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Festival Primavera Sound 2011 à Barcelone, un grand cru

Pour sa 11ème année d’existence, le festival Primavera Sound a encore battu des records d’affluence. Plus de 120 000 personnes sur les trois jours qu’a duré le gros du festival. La soirée d’inauguration et de clôture ont également affiché complet. Un vrai succès pour un festival dont la renommée musicale dépasse depuis quelques années déjà le cadre des frontières espagnoles et qui n’est pas dû uniquement au soleil et à la mer.

AP. Primavera Sound 2011

 

Depuis sa création, Primavera Sound est attaché à son lieu d’origine. Des concerts sont organisés un peu partout en ville à cette occasion. Dans les stations de métro, les bars, les parcs, un bus ou encore au Poble Espanyol, un lieu historique de la ville qui accueille les soirées d’ouverture et de clôture cette année et qui est également le lieu de naissance du festival 11 ans plus tôt. Des concerts organisés gratuitement pour la plupart, afin que le plus grand nombre de barcelonais puisse en profiter et découvrir des artistes internationaux et locaux qui trouvent ici un auditoire qui leur serait d’ordinaire inaccessible.

Les concerts les plus importants se déroulent au Forum. Un immense espace de 320 000 m2 en bord de mer et en plein air, à l’exception de l’Auditori, seule salle fermée qui accueille des artistes aux concerts plus intimistes, comme Sufjan Stevens ou John Cale, mais dont les 3200 places n’ont pas suffi à satisfaire la foule nombreuse. 8 scènes principales sont réparties sur cette surface. Certaines sont éloignées de plus d’un kilomètre alors que d’autres sont au contraire très proches, ce qui cause parfois un peu de cacophonie. Il faut donc une bonne dose d’organisation pour voir les artistes que l’on souhaite, prévoir de bonne chaussures et le temps de marche entre les différentes scènes pour ne pas manquer le début d’un concert. Toutes les scènes portent le nom de leur principal sponsor. Ray-Ban, Pitchwork, ATP, Adidas, ou encore San Miguel pour la plus grande. Cette marque de bière est le sponsor principal du festival (dont le nom complet est d’ailleurs San Miguel Primavera Sound). Impensable en France de voir un jour un festival « Kronenbourg Printemps de Bourges », ou « Heineken Rock en Seine ». La loi Hévin est passée par là.

AP. Primavera Sound 2011

Mais c’est sans doute ce sponsoring à grande échelle qui permet au festival de proposer une programmation aussi riche. 221 groupes et artistes cette année, majoritairement américains et anglais, les espagnols prenant la troisième place. Et pour info, un seul groupe français… De quoi faire la fête jusqu’au petit matin.

Les festivaliers ont pu applaudir des pointures du rock et de la pop, des vétérans aux plus jeunes, ainsi que de belles découvertes locales.

Le retour de Pulp après plusieurs années d’absence a été sans conteste l’un des évènements marquant de ce festival. Un groupe culte qui renait de ses cendres et qui a réussi à bluffer même les plus jeunes lors de leur performance sur scène. Le concert de PJ Harvey était également très attendu et les fans n’ont pas boudé leur plaisir en voyant arriver une nymphe toute de blanc vêtue qui a su, par sa présence et sa voix charismatique, captiver leur attention pendant l’heure et demi qu’a duré sa prestation. Elle est d’ailleurs la seule artiste du festival à avoir joué plus de l’heure réglementaire. Grinderman, sous la houlette de son chanteur Nick Cave, a quant à lui joué avec le public à l’occasion de deux bains de foules maitrisés. Un vrai show pour une débauche de décibels et un plaisir partagé très visible. Les groupes qui jouaient sur les autres scènes au même moment ont eu bien du mal à captiver l’attention des spectateurs.

AP. Primavera Sound 2011Du côté des artistes confirmés, on peut également citer Of Montréal, l’un des groupes dont les concerts sont toujours de vrais spectacles. Déguisement multiples et bariolés, ballons colorés, images psychédéliques et une bonne humeur contagieuse. Le groupe The National, déjà présent au festival quelques années auparavant, a lui aussi fait « salle » comble, comme Mogwai ou encore Fleet Foxes. La pop pouvait compter sur ses plus dignes représentants comme Belle and Sebastian et son côté « flower power », M. Ward et sa pop teintée de folk ou encore Avi Buffalo, Interpol, Sunny and The Sunsets et les Papas Fritas qui enchantent encore le public bien que leur dernier album date de 2003.

Les amateurs de rock ont aussi été comblés avec The Black Angels, même si le concert initialement prévu à 3h15 du matin n’a commencé qu’à 3H45 à cause d’un problème technique. Mais quand on aime, on sait attendre. Le groupe The Jon Spencer Blues Explosion était également en très grande forme et le public n’est pas prêt d’oublier le nombre de fois où il a été interpellé par les « Are you ready? » du chanteur. Kurt Vile, malgré son jeune âge, a su prouver avec The Violators qu’il avait toute sa place dans un tel festival.

En dehors des grosses scènes, les spectateurs pouvaient également découvrir de jeunes groupes sur 2 scènes plus petites, celle de Myspace Smint et de Ray Ban Unplugged.

AP. Primavera Sound 2011Mais tous les groupes n’ont pas le même rapport avec le public. Animal Collective, l’un des groupes de pop expérimentale les plus à la mode et donc très attendu par les fans, n’a pas été des plus chaleureux. Les chansons se sont enchainées sans temps mort ou presque, avec un seul « bonjour » et un « au revoir », tout cela illustré sur les écrans géants par des images en mouvement mais aucune du groupe filmé sur scène, ce qui était pourtant le cas pour tous les autres artistes. Un concert net, propre, parfaitement formaté mais sans âme véritable.

 

 

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, car un tel festival est avant tout affaire de choix. Et même si la programmation était tout à fait remarquable, de nombreux festivaliers se sont plaints, et parfois de façon véhémente, de certains problèmes liés à l’organisation. La direction du festival avait mis en place un système de carte de paiement sur le site, afin d’éviter les caisses sur chaque stand. Mais à cause de ce qui semble être un bug informatique, beaucoup de spectateurs dont les cartes étaient pourtant créditées de certaines sommes en euros, ont vu ces dernières tout simplement disparaître. Les files d’attente devant les guichets destinées aux porteurs de cartes sont vite devenues interminables, et beaucoup ont déploré le fait que personne ne pouvait les renseigner ou même les rembourser. Il aura fallut attendre le dernier jour du festival pour que tout, ou presque, rentre dans l’ordre. C’est sans doute la rançon du succès.

Alberto Guijarro (à droite), directeur du festival, et son interprète
Alberto Guijarro (à droite), directeur du festival, et son interprète

 

Il est à espérer que cet incident ne se reproduira pas l’année prochaine et que les directeurs du festival Primavera Sound, Alberto Guijarro et Gabi Ruiz, auront encore à cœur de proposer aux amateurs de musique pop/rock une aussi belle affiche.

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