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Festival de Cannes J10 : Desplechin et Bellocchio en compétition

Aujourd’hui les festivaliers et les membres du jury pouvaient découvrir le nouveau film d’Arnaud Desplechin. Venu plusieurs fois à Cannes et notamment avec Les fantômes d’Ismael qui avait fait l’ouverture, il présentait cette année Roubaix, une lumière. Il a fait le choix de tourner dans sa ville natale et d’abandonner la fiction pour se tourner vers le réel. En effet, il s’est penché sur un faits divers dont il avait eu connaissance : l’assassinat d’une vieille dame par deux jeunes femmes. L’enquête est menée par le commissaire Daoud, interprété par Roschdy Zem, magistral. Il fait preuve d’une sollicitude, d’une empathie que l’on avait peut être jamais vues au cinéma chez un policier. Ses interrogatoires ressemblent davantage à des confessions. Dans chaque suspect ou coupable, il arrive à percevoir l’âme et s’efforce de le tirer vers le haut. A ses côtés, le nouveau venu (Antoine Reinartz) a du mal à faire face à la violence et à la pauvreté auxquelles il est confronté. Lorsqu’il demande à Daoud comment il fait, ce dernier lui répond que parfois il y a la lumière. La relation des personnages prend tout son sens dans cette réplique. Louis est croyant, prie pour trouver la force et il la trouve avec Daoud, calme, bienveillant. Face à eux, un autre duo d’actrices : Sara Forestier et Léa Seydoux. Loin de leur image glamour, elles incarnent les deux femmes, amoureuses, alcooliques qui ont volé puis tué la vieille dame. L’une dirige et n’abdique pas tandis que l’autre aime et avoue. Dire que les acteurs sont excellents et merveilleusement dirigés est loin d’être une expression galvaudée dans ce film. Les flics de Ladj Ly dans Les Misérables sont sanguins. Chez Desplechin, Roschdy Zem est d’un calme apaisant. Avec ce rôle il mériterait le prix d’interprétation.

Roubaix, une lumière

 

Ensuite, place à l’Italie et à l’histoire avec Il traditore de Marco Bellocchio. Il nous plonge dans les années 80 au moment où les parrains de la mafia de la cosa nostra se livraient  une guerre sans merci. Tommaso Buscetta, un soldat de la mafia comme il se définit, décide de fuir son pays et se réfugie au Brésil avec sa nouvelle femme et ses plus jeunes enfants. Il devient « il traditore », le traître et livre les noms de centaines de membres de la mafia. Extradé en Italie, il est jugé. Les scènes de procès sont les plus réussies du film, avec des répliques qui font mouche. Les accusés crient, se disputent. On retrouve là la veine du cinéma italien qui plaît tant. Bellocchio montre aussi, sans doute de manière pas suffisamment approfondie, les relations entre Buscetta et le juge Falcone. Le film s’étire sur plusieurs décennies, jusqu’en 2000, à la mort de Buscetta. Bellocchio ne fait que confirmer ici qu’il est décidément l’un des plus grands réalisateurs italiens. Il mériterait de se retrouver au palmarès.

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