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Les yeux rouges de Thierry Loisel aux Editions Bleu et jaune

Je pourrais m’aventurer à vous parler de l’oeuvre de Thierry Loisel, ayant chroniqué les 8 et 9 Septembre 2016, les Cinq nouvelles ukrainiennes et les Cinq nouvelles italiennes avec un grand bonheur, pourtant face à ce « roman bref » qu’il nous propose, Les yeux rouges, livre qui vient de paraître aux Editions Bleu & Jaune, je reste étrangement sans voix.

Mais d’abord laissez moi vous présenter Thierry Loisel. Il est né en 1955 à Montivilliers, près du Havre. Après des études de philosophie et de littérature, il s’installe en 1989 à Paris. Traducteur, cinéaste et écrivain, il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles, il vit à Budapest depuis 2007.

« Les yeux rouges » nous est présenté par l’auteur de la façon suivante « ni projet abouti, ni à l’inverse roman inachevé, ou si l’on veut l’un et l’autre à la fois. … » On ne pouvait trouver meilleure définition de cet « OVNI » littéraire. Le héros de ce livre n’a pas de nom, je j’appellerais si vous le voulez bien « Je ». « Je » travaille a lire, a relire et a corriger des textes défilant devant ses yeux sur un gigantesque cyclindre, il n’est pas seul, 20 ou 30 compagnons se livrent au même exercice en même temps que lui.

C’est son travail, sa mission exercée sans passion, sans esprit critique, les mots défilent devant ses yeux mécaniquement, froidement.

Sa seule émotion, une larme « lourde, épaisse, irritante »  … un léger signe vain, un émoi volatile retourné trop vite d’où il était venu, formé sous la surface du corps ». Et puis la douleur arrive, persistante qui fait place au malaise, laissant « Je » sans force, incapable d’accomplir sa tâche, ne pouvant que décrire ce moment de faiblesse dans un carnet fourni par « l’administration » du camp.

« Je » n’est pas né dans ce camp, il y a été placé après sa naissance. Après une quantité impressionnante de tests, sa cartographie encéphalique démontre une qualité évidente pour la neuro-transmission, il est donc orienté vers le camp des Productions et informations écrites pour lire une quantité impressionnante d’ouvrages de toutes sortes. « Sans projet. Sans finalité. Lire pour lire ».

« Je » passe des heures entières, des jours entiers a lire, jusqu’à se retrouver face au cylindre déroulant des kilomètres de mots a contrôler, a corriger, un poste à responsabilités, un rôle de premier plan lui dit-on.

Mais notre personnage principal n’est pas qu’une mécanique bien huilée, de mission en questionnements, de lectures automatiques en malaises véritables, il s’achemine vers une forme de conscience de l’ailleurs, de « hors du camp » … jusqu’à une fin improbable que je ne vous raconterai pas, bien sûr.

De quoi parle-t-on dans ce roman bref  ? j’ai repensé, en parcourant ces pages à l’indispensable livre de J.P. Sartre, Huit clos « l’enfer c’est les autres », sommes nous en enfer ? je pense aussi à F. Kafka et son terrible Procès, décrivant « une atmosphère cauchemardesque, sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l’individu. » « Je » prend conscience, mais en est-il plus heureux ? Irrésistiblement, cet éveil le pousse à se libérer. Mais que sera le libre arbitre de « Je » ?

Je vous laisse découvrir ce court livre de 90 pages qui pose tant de questions que je pense nécessaire de nous poser, c’est pourquoi je vous en recommande vivement la lecture .

 

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A propos dominique iwan

Parallèlement à une vie professionnelle tournée vers le monde des matériaux polymères et un bref passage dans la sphère publicitaire en tant que maquettiste, ma vie a été guidée par deux passions, l'écriture (un livre écrit dans mes jeunes années, des nouvelles pour enfants, un second livre en chantier ... ) et la sculpture avec la création d'un blog en 2014 " entre Ciel Ether ". Je collabore au site www.francenetinfos.com depuis deux ans, particulièrement dans le domaine littéraire, avec déjà une cinquantaine de chroniques.

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