L’Avare avec Michel Boujenah, dans une mise en scène de Daniel Benoin

Le 15 janvier marquera le quatre-centième anniversaire de la naissance de Molière. Ce sera précisément ce jour-là que débuteront à paris, au théâtre des Variétés, les représentations de L’Avare avec Michel Boujenah, dans une mise en scène de Daniel Benoin. Quelques jours avant, la pièce, qui avait été créée à Anthéa en 2019, était de retour à Antibes pour trois représentations.

Une maison aux murs délabrés

L’Avare, c’est Harpagon, un homme d’une soixantaine d’années, pour qui l’argent représente une véritable obsession. Il en parle dans chacune de ses conversations, que ce soit avec sa fille et son fils, ou avec ses domestiques, sur le dos desquels il cherche à faire des économies, au point de les rendre polyvalents. Il veut posséder, si bien que lorsque sa fameuse cassette disparaît, il est anéanti.

Dans la mise en scène signée Daniel Benoin, l’avarice d’Harpagon apparaît dès que le rideau se lève et dévoile l’intérieur d’une maison bourgeoise aux murs et aux plafonds délabrés. Pour le maître de maison, il s’agit évidemment de faire des économies. Il est impossible d’avoir chaud dans cette grande maison, alors qu’il fait très froid et que la neige tombe à gros flocons dehors. Harpagon a fait mettre un chauffage dans une véranda exiguë où il se réfugie lui-même et vers tous les autres personnages se dirigent, dans l’espoir de se réchauffer quelques instants. Pas question de dépenser de l’argent inutilement. Ses domestiques portent des vêtements usés et troués de tous côtés.

Michel Boujenah, formidable Harpagon

Lorsqu’il fait son entrée sur scène, en ouvrant avec fracas les grandes portes, Harpagon apparaît aussi négligé que sa maison et ses domestiques, les cheveux mi-longs, pas coiffés, vêtu d’un simple costume noir qu’on devine rapiécé. Pour incarner Harpagon, Daniel Benoin a fait appel à Michel Boujenah. Le comédien parvient à rendre l’avare le plus célèbre du théâtre à la fois drôle et touchant, profondément humain. Il aime l’argent mais il est aussi épris d’une jeune femme sans dot, Marianne, qu’il envisage d’épouser, ignorant que son fils est également amoureux d’elle. Quant à sa fille, qu’il a l’intention de marier à un homme riche et bien plus âgé, elle est amoureuse d’un jeune homme qui a pris l’apparence d’un valet pour s’introduire dans la maison et être ainsi à ses côtés. Tout semble échapper à Harpagon : ses enfants, la jeune femme qu’il convoite et surtout son argent. Et là, c’est le drame. Dans le célèbre monologue où il déplore le vol de sa cassette, Michel Boujenah fait d’Harpagon un homme brisé et pathétique dans le sens étymologique du terme. Il n’a plus de raison de vivre et se met donc à nu, se réfugiant, presque sous terre, là où il avait caché sa fortune.

L’Avare fait partie des pièces de Molière les plus connues et les plus jouées du répertoire classique. Lorsqu’on s’attaque à un tel monument, on est forcément attendu au tournant. Daniel Benoin s’en tire avec les honneurs. Sa mise en scène est d’une formidable justesse, servie par les décors de Jean-Pierre Laporte et les costumes de Nathalie Bérard-Benoin. Elle trouve son point d’orgue dans le deus ex machina de la la scène finale, où Harpagon, seul, à terre, devient le témoin du bonheur de tous les autres personnages, qui semblent avoir pris place sur la scène d’une pièce de théâtre. Une mise en abyme éclairée par la vidéo de Paulo Correia, qui, pendant quelques instants, apporte à cette maison où tout s’écroule, la lumière qui lui manquait tant.

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