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Au voleur

Lorsque la lueur du soleil vint réveiller Zéphirin, il se sentit bizarrement atrophié. Il  était incapable de bouger. Que lui arrivait-il soudain ? Il essaya de se lever mais ses jambes ne le portaient plus…… et pour cause ! Il n’avait plus de jambes !!! Il jeta un coup d’œil inquiet tout autour, mais rien en vue, aucune jambe à l’horizon ! Sur le ventre, il dut se mettre à ramper pour se déplacer tout en ondulant le corps, comme l’aurait fait un reptile. Désespéré, il chercha un ami à qui raconter sa mésaventure, hélas ! Il se trouvait seul. Il se mit alors à appeler, à crier, à hurler, mais rien n’y fit. Personne ne répondait ; personne pour voler à son secours. Il allait mourir là en solitaire, abandonné de tous. Cette situation lui paraissait incroyable, absurde !  Une lueur lui jaillit à l’esprit : quelqu’un avait volé  ses amis comme on venait de lui voler ses jambes ! Il ne devait pas abandonné, il trouverait les coupables. Alors il continua à ramper longtemps, longtemps, avant de rencontrer Inès.

–       Bonjour Inès, tu ne remarques rien ?

–       Bonjour Zéphirin, je suis sensée remarquer quelque chose ? Non, je ne vois rien.

–       Tu vois bien que je n’ai plus de jambes, figure-toi qu’on me les a volées pendant mon sommeil.

–       Tu es sûr que tu te sens bien Zéphirin ? Repose-toi à l’ombre de ces branchages, je pense que le soleil t’a un peu trop tapé sur la tête.

–       Merci mon ami. Si tu vois les autres, raconte leur ce qui s’est passé. Dis-leur de faire très attention à eux.

–       Pas de problème, je leur ferai la commission.

Sans jambes, le chemin était interminable. Aussi sans perdre de temps, zéphirin se remit péniblement en route. Il fallait retrouver ses amis. Inès l’air interrogateur, regarda son drôle de compagnon s’éloigner. Il se mit à pouffer de rire, son pote, comme à son habitude  testait un nouveau gag !

Inlassablement, notre Zéphirin racontait son histoire à qui voulait l’entendre. Il voyait bien que son histoire faisait rire tout le monde. Jamais il n’aurait pensé être à ce point mal-aimé. Bien sûr, il n’avait pas toujours été un gentleman : comme beaucoup,  il aimait se moquer des autres mais il n’était pas le seul. Son attitude ne méritait pas un tel châtiment !

Il ravala sa fierté, prit son courage à deux mains et décida d’aller rendre visite au chef suprême. Lui au moins l’écouterait, ne se moquerait pas et saurait rétablir cette situation qui n’avait déjà que trop durer. Il fallait coûte que coûte retrouver le petit plaisantin qui lui avait volé ses jambes.

Arrivé devant le gîte du chef suprême, il s’inséra dans la file pour attendre son tour. Beaucoup de monde lui rendait visite à ce personnage qui prenait chaque chose au sérieux. A lui seul,  Il incarnait à la fois le pouvoir, le savoir et la raison,  Il était respecté dans ses décisions qu’il prenait soin de rendre les plus justes possibles.  Il était en quelque sorte le juge, le sage du village.

Au bout d’une heure d’attente, notre ami pénétra dans la petite cour ronde qui servait tribunal.

Bonjour Maître, excusez-moi de vous importuner encore une fois, je suis dans une situation inextricable.

–       Que t’arrive-t-il encore Zéphirin. J’espère que ce n’est pas pour  des bêtises comme à ton habitude.

–       Maître, je n’ai pas le cœur à plaisanter, c’est une chose vraiment  très très grave.

–       Allez parle, ne perdons pas de temps. Que vas-tu me raconter comme sornette ?

–       Vous ne voyez pas que mes jambes ont disparu ? Cette nuit, alors que je dormais on me les a volées ! J’ai dû ramper jusqu’à l’épuisement pour venir jusqu’à vous. Le pire, c’est qu’en route j’ai trouvé Inès, Gertrude, Gaspard, Léonce, Samy ainsi que Marcelin et vous savez quoi ? Non seulement ils ne m’ont pas aidé mais ils se sont moqués de moi ! Vous vous rendez compte, mes propres amis !!

–       Qui as-tu rencontré dis-tu ? Questionna le Sage, un petit sourire en coin.

–       Je vous le répète, j’ai croisé Inès le rat puis Gertrude l’oie sauvage, ce fut elle la pire de toutes. Gaspard le léopard quant à lui m’a écouté mais il était tordu de rire. Même Léonce le paon qui d’habitude reste fier s’est mis à faire la roue tellement il était hilare ; il doit même la faire encore à l’heure actuelle !!! Samy le crocodile s’est retourné sur le dos et s’est mis à bouger ses pattes en me regardant d’un air narquois qui voulait dire : regarde, les miennes sont bien

 accrochées. Marcelin lui aussi m’a blessé, il a sauté de branche en branche en criant à qui veut l’entendre que je perdais la tête. Après toutes ces mésaventures, comment voulez-vous que je ne sois pas exaspéré ? Leur comportement est absolument intolérable !

–       Zéphirin, nous sommes tous très fatigués par tes supercheries et tes plaintes incessantes.  Pourquoi continues-tu inlassablement à te moquer de tout le monde. Dis-moi, depuis combien de temps ne t’es-tu pas observé dans une flaque d’eau ?

–       Pourquoi me conseillez-vous de me regarder dans une flaque d’eau, que voulez-vous que j’y découvre à part moi ?

–       C’est justement ce que je veux insinuer. Je ne me moque pas de toi, mais tu es très vieux et tu commences à être atteint par la maladie d’Alzheimer.  Viens avec moi, tu vas comprendre très vite, mais dépêche-toi, il y a encore beaucoup de monde qui m’attend.

Tous deux partirent alors jusqu’à la première flaque d’eau.

–       Que vois-tu Zéphirin ?

–       Je vois un éléphant.

–       Oui, l’éléphant c’est moi. Ensuite que distingues-tu ?

–       Un serpent ! Je vois un serpent ! Attention, j’ai horreur de ces reptiles, j’en ai une peur bleue !

–       Réfléchis un peu mon ami. Tu vois quelqu’un d’autre ici ? Ce serpent ce n’est ni plus ni moins que toi, Zéphirin. Tu as toujours été un serpent, tout du moins depuis que je te connais. Alors maintenant,  explique-moi comment on aurait pu te voler tes pattes !!!

–       Mais c’est impossible ! Vous êtes vraiment sûr de vous !

–       Oui, tout à fait sûr.

–       Je suis un imbécile alors. On ne risque pas de voler mes pattes puisque je n’en ai jamais eues c’est bien ça ?

–       Oui Zéphirin, c’est tout à fait ça.

–       Grand Maître, pardonnez-moi, je suis vieux et je perds la tête. Ne parlez à personne de notre entretien s’il vous plaît. Je suis vraiment confus.

–       Tu peux compter sur moi, file maintenant mon brave. Je ne veux plus te voir pour ce genre de bêtises.

Zéphirin, tout honteux, reprit le chemin de la forêt et se cacha pendant plusieurs semaines. Ses amis les animaux se moquèrent de lui les tout premiers jours et finirent par oublier complètement cette histoire. Peu à peu, la vie reprit son cours.

                                                                            Patrick G et Laurence B

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