Le seul chemin acceptable. La création de Thu-Anh Nguyen au studio Le Regard du Cygne

 

L’expressivité du visage de Thu-Anh Nguyen raconte tout. Mais encore, ça ne suffit pas : ce qui raconte le plus, c’est son corps – parfois dans la posture de vigilance, parfois comme si la danseuse s’apprêtait à faire un saut. Parfois, en course. Parfois, en attaque. Car le corps est une arme : et il supportera tout, passera par tout. Vaincra tout.

C’est sur le traumatisme, que Thu-Anh Nguyen raconte dans son spectacle « Blanc/Contours ». LE traumatisme – et ce comment on marche « après ». Alors, quant à l’« après », d’abord il faut dire qu’on n’est jamais le même qu’on était « avant ». « Après », on peut être seulement soit plus fort, soit capituler : devenir un looser. En vrai alors le choix n’existe pas : car il est impossible de choisir la défaite et la perte. Le seul chemin acceptable est alors de s’arracher – et de le faire avec toute la force et toute la détermination, de tout son corps : et Thu-Anh Nguyen est celle qui le réussit remarquablement. Pas tous arrivent de s’arracher après vivre impensable.

LE traumatisme – et LES traumatismes. Le spectacle de la chorégraphe qui présentait sa création hier à Paris, parle d’un type des traumatismes très concrète – et concernant, sans doute, le Viol – on peut pourtant aussi se questionner à l’occasion sur LES traumatismes de tous les genres : et aussi de ceux dont la durée est répartie dans le temps. Ce qui était montré hier, par la métaphore dans la création dansée, peut être aussi une allusion à ce qui s’exerce et a lieu incessamment dans la société actuelle : où les lois et la politique organisent à merveille la folie, le dépérissement, et (oui, ne nous mentons pas et ne fermons pas des yeux) LES Viols des humains, en les condamnant à l’existence dans les conditions d’un traumatisme durable, infini, constant.

Comment raconter le traumatisme qui ne finit pas – le traumatisme, et LES traumatismes : ceux des personnes privées des Droits Humains dans nos pays pseudocivilisés… ? Comment marcher « après », quand il n’y a pas d’« après »… ? …Mais c’est déjà un thème pour un autre spectacle.

Texte & photos : BALLADYNA De Tempête

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Les images accompagnant l’article parviennent de la présentation parisienne « Blanc/Contours » de la danseuse/chorégraphe Thu-Anh Nguyen (avec Antoine Barjini – partition graphique), traitant de(s) traumatisme(s) – et comment on marche… « après ». La création faisait la partie des  « Spectacles Sauvages » : ce mois au studio Le Regard du Cygne (un lieu consacrant ses espaces spécifiquement aux présentations des nouveaux courants de la chorégraphie et danse contemporaine).

Studio Le Regard du Cygne : 210, rue de Belleville, 75020 Paris. Les informations sur l’adhésion et les spectacles : +33 (0) 143585593.

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