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« 96 heures »: le nouveau film qui défie les lois du temps

96 heures

Mardi 8 avril, l’UGC Ciné Cité de Bordeaux accueillait Frédéric Schoendoerffer, à l’occasion de la diffusion en avant-première de son dernier film, 96 heures. Un flic, un gangster, un face à face tendu dans un huis clos, pendant 96 heures, voilà la recette de ce thriller qui vous tiendra en haleine durant 96 minutes. France Net Infos vous livre ses impressions.

Synopsis

Carré est le patron de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme). 3 ans plus tôt, il a fait tomber un grand truand, Kancel. Aujourd’hui, à la faveur d’une extraction, Kancel kidnappe le flic. Il a 96 heures pour lui soutirer une seule information : savoir qui l’a balancé.

Film psychologique, film sur le temps qui passe et les rapports humains, 96 heures est assurément bien au-dessus de ce que laisse imaginer le synopsis.

Kidnappé par les hommes de Victor Kancel, un truand qu’il a arrêté il y a trois ans, Gabriel Carré – patron de la BRB – est contraint d’ordonner l’extraction de ce dernier. Loin d’en profiter pour s’évader, Kancel n’a qu’une obsession en tête : obtenir le nom de celui qui l’a dénoncé. Séquestré dans la cave glauque et délabrée d’une splendide et vaste demeure à l’écart de la capitale, Carré s’apprête à vivre 96 heures à la merci de Kancel et ses hommes, menotté aux barreaux d’un lit et soumis à une terrible pression psychologique. A partir de là, débute une partie d’échecs corsée entre les deux hommes, au cours de laquelle chacun tentera de prendre le dessus sur l’autre.

Tout l’intérêt du film réside alors dans cette confrontation entre ces deux fortes têtes aux caractères opposés. Cette fois-ci, les rapports sont inversés ; c’est le flic qui se retrouve en garde-à-vue et c’est le bandit qui mène l’interrogatoire. Chacun connaît le rôle de l’autre et se l’approprie.

Carré, c’est l’intellectuel, l’homme de sang-froid qui ne faiblit jamais et prend le temps de peser ses mots, afin de ne jamais laisser l’avantage à son adversaire. Il est soumis à Kancel, qui a le pouvoir, mais Kancel a besoin de lui pour assouvir sa soif de vengeance. Il le sait et comprend rapidement que sa seule chance de s’en sortir, c’est gagner du temps. Sa technique : jouer avec les nerfs de Kancel, le lancer sur de fausses pistes et attendre que ses collègues de la BRB le retrouvent.

Kancel, c’est l’intuitif, l’impulsif, le colérique. Il a la gâchette facile et n’hésite pas à utiliser tous les moyens de pression possibles pour obtenir les aveux de Carré. Insensible et froid, il n’aime personne, hormis sa fille et son petit-fils.

Loin de coller aux clichés du genre, le film présente peu d’action et nous épargne ces scènes d’affrontements virils et sanglants si ennuyeuses. Les duels entre les deux hommes se déroulent sous le signe de la violence psychologique, sans arme ; l’intimidation passe par les mots, mais surtout par le regard. Les gros plans sur les visages foisonnent et focalisent le regard du spectateur sur les expressions physiques, alors que les répliques sont parfois presque en sourdine.

Et les femmes dans tout cela ? Absentes de ce huis clos dans lequel tout se passe, elles sont reléguées à l’extérieur, dans les rares scènes tournées en-dehors de la maison. Cette fois-ci, ce sont les hommes qui sont confinés dans l’espace intérieur, dans lequel le « chef de famille » s’occupe de mettre de l’ordre à sa façon. Quant aux femmes, elles sont trois. Il y a Françoise, l’épouse délaissée de Carré. Il y a Marion, la jeune collègue de Carré qui va enquêter sur sa disparition. Alors qu’elle devrait découvrir les indices avant nous, spectateurs, on sait déjà tout avant elle. La démarche est intéressante, le spectateur est actif et mobilisé, il suit l’action en temps réel, alors que la flic arrive toujours après coup. Enfin, il y a Camille, la fille de Kancel, qui se retrouve liée malgré elle aux agissements de son père, ballottée entre le Bien et le Mal et confrontée à un dilemme.

Ce n’est qu’à l’heure des révélations finales que tout s’accélère et que tout le monde se retrouve dans la demeure lors d’un ultime règlement de comptes…Kancel saura-t-il enfin qui l’a balancé ?

En somme, une tension bien soutenue, qui résiste à l’épreuve du temps – on ne voit vraiment pas le temps passer – solde la réussite de ce long-métrage qui interroge autant qu’il divertit. Le tout assuré par un jeu d’acteurs maîtrisé à la perfection ; le duo Lanvin/Arestrup fonctionne à merveille et le choix des deux acteurs – qui rêvaient de tourner ensemble – semble avoir coulé de source pour le réalisateur. Quant aux décors, si presque toutes les scènes sont tournées dans la maison, c’est parce qu’elle est envisagée comme un personnage à part entière et la multitude des pièces offre une variété de plans tout à fait bienvenue. Quelques seconds rôles intéressants aussi – tels que l’avocat véreux ou le voisin peu dégourdi – qui apportent une touche d’humour non négligeable. Un petit bémol tout de même pour la séquence finale, peut-être un peu trop sobre et classique. On aurait souhaité une fin plus en suspension, plus tendue, à l’image du reste du film.

Avec Gérard Lanvin, Niels Arestrup, Sylvie Testud, Anne Consigny, Laura Smet, Slimane Dazi, Cyril Lecomte, Pierre Kiwit, Jochen Hägele.

Sortie le 23 avril.

A propos Mikael Buffard

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