Berlin Berlin : le Molière du running gag

Que celui qui n’a pas vu “Silence, on tourne !” de Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras lève la main ? 

Merci, je me sens un peu moi seul.

Avec la reprise de “Berlin Berlin” au Théâtre Fontaine, plus aucune excuse de passer à côté de ce duo d’auteurs esthètes en comédie de boulevard. 

En plus d’avoir séduit la presse et conquit le public, cette nouvelle création est auréolée de 2 Molières. Celui de la comédie de l’année et du meilleur comédien pour Maxime d’Aboville. Les prix décernés sont-ils à la hauteur de l’attente ?

Un double oui !

Quel est la teneur du message ?

Le Mur de la dérision

Une vidéo nous plonge directement du côté de Berlin Est à la fin des années 80. Haudecœur et Sibleyras prennent le temps d’installer les enjeux.

Emma (Anne Charrier) se fait engager comme aide-soignante chez Werner Hofmann (Maxime d’Aboville), agent de la Stasi. Sa véritable mission est de trouver un passage secret qui la mènera de l’autre côté du Mur. Elle est accompagnée de son mari Ludwig (Patrick Haudecoeur), dont le courage n’a d’égale que sa maladresse. Toute ressemblance avec Bourvil ne serait pas fortuite. La tentative d’évasion se complique avec le gentil mais envahissant voisin infirmier.

Hans (Loïc Legendre) est en réalité un agent de l’Ouest. Il attend la venue d’un célèbre violoniste, détenteur d’un message codé pour Werner. Enfin, c’est ce qu’il croit… Parce que ça se complique. Le rythme s’accélère dans un tourbillon de fous rires.

Werner Hofmann (Maxime d’Aboville) et Emma (Anne Charrier)

La chute du running gag

Cette longue exposition fourmille de détails qui vont se transformer en running gag. Un comique de répétition qui intervient toujours par surprise. L’écriture de Haudecœur et Sibleyras est millimétrée et sublimée par un incroyable casting. Plus les retournements de situation sont grossiers, plus les personnages gagnent en crédibilité. La finesse d’interprétation de Maxime d’Aboville en est le parfait exemple.

Derrière la caricature de l’agent de Stasi, il nous gratifie d’une palette d’émotions des plus absurdes. La mise en scène de José Paul se joue à la perfection de ces petits riens qui deviennent des répliques hilarantes. Un balai esthétique de va-et-vient qui s’octroie un interlude complètement barré. Jouissif, mais pas gratuit. Une manière décalée d’introduire une petite histoire dans la grande, celle du Général Munz et de Gréta…

“Berlin Berlin” va vite et à l’essentiel, à un rythme aussi soutenu que le chant traditionnel russe Kalinka. Tel un running gag, à la fin, on en redemande.

Berlin Berlin
au Théâtre Fontaine, jusqu’en décembre. 

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