Au XVIIe siècle, alors que la traite négrière et le commerce triangulaire s’installent durablement, certains destins basculent dans la violence de l’Histoire ! Shango, pirate noir des Caraïbes, publié aux Éditions Robinson le 18 février 2026, retrace l’itinéraire d’un homme arraché à sa terre natale et propulsé malgré lui vers la piraterie.
À travers cette fresque maritime, les auteurs nous plongent dans l’âge d’or des flibustiers et des boucaniers. Mais sous un angle rarement exploré : celui des pirates noirs, figures souvent effacées des récits officiels.
Entre aventure, tragédie et quête de liberté, cette épopée promet un récit aussi spectaculaire qu’engagé.(+16)

Le décor
Septembre 1639, en Afrique de l’Ouest.
Shango, jeune homme fier et courageux, est accusé à tort par une femme repoussée d’avoir voulu le séduire. Pour laver son honneur, il doit affronter un lion redoutable ou accepter l’exil. Il choisit le combat.
Mais l’épreuve tourne court !. Un guerrier Fon intervient avec un « bâton de feu », une arme inconnue de Shango. Sauvé en apparence, il comprend rapidement qu’il est devenu captif. Les rivalités entre royaumes africains, alliées aux intérêts des marchands européens, alimentent déjà la traite humaine. Le roi d’Abomey échange des armes contre des esclaves. Des Hollandais, surnommés les « diables blancs », attendent leur cargaison.
Tandis que son village le croit disparu ou lâche, Shango est embarqué sur un navire négrier pour un voyage sans retour. C’est en mer que son destin bascule véritablement, là où l’esclave deviendra pirate !!

Le point sur la BD
Avec Shango, pirate noir des Caraïbes, les Éditions Robinson mettent en lumière une mémoire occultée : celle des pirates noirs de l’âge d’or de la piraterie. Si des noms comme Black Caesar ont traversé le temps, beaucoup d’autres ont disparu des archives. Probablement exécutés, revendus ou simplement effacés des registres.
Le scénario s’appuie sur le solide savoir-faire d’Arnaud Delalande, romancier, mais aussi scénariste reconnu de bandes dessinées historiques comme Surcouf, Le Chevalier d’Éon ou Notre-Dame de Paris. À ses côtés, Marc de Banville, ancien journaliste et documentariste, apporte une rigueur historique nourrie par des années d’enquêtes de terrain. Cette double approche, romanesque et documentaire, donne au récit à la fois ampleur narrative et crédibilité !
Le choix du nom Shango, je suppose, référence à la divinité africaine du tonnerre et de l’éclair, renforce la portée symbolique du récit. Graphiquement, Guy Michel, formé aux Beaux-Arts de Versailles et reconnu pour ses univers d’heroïc fantasy, déploie un souffle épique impressionnant !! Les vastes panoramas marins et les lumières flamboyantes contrastent avec la brutalité de certaines scènes. Son trait réaliste et expressif renforce la tension dramatique sans jamais édulcorer la violence de l’époque !

Conclusion
Avec Shango, pirate noir des Caraïbes, les Éditions Robinson proposent bien plus qu’un simple récit de piraterie. Cette fresque maritime redonne voix à des figures oubliées et rappelle que l’âge d’or des pirates fut aussi celui de la traite et des luttes pour la liberté.
Entre grand spectacle, tension dramatique et devoir de mémoire indigène, ce premier tome pose les bases d’une saga puissante et passionnante, où l’aventure se conjugue avec l’Histoire ! « Filons vers l’avenir de cet homme, à pleines voiles », et attendons la suite de cette aventure foisonnante à la poursuite des mythiques trésors des Caraïbes !!!
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