Une idée géniale : trois Sébastien Castro pour un délirant Feydeau

Une bonne comédie de boulevard repose toujours sur “Une idée géniale”. Encore faut-il qu’elle soit bien exploitée et que l’interprétation soit de qualité.

La nouvelle création de Sébastien Castro ne déroge pas à la règle. Bien au contraire, elle revisite à merveille la farce rythmée à la Feydeau, avec une écriture millimétrée à la Francis Veber.

Une totale réussite trépidante et hilarante. 

Après la visite d’un appartement, Arnaud soupçonne sa femme Marion de s’être amourachée de Cédric l’agent immobilier. Par le plus grand de hasard, il tombe nez à nez devant Thomas, un comédien amateur, sosie officiel de Cédric. Arnaud a l’idée géniale de piéger Marion en faisant passer Thomas pour un Cédric prétentieux et vulgaire. Marion sera outrée, et l’adultère fantasmé aussi vite oublié. “Une idée géniale”.. en théorie, qui va bien sûr échappée à tout le monde.

Des répliques géniales

Sébastien Castro joue avec les mots à merveille, sans jamais sombrer dans la vulgarité. Le trait de chaque personnage est vite dessiné, mais pas caricaturé. La scène d’ouverture où Arnaud (José Paul) essaye d’expliquer le jeu de rôle à Thomas (Sébastien Castro) s’éternise avec malice. Les malentendus et répliques fusent pour mieux crédibiliser les enjeux.

Quand un amoureux caractériel rencontre un idiot, toute idée géniale coure à la catastrophe. Et dès lors que le jeu est sincère, il n’y a plus qu’à dérouler la farce pour notre plus grand plaisir.

Un dîner de cons génial

3 portes, une pièce à l’étage et un sous-sol suffisent pour que ce dîner de cons vous emporte dans une avalanche de quiproquos absurdes. Car en plus du faux Cédric qui rencontre le vrai, vient s’ajouter le frère jumeau de Thomas. Les 3 joués par Sébastien Castro qui alterne les rôles grâce à d’astucieux effets de lumière, et surtout à une mise en scène originale au rythme effréné.

Le tout s’appuie sur des seconds rôles bien écrits, mis en valeur dans d’improbables moments d’accalmie. Laurence Porteil apporte une sensibilité à la pièce, en femme trompée à son propre jeu de mensonges. Et Agnès Boury, comme voisine loufoque frappée par un coup de foudre inattendu.

Quant au Père Aymeric.. rien que pour ça, “Une idée géniale” mérite une suite.

Une idée géniale
au Théâtre Michel, jusqu’en décembre. 

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2 commentaires

  1. C’est Cédric (Cèdre hic), le vrai agent immobilier et non Eric :0)

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