Festival de Cannes J11 : “L’amour Ouf” de Gilles Lellouche en compétition et “Vivre, mourir, renaître” de Gaël Morel à Cannes Première

Le Festival touche à sa fin et le jury présidé par Greta Gerwig dévoilera son palmarès samedi. Si les noms de Jacques Audiard ou Sean Baker circulent parmi les favoris de la Palme d’Or, le Festival réserve souvent de belles surprises à la fin.

Vendredi, nous avons vu “L’amour ouf” de Gilles Lellouche. Certes, le film ne figurera sans doute pas au Palmarès mais il a fait une belle impression et a été longuement applaudi par le public lors de la projection officielle. En 2018, l’acteur-réalisateur avait montré hors compétition “Le grand bain”, une comédie qui avait séduit la Croisette. Il était donc attendu pour cette nouvelle édition avec ce projet très ambitieux qu’il porte depuis plusieurs années. Entouré de plusieurs scénaristes parmi lesquels Audrey Diwan, il s’est emparé du roman de l’écrivain irlandais Neville Thompson. C’est dans le nord de la France et dans les années 80 que Gilles Lellouche a choisi de situer cette histoire d’amour entre Clotaire et Jacqueline. Lui est issu une famille nombreuse avec un père ouvrier dans une usine souvent violent tandis qu’elle vit seule avec son père (Alain Chabat) depuis la mort accidentelle de sa mère. Ils ne se ressemblent pas et viennent de milieux opposés : Clotaire a quitté l’école et cumule les bêtises tandis que Jackie est plutôt une élève sérieuse désireuse de réussir. Evidemment, ils vont tomber amoureux et la vie ou plutôt les mauvais choix et les mauvaises rencontres de Clotaire se chargeront de les séparer. Le film est construit en deux parties : les deux jeunes amoureux sont d’abord interprétés par Mallory Wanecque et Malik Frikah, deux jeunes comédiens formidables. Ils apportent leur spontanéité et leur fougue à leurs personnages. Dans la deuxième partie, ils sont remplacés par Adèle Exarchopoulos et François Civil. Le film s’étire sur près de trois heures, sur fond de musique des années 80-90, du temps où on avait des baladeurs et des cassettes. Si on peut lui reprocher certaines scènes violentes qui auraient pu être écourtées voire évitées, le film est porté par un souffle romanesque, romantique. C’est sa grande qualité : outre l’histoire d’amour entre les deux jeunes gens, il est aussi question de différences de classes sociales et de revanche à prendre sur la vie.

Depuis sa création, c’est souvent la section Cannes Première qui offre les plus belles surprises. Gaël Morel y a présenté son dernier film en tant que réalisateur ” Vivre, mourir, renaître”, un titre qui en dit long et résume parfaitement le film qui se situe dans les années 80, lorsque le Sida commençait à faire des ravages. Sammy et Emma se connaissent depuis le lycée. Il s’aiment mais Sammy aime aussi les garçons. Les deux jeunes gens ont un enfant ensemble. Ils déménagent alors dans un plus grand appartement et font la connaissance de leur voisin, Cyril, un jeune photographe, dont Sammy va rapidement s’éprendre. Il y a trente ans exactement, Gaël Morel était à Cannes avec Elodie Bouchez et Stéphane Rideau pour présenter “Les roseaux sauvages”. Comme il l’a dit à l’issue de la projection avec une certaine émotion, il a désormais l’âge qu’avait André Téchiné à la sortie du film. Pour son film, il s’est entouré d’un trio de jeunes comédiens : Lou Lampros, Théo Christine (qui incarnait Joey Starr dans “Suprêmes” et Victor Belmondo). Il a fallu plusieurs années et une maturité nécessaires pour que Gaël Morel réalise ce film qu’on devine très personnel. Comme un épée de Damoclès, l’ombre du Sida plane sur tout le film. Pour autant, “Vivre, mourir, renaître” ne sombre pas dans le pathos. Il est porté par un élan et un souffle de vie. C’est la raison pour laquelle le verbe “renaître” du titre est si important.

crédit photos : Shochiku Co., Ltd. – Rhapsodie en août d’Akira Kurosawa (1991) / création graphique. Hartland Villa

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