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Transat Bénodet-Martinique : Convergence aux Açores

Alors que la dépression qui se creuse au sud des Açores s’éloigne vers le sud, les dix-sept concurrents de cette Transat Bénodet-Martinique n’ont pas d’autre choix que de passer au nord de celle-ci. Ainsi, comme on pouvait s’y attendre ce samedi, les trajectoires convergent toutes vers les Açores et les écarts, déjà faibles, se réduisent encore. Les solitaires sont désormais tous logés à la même enseigne et progressent à bonne vitesse vers le sud de l’archipel, poussés par des vents d’est soutenus.

 

 

A l’image de cette nuit, cette journée de samedi s’annonce propice à la vitesse. Et pour cause, ce matin, les marins bénéficient d’un vent d’est nord-est établi autour de 25 nœuds et filent à plus de 11 nœuds sous spi. Très vite, ils vont néanmoins devoir composer avec une mer de plus en plus mauvaise et désordonnée. Joints à la vacation de 5 heures, les leaders de la flotte, Frédéric Rivet (Vendée 1), Eric Péron (Macif 2009) et Nicolas Lunven (Generali) indiquaient déjà sentir le changement. «  Ca se creuse doucement. Ca chahute un peu. Pour se reposer, ce n’est pas évident. Il faut rester concentré et passer du temps à la barre » détaillait notamment Péron. L’heure est donc au pilotage aux abords des Açores. Elle est aussi à la réflexion et à l’anticipation car si demain, les conditions vont s’améliorer avec l’éloignement de la dépression vers le sud et, par conséquent, des vents qui vont mollir graduellement, dès demain soir, une seconde dépression va arriver par le nord. « Ca va se gâter. Ce front froid semble très actif. Il va nous passer dessus et renforcer le vent de manière conséquente. Il faudra faire attention » prévient Lunven, déjà en train de surveiller la trajectoire et la vitesse de progression de cette nouvelle dépression qui pourrait apporter jusqu’à 45 nœuds, si l’on en croit les fichiers météo. C’est sans doute cette perspective qui a décidé Gildas Morvan (Cercle Vert), victime de la casse de son étai à s’arrêter au mouillage sous le vent de l’île de Santa Maria – qu’il devrait atteindre en fin d’après-midi, aux alentours de 18 heures – pour réparer cette pièce essentielle qui retient son mât sur l’avant du bateau.

Ils ont dit :

Frédéric Rivet (Vendée 1) : « Je m’attendais un peu à ce que tout le monde revienne mais je ne sais pas trop ce qu’il en est, je n’ai pas encore regardé les classements. En ce moment c’est vraiment sympa de naviguer, même aux abords des Açores. On a de bonnes conditions, on est des privilégiés de faire ça ! On attend un coup de vent pour demain, ça va être un peu la partie difficile à passer. Là ca secoue pas mal. J’ai pu recharger les batteries dans la journée d’hier mais toute la nuit j’étais à la barre. Je me suis accroché pour rester devant. Je pense que c’est un peu un nouveau départ car tout le monde s’est regroupé. »

 

Eric Péron (Macif 2009) : « On est dans le nord d’une petite dépression donc on a tous un peu le même schéma. Il faut l’enrouler par le nord et derrière on aura une porte de sortie assez étroite avec des conditions fortes. On converge tous, ça va être un peu l’autoroute pendant 24 à 30 heures. Normalement on ne devrait pas avoir beaucoup plus fort que maintenant – un bon 25 nœuds – dans les prochaines 24 heures. La mer va être croisée et mauvaise. D’un coté, il y a un grand flux de Nord avec du vent qui arrive et de l’autre, un flux d’Est est formé par la dépression : tout cela forme un petit clapot bien sympa. Pour le moment la mer est courte mais ça surfe quand même ! On va vite mais ce n’est pas ce qu’il y a de mieux à piloter. On fait avec. C’est toujours bon d’être dans des conditions où c’est maniable et ça avance vite. J’en ai profité pour être sous pilote tant que c’était relativement maniable. Je suis me reposé pour attaquer la suite et passer la journée à la barre pour avancer un minimum. Je ne vais pas changer ma trajectoire pour éviter les îles, je vais passer au plus près de la dépression qui est dans mon sud. On va être sous spi et ensuite, dans 24 heures, un vent fort arrive va durer au moins 48 heures. Je commence à accuser la fatigue mais le rythme s’installe. En tous les cas, il y a du match, c’est cool ! »

 

Nicolas Lunven (Generali) : « Le vent est rentré hier matin, doucement, donc j’en ai profité pour faire la grasse mat’, la toilette du personnel et du bateau, la bouffe, le rangement, et j’ai beaucoup dormi ! Et cette nuit, c’est rentré. Il y  25 nœuds, ça file vite sous spi avec Erwan Tabarly toujours dans mon tableau arrière. Maintenant on a une dépression sur la route. Il faut conserver les vents portants le plus longtemps possible. La mer se creuse un peu. Là ça va encore mais elle commence à se désordonner. Pour le vent, ça ne devrait ne pas évoluer aujourd’hui. Dimanche ca va se gâter car le front froid qui semble être très actif va nous passer dessus et renforcer le vent de manière conséquente. On aura jusqu’à 40 à 45 nœuds avec une mer mauvaise, il faudra faire attention. Là je vais à 15 nœuds dans 25 nœuds de vent. Le bateau part en surf donc pour se reposer ce n’est pas évident car ça chahute un peu. Tout le monde s’est rapproché, on va voir ce que chacun va faire. Moi, je fais ma course. Je ne suis comme sur une régate d’une journée … je ne veux pas me faire un torticolis en passant mon temps à regarder derrière… Je fais ce que j’ai envie de faire. »

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