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La dernière bagnarde de Bernadette Pécassou-Camebrac

C’est un roman bouleversant que nous décrit Bernadette Pécassou-Camebrac. Elle dépeint avec minutie la souffrance des femmes qui ont été envoyées au bagne à Cayenne pour repeupler cette colonie.

 

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Plusieurs femmes sont condamnées à vivre en Guyanne. L’administration leur a fait miroiter une vie paradisiaque. Celle-ci leurs offrait le bonheur de fonder une famille avec un ancien détenu, d’acquérir un joli lopin de terre pour y construire une belle villa. Mais l’horreur les attendait dés leur monté dans le navire, elles sont jetées dans la cale, privée de nourriture, de commodité, d’espace vital…

Le comble de l’horreur se produira durant leur séjour à Saint Laurent où aucune structure n’a été prévue pour leur arrivée.L’administration les enferme dans un carbet surveillé par des hommes ignorants, violents. Leur arrivée est ponctuée par la mort d’une de leur compagne. Les violences se succèdent plus abominables les unes que les autres. Marie subira de nombreuses violences dont le viol. Elle survivra à ses tortures, elle résistera jusqu’à son dernier souffle. Marie enterrera chacune de ses compagnes de galère . Elle restera l’unique survivante de ce charnier. On ignore la date exacte de sa mort.

 

Cette auteur pousse le réalisme à l’excès. Le lecteur sent les odeurs nauséabondes qui polluent l’atmosphère de ses bagnardes. Bernadette Pécassou-Camebrac décrit la promiscuité dans les moindres détails.Elle brosse les traits de chaque personnage avec exactitude : la mère supérieure est acariâtre, fermée dans sa religion, elle refuse le monde qui l’entoure. Le plus grand tortionnaire se nomme « Le Chacal » et son nom est un euphémisme en comparaison avec la terreur qu’il inspire.

Cet écrit retrace ce qu’aurait pu être la vie de ces femmes condamnées à subir ce calvaire, mais aucun écrit de cette torture infligée n’a pu être répertoriée car ces « misérables » femmes étaient pour la plupart illettrées.

 

Je conseille de lire ce roman fictif qui se veut être réaliste. C’est une manière de ne pas oublier que des femmes sont mortes d’épuisement, de maladie, de violences infligées pour le bien de la France du 19éme siècle.

 

Voici quelques citations tirées du roman :

 

 » Comment elle pouvait être encore aussi vivante, et pire, aussi drôle, alors qu’elles allaient tout droit en enfer, embarquées pour un voyage sans retour, pour une destination qu’elles n’avaient pas choisie et qui portait un nom à lui seul terrifiant : le bagne de Cayenne. »

 » Mise au ban des nations, la République envoyait sciemment mourir les siens dans d’atroces conditions. Des hommes et, pire, ces pauvres filles déjà condamnées par le destin à vivre dans la misère et coupables de peu de chose. »

 » Rien ne bougea et l’hécatombe fut colossale. Sur les quarante détenues, il n’en resta que quinze. »

 » L’enfer, dans l’espace étroit du carbet, c’était devenu les autres. »

 » Elles étaient toutes rongées d’une vieillesse précoce qui faisait son inexorable ravage, et il était impossible de retrouver dans ces faces éteintes et couvertes de mauvais fards les visages des jeunes femmes qui, un an plus tôt, avaient embarqué sous le soleil de France. »

 » Cadavérique, terne, vidée de toute espérance, telle était Marie désormais. Elle vivait, mais elle n’existait plus. »

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