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Tour de France 2014, entretien avec Ronan Pensec

ronanpensecL’Angleterre point de départ du Tour 2014, change d’atmosphère. Au bord des routes, du Yorkshire à Cambridge, on voit naître, à une semaine de l’évènement, l’impatience et la fièvre jaune envahir le cœur des britanniques. Ces derniers ont d’ailleurs mis les grands moyens pour accueillir la course la plus populaire du monde. Quatre Fan Parks seront mis en place du 3 au 7 juillet, ainsi que lors des quatre dernières étapes. Si ces derniers seront des lieux de rencontre incontournables pour les amoureux du Tour et du vélo qui pourront suivre l’étape du jour en direct sur des écrans géants, ils seront aussi l’occasion de profiter de nombreuses animations, offertes par les partenaires de l’évènement.

Mais avant de voir s’élancer les coureurs le 5 juillet prochain, Ronan Pensec, l’un des acteurs de ce Tour de France nous a accordé un entretien vendredi dernier, sur la route des Championnats de France, et je tiens à le remercier pour sa disponibilité.

Ronan Pensec, consultant à France Télévisions, depuis 1997, année où il a arrêté sa carrière, est l’un des meilleurs coureurs français des années 80 et 90. Maillot jaune du Tour en 1990, 6ème du Tour en 1986 et 7ème en 1988, il a accumulé les places d’honneur tout au long de sa carrière avec notamment, une deuxième place sur le Dauphiné Libéré en 1986 et 1994, et une deuxième place sur le Paris Nice en 1988. Le breton compte aussi de belles victoires à l’image du GP de Plouay, mais aussi la Route du Sud, le GP de Rennes, ou encore l’Etoile de Bessèges.

Aujourd’hui, l’ancien coureur multiplie les activités. Présent sur le Tour en tant que consultant à la régie, où il participe à la prise de décision des images à mettre à l’antenne lors des directs, Ronan Pensec a aussi créé plusieurs centres de contrôle technique automobile en Bretagne. Il possède aussi depuis 2003, sa propre agence de voyage, avec la Ronan Pensec Travel, spécialisé dans le sport cycliste. C’est un homme très occupé que j’ai donc retrouvé vendredi dernier sur la route des Championnats de France, pour nous parler de lui, mais aussi du prochain Tour, dont voici l’essentiel :

On sait que la reconversion n’est pas chose facile pour des sportifs de hauts niveaux. Peux t’on dire que vous avez réussit la vôtre ? J’en sais rien. J’avance c’est le principal. C’est intéressant parce que j’ai pas mal d’activités, c’est très diversifié, pas du tout monotone. Alors la réussite ? L’essentiel est de se faire plaisir.

On voit aujourd’hui beaucoup de coureurs encore présents dans le peloton à 40 ans, voir plus, à l’exemple de Voigt ou Rebellin. C’était moins courant à votre époque. La carrière était t’elle plus exigeante en votre temps ? Non je ne pense pas. C’est la donne qui a changé. Aujourd’hui les équipes tournent à 25 coureurs, en mon temps elles tournaient à 18 coureurs. Y’a moins de turn-over aujourd’hui. Mais je pense que c’était plus dur avant au niveau de la sélection pour devenir pro.

Vous n’avez participé qu’une seule fois au Giro et à la Vuelta. Le regrettez-vous aujourd’hui ? Non, non parce que je faisais essentiellement le Tour. Je n’avais pas le gabarit pour enchaîner 2 tours en les faisant à bloc de toute façon. Je n’ai donc aucun regret à ce niveau là.

Quelles sont les coureurs qui vous ont le plus marqués durant votre carrière ? Bernard Hinault bien sûr, et Robert Millar, parce qu’il avait le même profil, le même gabarit que moi…

Si vous deviez évoquer votre meilleur souvenir ? Moi ce qui m’a le plus marqué, et avant le port du maillot jaune, c’est ma première participation au Tour de France, que j’ai terminé à la sixième place à 23 ans. Apparaître au grand jour aux yeux des non spécialistes du vélo, c’était un grand moment.

On voit certaines équipes qui couvent leurs coureurs, et qui attendent qu’ils aient 27 ou 28 ans pour leur donner un rôle de leader, qu’en pensez-vous ? Je pense qu’il ne faut pas trop les couvrir, parce qu’après le moteur est dur a débrider. Mais j’ai pas trop le sentiment tout de même, on a vu Bardet par exemple l’an dernier sur le Tour, qui est encore jeune. Mais c’est clair qu’il ne faut pas trop les couver parce qu’après on rentre dans la facilité très vite. Pour Warren Barguil (pas présent sur le Tour) par exemple c’est différent, son équipe, l’équipe Giant-Shimano a préféré jouer sur les étapes de plaines pour faire courir ses sprinteurs, elle n’a pas voulut jouer le général, c’est un choix d’équipe.

Pensez-vous que la génération Bardet/Pinot est plus forte que celle des Chavanel/Voeckler ? Je pense, intrinsèquement oui. En qualité pure aussi. Ils sont mieux armés mais ça ne fait pas tout. Il y a aussi la tactique de course, la capacité a se faire mal à se remettre en question. Parce qu’on a vu des coureurs avec de fortes capacités qui se sont perdus en route. Le plus dur c’est de confirmer…c’est le cas de Thibaut Pinot, que l’on a pas vraiment vu depuis 1 an et demi, et qu’on espère au plus au niveau sur ce Tour. On attend de voir.

Que pensez-vous justement de ce prochain Tour de France ? Il n’est pas très montagneux. Mais y’a quand meme des étapes pièges, notamment dans l’Est de la France. Ce ne sera pas des étapes de légendes comme l’Alpe d’huez, mais elles vont etre difficiles. Sur le papier elle ne paye pas de mine, mais elles peuvent créées des surprises.

 Quelles étapes voyez-vous décisives ? Les Alpes et les Pyrénées, et bien sûr le contre la montre, mais aussi les deux étapes dans l’Est de la France.

Pensez-vous que les secteurs pavés peuvent avoir une importance pour le général ? Non, parce que les équipes vont placer leurs leaders. Ca ne se court pas pareil que sur un Paris Roubaix où les équipes vont miser sur leur leader, style Cancellara. Là les équipes vont placer leur leader en vu du général. Il faudra surtout être vigilant et se placer.

 Que peux t’on attendre d’un coureur comme Pierre Rolland qui a terminé 4ème du dernier Giro ? Qu’il se comporte bien sur une étape.

Vous ne le voyez pas au général ? Non pour le général c’est trop dur pour lui, il n’a pas la caisse pour encaisser 2 tours.

 Alors vous êtes plutôt Froome ou Contador ? Je préfère Contador. Parce qu’il court mieux, qu’il a plus de panache. Il m’inspire plus. Il a aussi plus de charisme, plus de caractère et un style plus élégant.

On a aujourd’hui une génération de sprinteurs importants avec Démare, Bouhanni et Coquard. Y voyez-vous une explication ? Oui c’est vrai, mais je pense que c’est un peu le hasard générationnel. Y’a pas vraiment d’explications…

Quels conseils donneriez-vous à un néophyte du Tour ? C’est difficile à répondre. Je ne peux pas vraiment répondre à ça, tout dépend de son rôle sur le tour. Qu’il soit sprinteur, grimpeur, leader ou simple équipier, la première chose est d’être vigilant.

Pour vous Quintana, qui ne sera pas présent sur le Tour, est t’il le grand coureur de demain ? Oui je pense.. Pour l’instant tout lui est favorable, en montagne il est très fort et en contre la montre il se débrouille, pas trop mal. Il limite la casse,  c’est pas encore du niveau de Contador. Contador est plus complet. Mais ce sera un des plus grands oui.

 Certains disent que la génération de coureurs africains pourraient devenir de redoutables grimpeurs. Qu’en pensez-vous ? Pas grand chose, pour l’instant on a rien vu.

Pour finir, voyez-vous un français remporter le Tour dans les 10 ans ?  10 ans c’est loin….peut etre que y’en a qui arriveront et qui ne sont pas encore là, donc c’est difficile…dans les 5 ans en tout cas non. On a de très bons coureurs, comme Bardet et Pinot, qui est un gros point d’interrogation. Ce qu’il faut avant tout c’est un mental et la capacité physique pour gagner.

Encore Merci Monsieur, Ronan Pensec, bon Tour de France !

A propos guillaume joubert

Après avoir été rédacteur sur divers sites musicaux comme Rocknfrance, Zikannuaire, Punksociety, Zik'nblog, et animateur d'une émission de radio diffusée sur 12 radios, dont 7 FM, en France, en Belgique et en Suisse, j'ai décidé de reprendre l'écriture sur FranceNetInfos. C'est un plaisir de participer à la diffusion d'informations régionales et nationales, sur des sujets qui me tiennent à coeur comme, entres autres, la culture, le cyclisme et l'environnement.

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Un commentaire

  1. Très bonne interview . La prochaine nôtre président ?

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