La Théorie, une coproduction du théâtre Anthéa d’Antibes

Anthéa vient de présenter La théorie de Marie Yan dans une mise en scène de Valentine Caille, de la compagnie niçoise Lou Pantail.  La pièce, coproduite par le théâtre Anthéa, montre comment les mécanismes des théories du complot se mettent en place. Un sujet plus que jamais d’actualité servi par quatre comédiens de talent.

Lorsque les spectateurs pénètrent dans la salle, les comédiens Léna Garrel et Jordan Sajous sont déjà sur scène, dans la pénombre. Ils discutent. Ils sont Alex et Mo, deux adolescents qui sont dans la même classe au lycée.  Pendant toute la pièce, on ne connaîtra rien de la vie d’Alex, de sa famille, de la classe sociale à laquelle elle appartient. Peu importe. Ce qui saute aux yeux, c’est qu’elle est une forte tête, une écorchée vive, privée de repères, comme de nombreux adolescents peuvent l’être à son âge. Autour d’elle évoluent trois personnages, qui semblent lui vouloir du bien. Ils se succèdent sur scène pour lui parler, tenant des discours animés par des intentions bien différentes. Dans la pièce, il est question du langage et de la perception qu’on en a. La prof d’histoire d’Alex (Laure Wolf) qui ne souhaite que la réussite de ses élèves, se montre bienveillante à l’égard d’Alex, malgré ses provocations en classe. Elle la pousse vers un stage dans le monde des adultes, pour qu’elle s’épanouisse. Mais il en faut peu pour faire vaciller l’esprit d’Alex, aux certitudes et à l’assurance de façade. Elle est proche de Jimmy (Guillaume Verdier), un surveillant du lycée, jeune père, contraint d’élever seul son bébé. Il va lui insuffler sa colère contre la société, lui transmettant peu à peu sa théorie du complot :  Ils sont là pour lui faire du mal. Qui ? Ceux qui gouvernent, ceux qui véhiculent le savoir, les profs donc. Anne, sa prof d’histoire, sera la cible toute trouvée. Aux yeux d’Alex et de Jimmy, elle est d’autant plus en tort qu’elle a été témoin de l’agression de Mo et qu’elle n’a rien fait. Une vidéo l’atteste. Elle sera vue par tout le lycée, sans que quiconque ne cherche à en savoir davantage. Les images suffisent.

Le texte de Marie Yan, dans une mise en scène sobre de Valentine Caille, s’applique à montrer comment le mécanisme des théories conspirationnistes se mettent en place. Le rapport aux informations est alors biaisé. On sélectionnes celles qui peuvent servir la théorie du complot, et on s’applique à dénoncer celles qui pourraient aller à son encontre.

La pièce, courte, fait le constat d’une triste réalité. Valentine Caille a fait le choix d’un décor minimaliste, avec, en fond, un tableau qui s’effrite progressivement et auquel on ne pourra s’empêcher de penser longtemps en quittant la salle.

Après le théâtre Anthéa d’Antibes, La Théorie va poursuivre son chemin à Paris, d’abord au théâtre de l’Etoile du Nord.

A propos laurence ray

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