Frankenstein – Au nom du père est un one shot librement inspiré de l’œuvre de Mary Sheller, paru aux éditions Glénat, en mars 2025. Un roman graphique époustouflant et horrifique, de Marco Cannavo et Corrado Roi, qui présente la relation destructrice entre le créateur et la créature.
Dans les rues sombres de la ville, une femme rentre seule chez elle. Elle se sent suivie. Mais elle pense qu’elle est idiote. En effet, elle doit seulement être impressionnée par l’œuvre du dramaturge Lessing. Karolina Niuber, actrice, se croit quelque peu épouvantée par son propre personnage théâtral. Elle se dit que demain, après la fin des répétitions, elle se fera raccompagner. Pour ce soir, après le démaquillage et s’être changée, Karolina pense qu’elle est sortie assez tard. Tout à coup, un voix l’interpelle, quelqu’un l’appelle. L’actrice se retourne, elle demande à qui elle a affaire. Mais l’homme se penche déjà sur elle, l’empoigne et sort un poignard. Il semblerait qu’elle reçoive plusieurs coups de couteau. Ailleurs, dans les sous-sols de la villa Frankenstein, aux portes de Genève, un homme se tient la tête, comme s’il souffrait. Il grogne et balance au mur une chaise.
Le récit propose une relecture audacieuse du mythe originel, oscillant entre psychanalyse, horreur et tragédie familiale. La bande dessinée italienne s’éloigne de l’adaptation fidèle pour explorer une confrontation intime entre un père créateur et son fils monstrueux, dans un face-à-face où la filiation devient malédiction. La créature, surnommée Prométhée, cherche un sens à son existence tandis que Victor Frankenstein, dévoré par sa propre ambition, se débat avec la culpabilité et le rejet. Le récit creuse la complexité des liens de sang et d’identité, dans une Genève gothique où science et sorcellerie s’entrelacent. L’amour et l’âme sœur sont également au cœur du récit. Le noir et blanc saisissant donne une puissance dramatique rare à chaque planche, jouant avec les ombres comme avec les non-dits. Le scénario, dense et troublant, insuffle une intensité psychologique nouvelle au mythe. Une œuvre viscérale et tragique, à la croisée du roman gothique et du thriller existentiel.
Frankenstein – An nom du père est une adaptation libre et troublante du mythe, à découvrir aux éditions Glénat. Une relecture sombre, intéressante et psychologique, qui offre un récit puissant, avec un dessin tout aussi captivant et travaillé.