Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie-Française, sera au Printemps des Arts de Monte-Carlo

A peine finies les représentations de La Dame de la mer d’Ibsen dans une mise en scène de Géraldine Martineau au théâtre du Vieux-Colombier, que Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie-Française, s’est remis au travail pour préparer un nouveau rôle, Harpagon, le célèbre personnage de l’Avare, que mettra en scène Lilo Baur à à partir du mois de juin. Sur scène, il interprète les plus grands personnages du répertoire. Passer d’un personnage à un autre, être un notable dans la journée puis un héros de Corneille ou de Molière le soir ne le dérange pas. Bien au contraire, c’est un plaisir que Laurent Stocker savoure toujours autant.

Dans quelques jours, il sera à Monaco, dans le cadre du Printemps des Arts : d’abord le 30 mars, au Théâtre Princesse Grace où il lira des passages de Rimbaud le fils de Pierre Michon, accompagné du pianiste Camille Taver, puis le 31 à l’auditorium Rainier III pour l’opéra Antigone de François Meïmoun.

A Monaco les 30 et 31 mars dans le cadre du Printemps des Arts

Les 30 et 31 mars, Laurent Stocker sera à Monaco dans le cadre du Printemps des Arts. Ce sera la première fois qu’il jouera en Principauté. Bruno Mantovani, directeur du festival, lui a proposé de lire des extraits de Rimbaud le fils de Pierre Michon, accompagné du pianiste Camille Taver. Ce sera le 30 mars au théâtre Princesse Grace. «Ce texte est un très bel hommage à Rimbaud par le biais de sa mère. Pierre Michon est un auteur passionnant ; il parvient à rendre extraordinaires des choses anodines et simples. Son écriture est proche des gens de la terre ». Laurent Stocker est habitué à lire des textes à voix haute. Il pratique cet exercice plusieurs fois par an, notamment pour la série « Ecouter Lire » de Gallimard. « Tout d’abord on lit le texte puis on voit les passages où il faut insister, ceux qui sont plus rapides ou plus lents. On essaye de donner du corps à un texte qui, au départ, est fait pour être lu pour soi-même et pas forcément à voix haute. C’est passionnant, la lecture. D’ailleurs, maintenant, j’ai du mal à lire pour moi-même et je ressens souvent le besoin de passer par la lecture à voix haute. Je trouve qu’on découvre le sens caché de certains mots en lisant tout haut. », reconnaît-il. Depuis qu’il est enfant, Laurent Stocker lit. « J’ai eu la chance de vivre dans une famille où il n’y avait pas la télévision donc on lisait ! » L’être humain aime qu’on lui raconte des histoires, et, comme il se plaît à le dire, la lecture est, pour cela, un formidable moyen.

Le 31 mars, il sera à l’Auditorium Rainier III pour Antigone de François Meïmoun sur un livret de Géraldine Aïdan. Accompagné des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, il sera à la fois Hémon, Antigone et la Gorgone, avec des voix différentes. Dans certaines parties, il devra même chanter. « Je suis à la fois comédien et chanteur mais pas chanteur lyrique ! J’ai déjà chanté dans plusieurs spectacles mais ce sera la première fois que je le ferai dans un opéra. Je serai le seul soliste. » Un défi que le comédien relèvera sans aucun doute avec brio.

Bientôt Harpagon à la Comédie-Française

Nous avons contacté Laurent Stocker par téléphone quelques jours après la dernière représentation de La Dame de la mer d’Ibsen. Mais bien loin de se reposer, il était déjà en plein travail pour un nouveau personnage. En effet, à partir du 2 juin et jusqu’à fin juillet, en alternance à la salle Richelieu, il sera Harpagon dans l’Avare mis en scène par Lilo Baur. Une reprise puisque la pièce avait déjà été créée en 2022 et projetée en direct dans plusieurs centaines de salles de cinéma Pathé, le soir de la deuxième représentation. Un succès comme toutes les autres pièces jouées par la Comédie-Française et retransmises dans les cinémas. Le public ne se lasse pas des grands classiques du théâtre et encore moins des pièces de Molière. Harpagon a été interprété par de grandes figures du théâtre français. « Il faut toujours parvenir à trouver quelque chose d’unique dans le personnage qui fera qu’on sera le seul à le jouer comme ça. Chaque comédien l’interprète différemment et c’est ce qui est intéressant », reconnaît Laurent Stocker.

Au cinéma et à la télévision

Ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Laurent Stocker au théâtre l’ont sûrement déjà vu à la télévision et au cinéma. En 2008, il a remporté le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Ensemble c’est tout de Claude Berri. Il était un jeune homme de bonne famille souffrant de bégaiement. Théâtre, cinéma, télévision, il passe très facilement d’un genre à un autre, d’un personnage à un autre. « J’aime beaucoup tourner la journée et jouer le soir. C’est presque un autre métier. La journée de tournage se termine le soir sur scène ! ». La première question qui nous vient alors à l’esprit c’est alors comment faire pour parvenir à cloisonner les personnages ? « Le cerveau fonctionne comme une mémoire avec des portes qui s’ouvrent et des portes qui se ferment. Il y a un côté schizophrène chez les acteurs ! » D’ailleurs, au théâtre et au cinéma ou à la télévision, il interprète des personnages très différents. Sur scène, il fait souvent rire tandis que sur les écrans, on lui confie souvent des rôles de magistrats, d’hommes politiques. « C’est sûrement dû à la Comédie-Française. Les gens s’imaginent que c’est très sérieux alors que ceux qui y travaillent savent bien que ce n’est pas si sérieux. Il y a plein de choses différentes à la Comédie-Française ! », plaisante-t-il. Lui qui adore les comédies se retrouve donc souvent à jouer des notables. « Je ne serais pas allé naturellement dans ces rôles-là mais c’est là où on me voit », admet-il.

Cet été, il sera à l’affiche de Un hiver en été de Laetitia Masson. Il sera un colonel de l’armée, devenu sourd à la suite d’une intervention en Afghanistan. Il vient de se rendre compte que sa vie ne lui convient plus. Il se sépare alors de sa femme et subit ensuite des pressions étranges de la part du monde extérieur… Voilà de quoi attiser notre curiosité ! La réalisatrice vient également de le diriger dans « Citoyens clandestins », une série d’espionnage pour Arte dans laquelle il incarne un des patrons de la DGSE. Décidément encore un rôle de notable…

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