“Rosalie” au cinéma le 10 avril : rencontre avec Nadia Tereszkiewicz, Benoït Magimel et la réalisatrice Stéphanie di Giusto

“Rosalie”, le deuxième long métrage de Stéphanie Di Giusto sortira le 10 avril au cinéma. Il aura fallu attendre plusieurs mois après sa présentation au dernier Festival de Cannes pour voir en salles le portrait de cette femme forte, éprise de liberté, interprétée magistralement par l’actrice Nadia Tereszkiewicz. Rosalie n’est pas une femme comme les autres : depuis sa naissance, son visage et son corps sont recouverts de poils. De peur d’être rejetée et de choquer- d’autant plus que nous sommes en 1870- , elle est obligée de se raser. Elle finit par épouser Abel (Benoît Magimel), un tenancier de café acculé par les dettes, qui ignore son secret. Rosalie veut alors devenir une femme libre et décide de laisser pousser sa barbe, provoquant de nombreuses réactions chez les villageois et son mari…

C’est à Nice, à l’occasion du festival Cinéroman que nous avons rencontré la réalisatrice Stéphanie di Giusto accompagnée de Nadia Tereszkiewicz et de Benoît Magimel. Ils nous ont parlé du film et de ce couple atypique qui va apprendre à s’aimer.

France Net Infos : Le rôle de Rosalie était un véritable défi, qui pouvait peut-être faire peur. Qu’est-ce qui vous a donné envie de l’accepter ?

Nadia Tereszkiewicz : A la première lecture du scénario, j’ai été vraiment touchée par le personnage. Même si Rosalie est hors-normes, je me suis quand même identifiée. J’ai pensé que je pouvais me projeter dans ce personnage. Ce film parle de la différence. Je n’ai pas pensé aux quatre heures de maquillage quotidiennes ! J’avais vu “La danseuse” de Stéphanie et j’ai tout de suite pensé qu’elle allait faire quelque chose de beau. Je lui ai fait complètement confiance et je n’ai pas pensé à l’apparence que j’allais avoir.

France Net Infos : Le film montre le parcours d’une jeune femme éprise de liberté qui va finir par s’accepter. Avez-vous perçu de cette façon votre personnage ?

Nadia Tereszkiewicz : Ce que je trouvais intéressant, c’est que c’est précisément lorsqu’elle porte sa barbe qu’elle est le plus féminine. C’est ce qui la définit en tant que femme. Je trouvais vraiment beau qu’elle s’assume et qu’elle trouve son désir au moment même où elle décide de porter la barbe. Elle va alors faire face à une grande violence mais elle va aussi connaître un amour inconditionnel.

France Net Infos : Elle exprime à plusieurs reprises son désir de maternité…

Nadia Tereszkiewicz : Il y a plein de manières de vivre sa féminité. Pour elle, c’est d’être amoureuse et d’avoir un enfant. C’est ce qu’elle considère comme normal dans la société. Mais qu’est-ce que la normalité ?

France Net Infos : Votre rôle a-t-il nécessité une longue préparation physique ?

Nadia Tereszkiewicz : Je devais me lever à 3h45 tous les matins mais c’était une façon de rentrer dans le personnage. C’était comme un rituel. Je savais que j’avais mes trois-quatre de préparation. Rosalie avait besoin des poils mais aussi de la coiffure et des vêtements pour exister. J’avais mes habitudes chaque matin ; j’écoutais toujours la même playlist.

Stéphanie di Giusto : Ce qui est incroyable chez Nadia, c’est que même avec cette barbe, elle garde une sensualité troublante. L’idée était de trouver cette espèce d’érotisme inédit chez elle.

France Net Infos : Benoît, votre personnage est un homme fragile, qui a subi un traumatisme à la guerre…

Benoît Magimel : Il est brisé et il a peu d’espoir sur ce qui lui reste à vivre. Il tente de se reconstruire en empaillant les animaux et en se remplumant lui-même peut-être. Il se marie avec Rosalie mais il ne sait pas ce qui l’attend avec cette union. Il attend peut-être un coup du destin. En tout cas, ça va être une grande surprise pour lui. C’est un homme qui va réapprendre à aimer. Rosalie éprouve une certaine honte à l’égard d’Abel au départ. C’est un inconnu pour elle. Elle se demande donc comment il va réagir. Elle va finalement transformer cette peur pour en tirer un avantage et l’aider parce que c’est un homme en difficultés. Elle va en faire sa force, ce qui va l’inquiéter encore plus parce qu’il connaît les hommes et qu’il sait ce qu’on peut faire à ceux qui ne sont pas dans la norme.

Stéphanie di Giusto : En fait, Rosalie va mettre Abel à l’épreuve parce qu’elle veut être aimée telle qu’elle est. Au fur et à mesure, les sentiments vont naître à travers un désir qui leur échappe à tous les deux finalement.

“Rosalie” de Stéphanie Di Giusto avec Nadia Tereszkiewicz, Benoît Magimel, Benjamin Biolay, Juliette Armanet, Gustave Kervern… au cinéma le 10 avril

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