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Inside au Palais de Tokyo

La nouvelle proposition  majeure du Palais de Tokyo, Inside, investit deux étages de l’immense bâtiment, orchestrés selon un parcours bien défini dont le fil rouge conduit le visiteur dans une série de propositions physiques, psychiques et mentales non dénuées de risque.

L’exposition, orchestrée par Jean de Loisy, Daria de Beauvais et Katell Jaffrès, l’emmène dans une suite d’expériences à la découverte immersive des univers de 35 artistes dans les volumes imposants des espaces investis. Les œuvres, dont certaines ont été créées spécifiquement pour l’exposition, convoquent tous les médiums des arts visuels : dessin, peinture, sculpture, installation, photographie, vidéo tous formats, mais aussi l’écriture, le film d’animation, l’art mural, l’architecture, le son et la lumière. Chaque proposition est différente de la précédente, et interpelle les émotions propres à chaque être humain, lui adressant un message particulier, parfois en interactivité.

Numen/for use, Tape Tokyo, 2013. Vue de l’installation, Courtesy Spiral / Wacoal Art Center (Tokyo). Photo : Junpen Kato
Numen/for use, Tape Tokyo, 2013. Vue de l’installation, Courtesy Spiral / Wacoal Art Center (Tokyo). Photo : Junpen Kato

 Un parcours en apné

Inside ne laisse que par moments le temps de respirer, happant dès l’entrée les plus jeunes et aguerris dans le dédale en hauteur de la matrice plastique de Numen/For Use, Golem, avant d’emmener en douceur ses visiteurs à travers la forêt mystérieuse, précieuse et fragile d’Eva Jospin vers d’autres expériences très spéciales. La vidéo spectaculaire de la chorale d’anciens mineurs, réalisée par Mikhali Karikis & Uriel Orlow dans leur environnement désolé, déstabilise en direct l’arrivant pour, via une enjambée dans le couloir-piège de Marcius Galan et les dessins denses et délicats de la genèse par Marc Couturier, revenir aux profondeurs grâce aux photographies documentaires de Dove Allouche sur l’évolution de l’argile et des minéraux. Puis Abraham Poincheval invite à visiter son habitacle à l’intérieur  d’un ours, et Ataru Sato à observer ses dessins qu’on pourrait taxer d’art brut tant leur densité est difficile à appréhender par un tiers. Autre piège, les tentes de marbre de Ryan Gander aux plis souples impénétrables, contrastant avec le chaos monumental orchestré par Peter Buggenhout et le désordre apparent de l’atelier de Mark Manders, où en fait chaque objet répond à l’autre, naviguant à travers l’histoire de l’art. Contrastant avec ces « désordres », l’imposante construction géométrique de Mike Nelson s’étend sur une immense estrade, proposant diverses entrées aux curieux pour ne leur faire découvrir à l’intérieur que des grilles infranchissables…

Ces interventions alternent avec de multiples vidéos aux formats divers allant de la projection en un ou plusieurs canaux panoramiques aux plus intimistes, avec divers espaces temps échelonnés de l’imperceptible, du grand décor et du rêve pur (ou presque) à la violence physique et à la déstabilisation intégrale, comme celle de Sookoon Ang, Exorcise Me.

Sookoon Ang, Exorcise Me
Sookoon Ang, Exorcise Me

Un autre entre-deux, purement visuel celui-ci, investit entièrement l’escalier descendant, couvert de peintures noir et blanc, certaines utilisant les néons d’éclairage, qui relatent une avalanche de souvenirs, d’anecdotes et de réflexions de l’artiste dran, instantanés humoristiques, grimaçants et surréalistes.

Quelques pauses, ou recueillements, si l’on peut dire, intercalées de vidéos, dans la salle plus étroite où trône le reposoir de Andro Wenua dans son étrange quiétude, et celle, de la blancheur la plus intense, aveuglante, hébergeant les arbres-sculptures de Berdaguer & Péjus, puis le Refuge de Stéphane Thidet, qui constitue malgré sa première apparence la négation de l’abri car sans cesse transpercé d’une pluie abondante… Diverses œuvres aussi fortes guident le visiteur vers la sortie du parcours, très connotée par la « phrase » en découpe de Jean-Michel Alberola sous les termes à méditer La sortie est à l’intérieur… Chacun peut effectuer ou réinitialiser son parcours jusqu’au 11 janvier prochain.

Les autres expositions au Palais de Tokyo du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015

Inside China: l’intérieur du géant. Dans le cadre de sa mission de prospection à l’international, le Palais de Tokyo invite le commissaire d’exposition Jo-ey Tang, qui a traversé la Chine et l’Asie du Sud-Est pour y découvrir une nouvelle génération d’artistes confrontés à l’évolution rapide de leur environnement, et qui ont réagi à ces bouleversements à travers leurs productions et techniques. Inside China propose une première sélection sur un an de prospection du curateur, en instaurant un dialogue entre cinq artistes chinois et trois artistes français dont l’illustre Nadar, caricaturiste, journaliste et romancier qui a vécu de 1820 à 1910.
Avec : Renaud JEREZ, LI Gang, Edwin LO, NADAR, Aude PARISET, WU Hao, YU Ji, ZHAO Yao, CHENG Ran.

David Maljković : In Low Resolution. Coproduit avec le Festival d’Automne à Paris.

Expositions du 20 octobre au 23 novembre 2014

Dans les Modules – Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent :
– Jean-Marie Appriou : Sonde d’arc-en-taupe
– Enrique Ramirez : Los durmientes.
Et Shahryar Nashat, lauréat du Prix Lafayette 2013

Exposition du 20 octobre 2014 au 11 janvier 2015. Palais de Tokyo, 13, avenue du Président Wilson – 75116 Paris. Ouverture de midi à minuit tous les jours, sauf le mardi. Fermeture annuelle le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. Fermeture exceptionnelle à 18h le 24 et le 31 décembre. Toute la programmation du Palais de Tokyo

 Le Palais de Tokyo a été distingué à Berlin le 30 octobre et élu « Marque culturelle européenne 2014 (marque tendance) ».

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