télévision de Monte-Carlo où nous les avons rencontrés, ils affichaient une complicité qui faisait plaisir à voir. Si Yvon Back a une belle carrière au cinéma et à la télévision, Bibi Tanga, lui, n’est acteur que depuis quelques années. C’est en tant que musicien et chanteur qu’il s’est d’abord fait connaître. Avec son groupe, The Selenites, il a enregistré plusieurs albums et s’est produit plusieurs fois sur scène.

France Net Infos : Hugo est arrivé dans Un si grand soleil en 2021. Le commissaire Becker, lui, est là depuis le début et il fait partie des personnages les plus appréciés des fans de la série….
Yvon Back : Vous avez l’impression que je suis là depuis le début mais ce n’est pas vrai. Ils ont commencé à tourner début 2018, et moi je suis arrivé fin 2018. J’ai dû apparaître pour la première fois dans la série au début de l’année 2019. Et je e suis toujours là ! Si les gens n’appréciaient pas ou n’aimaient pas mon personnage , je pense que les scénaristes l’auraient muté ou l’auraient tué. Si on continue à être là, c’est que les gens nous aiment bien !
France Net Infos : Visiblement vous vous entendez très bien tous les deux, ce qui n’est pas toujours le cas de vos personnages qui ont souvent des rapports conflictuels…
Yvon Back : C’est que ce monsieur a la prétention de vouloir avoir une relation avec ma fille Sabine. Personne n’a le droit d’approcher cette jeune fille puisque c’est ma fille ! Clément est une caricature du papa poule. D’ailleurs, c’est une joie de jouer ça.
France Net Infos : Les réactions du commissaire amusent souvent le public. C’est vous qui lui avez ajouté cette touche d’humour ?
Yvon Back: Au début, Clément Becker est arrivé parce qu’il fallait un commissaire dans la série, tout en ne sachant pas très bien où il allait. Je connaissais un peu Toma de Matteis, le producteur de la série. Il se doutait qu’avec moi, le commissaire allait prendre une certaine direction. À un moment, je me suis dit que la seule issue était, pour la première fois de ma vie, de mettre dans un personnage un peu de ce qui m’amusait. J’ai mis de la distance avec de l’humour et de l’ironie. Ça leur a plu. Ils ont travaillé eux aussi sur cet aspect-là. C’est comme des vases communicants. On se nourrit les uns des autres : l’humour, l’écriture et la personnalité des personnages. Quand je vois arriver des comédiennes et comédiens qui intègrent la série, très souvent je leur conseille de chercher en eux. Dans le feuilleton, on fait tous comme ça. On n’y pense pas, mais il y a toujours un peu de nous partout. Pour Un si grand soleil, je pense qu’il ne faut pas hésiter. Ce qui est formidable dans ce genre de série, c’est qu’on peut toujours apprendre des choses, trouver des clés, des petites méthodes. C’est très mystérieux, le métier qu’on fait ! Par exemple, j’ai des journées où je sens que c’est moins fluide, où ça ne s’articule pas comme ça devrait. Comment on fait alors ? Avec l’expérience, on se repose sur des petites techniques. Moi, je suis sur des rythmes très rapides et il y a des jours où ça passe moins bien, où on n’a pas de sensations. C’est plus dur mais ça ne veut pas dire que c’est moins bien. Quand on a conscience de ça, c’est bien parce qu’on est un peu plus attentif à soi-même.
France Net Infos : Bibi, Hugo Touré, votre personnage, a pris de l’épaisseur au fil des saisons. Il a découvert il y a quelques mois qu’il avait un fils…
Bibi Tanga : On ne s’y attendait pas ! Ce qui est bien dans cette série, c’est qu’il y a régulièrement des éléments nouveaux qui viennent bousculer la micro-société dans laquelle nos personnages évoluent. Ca donne des intrigues intéressantes. Toutes ces aspérités sont vraiment plaisantes à jouer. Au début, les relations entre Hugo et son fils étaient tendues. Maintenant, elles sont nettement plus apaisées. Il s’est installé chez Sabine et Hugo mais des petits soucis vont arriver !
France Net Infos : L’été va-t-il nous réserver des surprises au commissariat ?
Yvon back : Alix est un peu l’obsession du commissaire. Il focalise un peu sur cette femme. On ne sait pas très bien pourquoi encore. L’amitié entre Janet et Alix crée des tensions dans leur couple. C’est plutôt rigolo. C’est une joie à jouer ! J’espère que c’est une joie à regarder. Parfois, je m’interroge : est-ce que je ne charge pas un peu trop la mule ? Clément Becker surréagit tout le temps, avec tout le monde, partout !
France Net Infos : Vous avez une belle carrière au cinéma. Avez-vous des modèles, des acteurs qui vous inspirent ?
Yvon Back : J’aime bien jouer large. Ça me plaît. Les acteurs que j’idolâtre étaient dans ce registre-là. J’aime beaucoup ce qu’on appelle la bande du Conservatoire : Rochefort, Marielle…J’adorais ce cinéma-là. C’était un cinéma d’auteur populaire que je trouvais formidable. Les Galettes de Pont-Aven, c’est vraiment un chef-d’oeuvre ! Jean-Pierre Marielle, c’était un géant ! J’ai tourné avec Jean Rochefort. Je jouais son producteur dans , le film d’Antoine de Caunes. J’avais une scène où je devais le pourrir, quand il entrait dans mon bureau. J’y suis allé à fond ! Il a rigolé, c’était génial. Je l’abreuvais de questions. Piccoli aussi m’a beaucoup inspiré. Il a fait des scènes marquantes dans les films de Claude Sautet.
France Net Infos : Bibi, vous êtes musicien depuis longtemps et acteur depuis peu. Comment êtes-vous entré dans ce métier ?
Bibi Tanga : Je suis un passionné d’art. Le fait de pouvoir être comédien, c’est du bonheur pour moi ! Minimum, une heure par jour, je pratique mon instrument mais j’ai un peu moins de temps pour faire des concerts. Récemment, j’étais sur scène à Valence. Après on a des concerts prévus en Espagne. Avec Un si grand soleil, je suis un peu à l’école. J’ai forcément des choses à apprendre. Maintenant, je me sens comme un comédien confirmé. Au début, j’avais du mal avec les textes. Quand on décide de faire ce métier sérieusement, on progresse forcément. J’ai toujours regardé énormément de films. Je connais des répliques par cœur. Mais, pour moi, j’étais musicien. Artistiquement, j’étais satisfait. C’est arrivé par un pur hasard. Je devais faire un morceau de musique sur un long métrage. Le réalisateur m’a proposer d’interpréter un personnage. J’avais 15 jours pour me préparer. J’ai eu la chance de faire mon premier tournage avec Sandrine Bonnaire et Eriq Ebouaney. Ca m’a mis le pied à l’étrier !
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